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Jason Lamy-Chappuis sort de sa retraite pour tenter de briller aux Jeux de PyeongChang 2018

Le spécialiste français du combiné nordique, sacré champion olympique en 2010 à Vancouver et porte-drapeau de sa délégation quatre ans plus tard à Sotchi, s'est arrêté en 2015 avec un des plus beaux palmarès internationaux de sa discipline pour décrocher son brevet de pilote de ligne. Il revient dans l'objectif de disputer ses quatrièmes Jeux d'hiver à PyeongChang, avec une réelle envie de retrouver les sommets.

Le 4 octobre 2017, salle Pleyel à Paris devant un public nombreux, Jason Lamy-Chappuis remet symboliquement la bannière bleu-blanc-rouge à Martin Fourcade : le champion olympique 2010 de combiné nordique, porte-drapeau aux Jeux de Sotchi 2014, transmet ainsi ce rôle au quadruple médaillé en biathlon qui défilera en tête de sa délégation à PyeongChang en 2018. "Jez", comme on le surnomme, est de retour dans son habit d'athlète, après avoir pris sa retraite sportive en 2015 pour suivre sa formation de pilote de ligne.

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"Ce qui m'a poussé à repartir, c'est revivre des émotions comme ça, me remettre dans un groupe, partager le quotidien avec mes camarades, vivre de nouveaux moments intenses. Et puis le fait d'être commentateur à la télévision l'hiver dernier, ça m'a donné envie de me retrouver sur les tremplins et les pistes de fond avec mes camarades !".

Douze années au plus haut niveau et un beau voyage olympique

De sa victoire au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne à Bled en Slovénie en 2003 à son premier retrait de la compétition douze ans plus tard, Jason Lamy-Chappuis s'est constitué un des plus beaux palmarès du combiné nordique mondial : 26 victoires individuelles en Coupe du monde, trois fois premier du classement général en 2010, 2011 et 2012 (deux fois 2e en 2007 et 2013), dix médailles aux championnats du monde dont cinq en or, un titre olympique.

Ce qui m'a poussé à repartir, c'est revivre des émotions comme ça, me remettre dans un groupe, partager le quotidien avec mes camarades, vivre de nouveaux moments intenses Jason Lamy-Chappuis

Son parcours olympique démarre à Turin en 2006. "Les Jeux de la découverte. Mais en même temps, on n'était pas dans le village, mais dans un appartement juste à côté des tremplins de Pragelato. Une découverte en douceur. Et c'est là où je sème la graine, je fais une 4e place, j'ai 19 ans et je me dis "c'est bien, dans quatre ans, je serai arrivé à maturité, ça ira beaucoup mieux".

Lorsqu'il arrive à Vancouver, il est le n°1 mondial de sa discipline. Le 14 février 2010 à Whistler, il triomphe dans l'épreuve tremplin normal/10 km au terme d'un sprint rageur dans la dernière ligne droite face à l'Américain Johnny Spillane. "Vancouver, c'est la continuité de Turin. C'est la saison parfaite, la consécration. Ce sont mes meilleurs souvenirs. Et puis, terminer sur un finish comme ça… !"

Enfin, aux Jeux de Sotchi 2014, "Jez" vit une émotion majuscule, drapeau en main lors de la cérémonie d'ouverture, mais passe au travers de ses épreuves. "J'ai appris plein de choses à Sotchi. Les émotions de partage incroyables avec toute l'équipe de France olympique, et aussi l'apprentissage au niveau sportif puisque ça ne s'est pas très bien passé : fatigue, gestion du stress, de la pression médiatique, parce que justement, soit on gagne, soit on apprend ! Il faut savoir s'en servir pour plus tard."

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Partir, revenir…

Après une dernière médaille d'or aux Mondiaux 2015 de Falun (Suède), à l'arrivée du sprint par équipes avec François Braud, puis, le 28 mars de la même année, un neuvième titre de champion de France remporté à La Chaux-de-Fond, le fils d'un Français et d'une Américaine, né à Missoula (Montana) le 9 septembre 1986, mais qui a grandi dans le Jura à Bois-d'Amont, raccroche ses skis. Deux ans plus tard, il a en poche son "brevet de pilote professionnel, vol aux instruments multi-moteur et qualification multi-équipage. Après, il faudra que je passe la qualification avion de ligne (Airbus, Boeing et autres) et que je me fasse embaucher dans une compagnie !". Mais avant cela, le champion olympique 2010 a décidé de reprendre ses habits de "combinard".

"J'ai repris l'entraînement depuis mai 2017", explique-t-il au mois d'octobre. "Au début, c'était très difficile de retrouver mon rythme, mais maintenant, ça va de mieux en mieux, j'ai fait des résultats corrects durant la tournée d'été. Il faut être patient, le niveau revient petit à petit. Pour l'instant, je suis sur une pente ascendante, j'ai vraiment attaqué fort à l'entraînement, et si ça continue comme ça, je pense avoir un très bon niveau cet hiver ! Je suis impatient que la saison démarre, même si j'aimerais quelques semaines de plus pour optimiser mon potentiel physique. Après les J-100, ça va très vite. On se retrouve tout de suite en Coupe du monde, on part en Finlande début novembre, on retrouve la neige là-bas et on sera tout de suite dans le bain. Être tous ensemble, ça permet de se projeter sur les Jeux, sur le village olympique. Ce seront mes quatrièmes Jeux. Mais il faut d'abord se qualifier, être bon en début de saison", ajoutant : "Quatre fois les Jeux, ça fait une belle carrière !"

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À 31 ans, Jason Lamy-Chapuis s'apprête donc à revivre "des émotions incroyables" sur les neiges coréennes, avec un réel espoir de bien figurer, en individuel comme par équipes. "Mes coéquipiers me donnent du fil à retordre. On a une équipe forte, il y a moyen de faire quelque chose". 

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