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Salt Lake City 2002

Janica Kostelić entre dans l’histoire du ski alpin avec ses quatre médailles

Personne n’a encore gagné quatre médailles lors de la même édition des Jeux d’hiver. Il s’agit de l’un de ces records sans doute possible, mais en réalité d’une difficulté qui va au-delà de l’imagination. Beaucoup l’ont tenté, mais personne n’a jamais réussi. Pour y parvenir, il faudrait non seulement beaucoup de talent et une polyvalence extraordinaire, mais aussi une condition physique extrême sans parler d’un très gros coup de pouce de la chance. Pourtant, à Salt Lake City, une skieuse semble être en mesure de relever ce défi : la Croate Janica Kostelić, qui a chaussé ses premiers skis à 9 ans. Elle effectue ses débuts olympiques en 1998, à 16 ans à peine, et réussit à prendre une huitième place tout à fait convaincante dans le combiné. Par la suite, elle devient de plus en plus forte et gagne le classement général de la Coupe du monde 2001, ainsi que le petit globe du slalom. Le Premier ministre croate lui offre dans la foulée 1 256 roses, une pour chacun des points qu’elle a marqués en Coupe du monde, et son visage a même les honneurs d’un timbre-poste !


Sa préparation pour les Jeux d’hiver 2002 est cependant contrariée par une série de blessures au genou, soulevant la question de savoir si elle peut s’y produire à son meilleur niveau. Janica Kostelić lève tous les doutes un mois avant les Jeux, en gommant le moindre signe de méforme et arrive à Salt Lake City à la fois affûtée et déterminée. Elle est engagée dans quatre épreuves et il est évident qu’elle vise une place dans la légende.

Celle-ci commence à s’écrire avec le combiné. En raison des vents violents, on dispute d’abord le slalom, puis la descente. La Croate se montre la plus rapide lors des deux manches du slalom en devançant le reste du plateau de plus d’une seconde, tout en sachant que certaines de ses principales rivales ont de meilleures références qu’elle en descente.

L’Allemande Martina Ertl est ainsi la première à relever le défi de la descente, mais la plus grande menace va prendre corps avec l’Autrichienne Renate Götschl, victorieuse des quatre précédentes Coupes du monde de combiné. Sans surprise, elle signe un chrono de 2’43’’28 en descente, qui est le meilleur temps à battre. Janica Kostelić n’est pas obligée de skier plus vite et elle dispose même, si besoin, d’une bonne marge de sécurité.

Finalement, elle réalise l’une des meilleures descentes de sa carrière en signant le troisième temps, ce qui lui suffit à décrocher la victoire avec 1’’5 d’avance, une marge stupéfiante.

Sa deuxième levée est une médaille d’argent dans le super-G, où elle ne rate l’or que pour 5 centièmes, avant de se concentrer sur le slalom. Cette fois, c’est la Française Laure Pequegnot qui lui mène la vie dure, tout comme la météo qui se déchaîne lorsque Janica s’élance pour sa seconde manche. Mais elle s’accommode parfaitement des conditions en réalisant l’essentiel pour s’imposer de sept centièmes et enlever sa deuxième médaille d’or.

Trois épreuves, trois médailles et un rendez-vous avec l’histoire qui se rapproche pour se concrétiser dans le slalom géant, où la skieuse croate domine les deux manches et termine avec 1’’3 d’avance sur la Suédoise Anja Pärson. L’exploit est d’autant plus remarquable que Janica Kostelić n’a encore jamais gagné de géant en Coupe du monde. Et plus remarquable encore, elle fait son entrée dans le gotha olympique avec sa quatrième médaille.

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