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© 1984 / Comité International Olympique (CIO)
Date
18 févr. 1984
Tags
Sarajevo 1984 , Actu CIO , Ski alpin , Suisse

Impériale en descente, Michela Figini devient la plus jeune skieuse médaillée

Quand Michela Figini jaillit du portillon de départ et dévale le mont Jahorina, elle ne sait pas encore que l’or de la descente féminine des Jeux de 1984 l’attend à l’arrivée. La petite Suisse âgée de 17 ans devient ainsi la plus jeune skieuse championne olympique.


Sa victoire est d’autant plus impressionnante qu’elle l’a obtenue dans des conditions difficiles : une météo extrêmement changeante sur le mont Jahorina a en effet contrarié à plusieurs reprises l’épreuve. Du brouillard, de fortes chutes de neige et des vents violents ont entraîné des reports et des problèmes de sécurité.

Quelques minutes après sa descente fulgurante, le 15 février, une autre concurrente chute, suscitant des craintes à propos du parcours, peut-être pas assez bien préparé. La course est donc interrompue, puis abandonnée en raison du brouillard. Le coup est rude pour Michela, partie comme un boulet de canon.

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Mais la jeune skieuse suisse a fait preuve d’une maturité et d’une constance de vieille baroudeuse, malgré son âge. Elle a géré le double défi, physique et mental, imposé par l’attente de conditions meilleures, et elle a donc pu recommencer.

Originaire de Prato dans le Sud de la Suisse, Michela Figini passe déjà pour la future reine de la descente.

Elle se fait remarquer pour la première fois lors de la saison 1982-1983. Elle a 16 ans et récolte des places de 3e et de 4e en Coupe du Monde, et termine 26e en fin de saison.

Elle enregistre sa première victoire en Coupe du monde à peine quinze jours avant les Jeux de Sarajevo, en février 1984. Et lors des descentes d’entraînement avant la course olympique, elle va se montrer dominatrice en signant trois fois le meilleur temps sur cinq descentes, skiant à la vitesse moyenne de 100 km/h !

Mais quand les journalistes lui demandent si elle est la favorite pour l’or, elle répond sans se départir. « Nous sommes à l’entraînement, pas en course. »

Lorsque la météo s’améliore suffisamment sur le mont Jahorina pour que la descente féminine reprenne, le lendemain de l’épisode du brouillard, une fine pellicule de poudreuse recouvre le parcours. Cela signifie que les kamikazes du style de Michela Figini vont être davantage à la fête que les skieurs plus techniques.

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Lorsque Maria Walliser, l’autre Suissesse, quitte en trombe le portillon et dérape presque immédiatement, perdant une demi-seconde capitale, Michela entrevoit sa chance. Elle sort une autre descente quasiment sans faute et devance finalement sa rivale de cinq centièmes de seconde.

Elle dira plus tard aux journalistes : « Je n’ai pas été surprise quand ils ont arrêté la course, car c’était la bonne décision. Avant cette première course, j’avais effectué deux descentes à l’entraînement, et cela avait été moyen. Mais lors de la course, j’ai trouvé la bonne trajectoire et j’ai vraiment bien skié. »

« Une fois bien en ligne, je savais que ça pouvait passer et que je pouvais recommencer le lendemain. Je n’étais pas inquiète. »

La Suissesse va poursuivre sur sa lancée après les Jeux de 1984 et elle enregistrera la saison suivante une série victorieuse en Coupe du monde époustouflante : sept succès en 16 jours !

© Getty Images

Lorsque les Jeux de Calgary arrivent, quatre ans plus tard, elle est considérée comme la meilleure descendeuse du monde et elle domine la discipline avec Maria Walliser. Mais au Canada, elle ne parvient pas à conserver son titre en descente mais se console avec l’argent du Super G.

Elle gagnera encore plus d’une dizaine de courses de Coupe du monde et enlèvera le classement général de la Coupe du monde de ski alpin en 1985 et 1988 avant de tirer sa révérence en 1990.

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