skip to content
Getty Images

Hilary Knight : l'or ou rien à PyeongChang pour l'équipe américaine de hockey

Sept fois championne du monde de 2007 à 2017, deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014 avec l'équipe féminine de hockey sur glace des États-Unis, Hilary Knight va disputer les Jeux de PyeongChang après quatre titres mondiaux d'affilée où elle a en 2015 et 2016 été la meilleure marqueuse et la meilleure joueuse de ces compétitions. Pour elle, en République de Corée, ce sera cette fois la médaille d'or ou rien.

"J'ai adoré le hockey sur glace dès lors que j'ai commencé, à l'âge de 5 ou 6 ans. J'en voulais toujours plus, j'allais me coucher avec mon équipement sur moi, et j'étais totalement excitée à l'idée de l'entraînement du lendemain. Je dormais avec des palets sous mon oreiller parce que j'étais convaincue que ça me portait chance. Pour moi, il n'y avait rien d'autre, rien d'aussi dynamique et d'aussi rapide, rien qui ressemble à ce que l'on ressent quand on patine dans la patinoire avec le vent dans les cheveux", raconte Hilary Knight, qui n'a que 28 ans (elle est née le 12 juillet 1989 à Palo Alto, Californie) et qui est pourtant un pilier de l'équipe américaine depuis 2007.

Getty Images

Hilary Knight s'est fait remarquer à son poste d'attaquante dès ses années en "WCHA" avec l'Université du Wisconsin, avant de rejoindre les Boston Blades dans la ligue professionnelle canadienne (WCHA), et enfin les Boston Pride dans la ligue américaine (NWHL) à partir de 2015. Dès sa première saison, elle finira meilleure marqueuse du Championnat. Les Boston Pride s'adjugent la "Isobel Cup", remportant la finale en 2016 face aux Buffalo Beauts, avant de perdre au même stade face à cette équipe en 2017.

Mais sa motivation première est sa carrière internationale, et avant tout les Jeux Olympiques. "J'ai toujours voulu aller aux Jeux d'hiver", confie-t--elle, "cela a toujours été mon objectif, mais ce n'est probablement qu'au lycée que j'ai compris que j'en avais le talent. J'étais tellement immergée dans le sport, j'adorais jouer et du coup, je n'avais pas pris le temps de me comparer aux autres joueuses. Je crois que le déclic s'est produit lors des sélections pour l'équipe olympique en 2006 quand j'ai été recalée. Là, je me suis dit : "OK, c'est la dernière fois que j'échoue. Je vais faire en sorte d'être retenue dans la prochaine équipe olympique."

Deux médailles d'argent au goût amer aux Jeux d'hiver

Elle dispute ses premiers Championnats du monde en 2007 à Winnipeg (Canada) où les États-Unis sont battus 5-1 par le Canada en finale, puis elle remporte deux titres consécutifs en 2008 à Harbin (République populaire de Chine) où son équipe prend sa revanche 4-3 face aux joueuses à la feuille d'érable, et en 2009 à Hämeenlinna (Finlande) où elle marque le dernier but de son équipe : 4-1 en finale, toujours face aux rivales canadiennes. Arrivent les Jeux de Vancouver 2010 où le 25 février, dans un "Canada Hockey Place" surchauffé, les deux formations s'affrontent pour la médaille d'or. Marie-Philip Poulin marque deux buts pour le Canada en l'espace de trois minutes en première période, la gardienne Shannon Szabados multiplie les arrêts et le score en reste là : le Canada s'impose 2-0.

Hilary Knight est encore championne du monde avec les États-Unis en 2011 à Zurich (Suisse) : elle est la meilleure marqueuse de la compétition avec une victoire sur le Canada où elle signe le but en or lors des prolongations pour un score de 3-2, puis en 2013 à Ottawa (Canada) où les deux équipes s'affrontent encore pour le titre et où les États-Unis l'emportent encore 3-2.

Avant les Jeux de Sotchi 2014, elle raconte : "Je me souviens du mois qui a précédé ces Jeux. Je me disais : "Je suis prête, on y va et on le fait maintenant. Toute la difficulté, c'est de gérer ses attentes et le poids émotionnel pour être sûre de ne pas être trop prête avant le vrai début des Jeux, car il faut être au top au bon moment." Comme prévu, comme attendu, les États-Unis et le Canada s'affrontent en finale le 20 février 2014 dans le palais des glaces Bolchoï. Les Américaines se détachent 2-0, avec un 2e but d'Alex Carpenter sur une passe d'Hilary Knight en 3e période, mais les Canadiennes reviennent et égalisent à 2-2 par Marie-Philip Poulin à 55 secondes de la sirène, puis cette dernière marque en prolongation le but de la victoire 3-2.

"À PyeongChang, c'est l'or ou la faillite pour l'équipe américaine"

À propos de sa deuxième médaille d'argent olympique, Hilary Knight remarque : "La seule expression qui me vient pour exprimer l'effet ressenti, c'est crève-cœur. Vous vous investissez tellement, et il n'y a pas que vous, mais votre famille aussi, et le bagage émotionnel est lourd. En plus, vous jouez pour votre pays et vous le représentez. Il a fallu plusieurs mois à certaines d'entre nous pour se remettre. Puis on s'est dit : "OK, on y va encore une fois, mais cette fois, on revient avec l'or. Donc, à PyeongChang, c'est l'or ou la faillite pour l'équipe américaine."

La joueuse qui explique que "depuis Sotchi, tout ce que je fais au quotidien, je le fais avec PyeongChang en tête, une idée fixe à tout moment," continue à accumuler les médailles d'or mondiales. La cinquième en 2015 à Malmö (Suède) où elle est la meilleure marqueuse et désignée meilleure joueuse de ce Mondial, la sixième à Kamloops (Canada) en 2016 avec les mêmes honneurs (meilleure marqueuse et meilleure joueuse du tournoi), et la septième à Plymouth (États-Unis) en avril 2017. Les trois fois avec des victoires en finale sur les éternelles rivales canadiennes !

Getty Images

Il ne reste plus pour la prolifique attaquante qu'à remporter l'or olympique. "Tout choix implique la question : est-ce que cela me rapproche de PyeongChang ? Cela me rapproche-t-il des objectifs collectifs mais aussi personnels ? En même temps, nous sommes constamment mises à l'épreuve, et évaluées en permanence. Pour le jeu, la clé, c'est de faire de son mieux et de continuer à progresser, mais aussi de rester en forme. Il y a donc énormément d'impondérables dans cette dernière ligne droite."  Hilary Knight et l'équipe des États-Unis vont donc retenter leur chance en République de Corée, en quadruples championnes du monde en titre, bien décidées à ne pas revivre un nouveau "crève-cœur".   

back to top En