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Date
01 mars 2007
Tags
Actu CIO

Henri de Baillet-Latour : Le président méconnu


Successeur du Français Pierre de Coubertin à la tête du Comité International Olympique (CIO), le Belge Henri de Baillet-Latour a, comme troisième président, fortement marqué la structure de l’institution. Pourtant, peu d’ouvrages parlent de son influence et l’homme est inconnu du grand public. Aussi la date de ce qui serait aujourd’hui son 131ème anniversaire nous donne-t-elle l’occasion de revenir sur sa vie et son action au sein du Mouvement olympique.
 
Une direction partagée
Le comte de Baillet-Latour naît le 1er mars 1876 à Bruxelles. En 1903, il est élu membre du CIO. En 1906, il participe à la fondation du Comité Olympique et Interfédéral Belge (CNO actuel).
En 1919, la ville d’Anvers est élue ville hôte des Jeux de la VIIe Olympiade. À la tête du CNO belge, Henri de Baillet-Latour a, à ce moment-là, seulement un an pour faire de l’événement un succès dans une Belgique marquée par la guerre.
Fort de ce succès et de ses qualités d’organisateur et de diplomate, il est élu membre de la commission exécutive du CIO l’année suivante, puis président du CNO de Belgique en 1923. En 1925, le baron Pierre de Coubertin démissionne et le comte de Baillet-Latour est élu président du CIO par ses pairs. Il occupera cette charge avec conscience et conviction jusqu’en 1942, année de sa mort.
Contrairement à Pierre de Coubertin, dès son accession à la présidence, il met en place une direction « oligarchique » : il augmente le pouvoir de la commission exécutive, collabore avec elle et s’engage à ne prendre aucune décision importante sans la consulter. Il va jusqu’à rédiger le règlement qui fixe son fonctionnement. Il y souligne sa volonté d’instaurer une communication plus transparente au sein du CIO et d’initier ainsi une direction participative. Cette structure reste inchangée à ce jour.
 
La défense de l’amateurisme et du fair-play
Après la Première Guerre mondiale, le sport se démocratise et, parallèlement, être sportif devient une profession. Le président du CIO ne peut éviter le débat sur la participation des sportifs professionnels aux Jeux Olympiques. Il va alors prendre la défense de l’amateurisme qu’il considère comme une valeur maîtresse du sport olympique.
En effet, il estime que l’amateurisme garantit l’égalité des chances entre les athlètes : aucun sportif ne doit être privilégié par un soutien financier.
En outre, pour lui, la jeunesse ne doit pas privilégier dans le sport l’appât du gain et le développement physique au détriment du développement moral.
Il ne faut pas oublier que le sport est à l’époque un loisir mondain limité à une élite aristocratique, et il est grotesque aux yeux de cette noblesse à laquelle Henri de Baillet-Latour appartient de gagner de l’argent grâce à un loisir.
Aussi, considérant l’argent comme la plaie du sport moderne, le président du CIO prône-t-il le « désintéressement » et défend l’amateurisme.
Ce point de vue est renforcé par l’apparition de la notion de fair-play dans la Charte olympique de 1933. Le fair-play incite en effet à la pratique du sport par amour et non par intérêt.
 
Un apport certain
Moins charismatique que son prédécesseur Pierre de Coubertin, le comte Henri de Baillet-Latour a néanmoins apporté sa pierre à l’édifice de l’institution internationale olympique en défendant les valeurs fondamentales de l’Olympisme comme l’amateurisme et le fair-play. Il cède sa place au Suédois J. Sigfrid Edström qui prendra les rennes du CIO de 1946 à 1952.





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