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Date
08 août 1932
Tags
Los Angeles 1932 , Actu CIO

Helene Madison se distingue dans le bassin

Pour la plupart des olympiens, participer aux Jeux est la concrétisation d’un rêve de longue date, mais le cas d’ Helene Madison est un peu à part.


L’Américaine spécialisée en nage libre a passé la plus grande partie de son adolescence près de Green Lake à Seattle, en faisant le maximum pour se soustraire à la natation de compétition. Elle est en effet persuadée jusqu’à la paranoïa que sa façon de plonger maladroite éclaterait au grand jour devant d’autres filles plus talentueuses et plus gracieuses.

En fait, selon un article de journal consacré à Helene Madison en octobre 1932, elle n’a appris à plonger avec élégance qu’à l’âge de 13 ans. Après cet épanouissement tardif, elle n’aura de cesse de rattraper le temps perdu de la façon la plus extraordinaire.

Engagée dans le programme de natation du département des Seattle Parks, elle surclasse bientôt ses paires et devient la protégée d’un moniteur de natation local nommé Ray Daughters.

En 1929, alors âgée de 15 ans, Helene Madison bat le record de l’état du 100 yards nage libre et enchaîne en battant la meilleure performance de la côte pacifique. Dans les trois années qui suivent, elle accumule les records comme d’autres enfilent des perles à chaque fois qu’elle entre dans une piscine ou presque.

Elle commence désormais à être connue aux États-Unis et au-delà et au mois d’août 1930, deux ans avant ses débuts olympiques, un journal du Michigan la décrit comme rien de moins que « la plus grande nageuse mondiale de tous les temps ».

La qualification pour Los Angeles ne semble qu’une formalité et c’est ce qui se passe lors-qu’elle se rend à New York au début de l’année 1932 pour participer aux sélections olym-piques. Elle y gagne comme il se doit le 100 m et le 400 m nage libre et obtient officielle-ment son billet pour les Jeux.

Ayant toujours été terrorisée par la facette psychologique de la compétition, Helene Madison n’est pas aidée par le fait que les épreuves de natation sont programmées vers la fin du programme olympique, ce qui signifie qu’elle va devoir affronter une attente longue et crispante avant d’entrer en lice. Toutefois, si elle perd peu à peu pied psychologiquement, elle n’en montre strictement rien.

Dans sa première course, le 100 m nage libre, l’Américaine gagne en 1’06’’8, améliorant le record olympique de plus de quatre secondes. Quatre jours plus tard, elle obtient sa se-conde médaille d’or dans le relais 4 x 100 m nage libre, que le quatuor américain enlève en 4’38’’0, record du monde pulvérisé de 9’’6.

Le lendemain, dans le 400 m nage libre féminin, elle réalise la passe de trois en signant un chrono de 5’28’’5, en devançant à peine d’un dixième de seconde sa compatriote Lenore Kight.

Cette course passera à la postérité comme l’une des plus passionnantes de l’histoire olympique. Mais à la surprise générale, ce sera sa dernière apparition en compétition. À peine est-elle sortie du bassin en effet que Ray Daughters annonce à la presse que Los Angeles sera « l’apogée de la carrière de nageuse d’Helene », seulement cinq ans après avoir commencé.

Comme cela se vérifiera, si l’implication sportive d’Helene Madison ne souffre aucun doute, son cœur est ailleurs. Après une brève incursion au cinéma, elle rencontrera son futur mari lors de ses études d’infirmière et en 1937, elle donnera naissance au seul enfant du couple.

« Certes, 1932, c’était fort, confiera-t-elle en août 1938 à un journal californien. Mais mon mariage m’a apporté plus de bonheur et de satisfaction que ma carrière ».

Elle repartira une fois sur les traces de son passé en 1948, lorsqu’elle inaugurera une école de natation à l’hôtel Moore de Seattle. Et à la fin de sa vie, dans les années qui précéderont sa mort en 1970, elle connaîtra quelques accès de fierté à propos de ses exploits sportifs.

« Une fois, j’ai perdu », dira-t-elle à un journal de Virginie en novembre 1968. « On m’a fait participer à une épreuve de dos contre Eleanor Holm. J’ai vidé la moitié de la piscine en éclaboussant tout le monde et j’ai avalé le reste. »

« Mais, aura-t-elle à cœur de préciser, je me suis classée troisième. »

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