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Date
05 sept. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Handball

Handball : le Danemark détrône la France, la Russie survole le tournoi féminin

Le Danemark a déjoué tous les pronostics en stoppant l'hégémonie des handballeurs français, pourtant grandissimes favoris, grâce à son succès 28 à 26 en finale au dernier jour des Jeux de Rio 2016. La veille, l’équipe féminine de Russie a parachevé son très beau parcours à Rio en battant la France 22 à 19. Premier titre féminin russe aux Jeux, premier podium pour les Françaises !

Dans la phase préliminaire du tournoi de handball masculin, la France et le Danemark ont joué dans la même poule sur le terrain de la Future Arena, le groupe A. Elles ont terminé 2e et 3e, devancées par la Croatie qui les a battues toutes les deux ! 27-24 face aux Danois, 29-28 contre les Français. Le match qui les a opposés a tourné à l’avantage des tenants du titre, 33-30.

Mais tandis que la Croatie chutait dès les quarts de finale, sortie 30-27 par la Pologne, la France disposait du Brésil 34-27 et le Danemark éliminait la Slovénie 37-30. En demi-finale, les deux équipes n’ont pas survolé leur sujet. Écart minimum pour l’équipe scandinave contre la Pologne (29-28) et but à la dernière seconde de Daniel Narcisse face à l’Allemagne pour une victoire 29-28, permettant à la France de disputer sa troisième finale olympique consécutive.

Au dernier jour des Jeux, dimanche 21 août, le Danemark a créé la surprise en venant à bout de la France pour remporter sa première médaille d’or masculine en handball, 28-26. La déception est énorme pour Nikola Karabatic et ses coéquipiers qui visaient un troisième titre d'affilée, un exploit jamais accompli chez les messieurs. Seule la formation féminine danoise a réalisé cela entre la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Cette défaite face à leur victime favorite marque l'arrêt d’une fabuleuse série. Car, sous la direction de Claude Onesta, les « Bleus » avaient jusqu’ici remporté toutes leurs finales depuis dix ans (8 au total) : trois en Championnat du monde, trois lors de l’Euro et deux aux Jeux Olympiques.

© Getty Images

Les Danois n’avaient plus battu les Français dans une grande compétition depuis le Mondial 2007 (3e place). Ils avaient chuté en demi-finale du Mondial 2009, en finale du Mondial 2011, puis avaient surtout été humiliés en finale de « leur » Euro, en 2014 (41-32).

En finale, ils ont pris l’initiative en attaque en variant le jeu et en s’en remettant à leur star de classe mondiale, Mikkel Hansen (8 buts). Le gardien Niklas Landin, excellent mais souvent fragile en finale, a lui aussi apporté sa pierre à l’édifice. Il n’a certes réalisé que sept arrêts, mais à des moments cruciaux de la partie. Dans l’ensemble, la France a manqué de solutions en attaque et a un peu lâché prise défensivement après la belle première période de Thierry Omeyer (9 arrêts). Comme lors du match de poules remporté par la France (33-30), les Danois ont misé sur la supériorité numérique, en remplaçant leur gardien par un joueur de champ pour créer le surnombre.

© Getty Images

Les Français, surpris par cette stratégie de leur adversaire du jour, et avant cela devant les Croates, avaient depuis forgé leur riposte. Ainsi, Michaël Guigou interceptait le ballon pour marquer dans le but vide et redonner l’avantage aux siens (10-9). Les Danois ont vite compris que cette tactique ne prendrait pas et s’en sont alors remis à leur « tireur d’élite » Hansen pour mitrailler le mur français et Omeyer. Le longiligne arrière à la barbe et au bandeau rouge faisait tournoyer son diabolique poignet droit et signait un 7e but de loin pour redonner l’avantage à ses partenaires (14-15).

Il fallait néanmoins un Omeyer de gala pour limiter l’impact des puissants Danois. Valentin Porte devait plonger pour intercepter le ballon qui filait dans la cage vide pour éviter un écart de trois points à la pause. Les Danois ont consolidé leur avantage dès le retour des vestiaires, grâce à l’imposant Henrik Toft Hansen (14-17). Nikola Karabatic a alors pris le jeu à compte en marquant trois buts et délivrant deux passes décisives (19-20). Mais après un énorme raté devant le but de Luc Abalo, les Danois passaient la vitesse supérieure.

Au relais de Hansen, le « canonnier » Sondergaard marquait trois fois en six minutes pour porter l’écart à cinq buts (20-25), le plus gros du match, à moins d’un quart d’heure de la fin. Les Français sont tout de même revenus à une longueur (25-26) mais les Danois ont remis le turbo pour créer une énorme surprise, et s’adjuger leur premier titre. « Remporter une médaille d’or contre des gars comme ça, c’est le meilleur sentiment du monde. C’est un grand accomplissement pour le groupe. C’est très satisfaisant, contre une équipe contre qui on avait perdu les deux dernières finales avec une grosse marge d’écart. On avait été détruits. Donc tout le monde est super heureux et fier. Il y a tellement de satisfaction et de joie. C’est incroyable. », a dit Mikkel Hansen. 

© Getty Images

Les handballeurs allemands ont empoché la médaille de bronze grâce à leur succès face à la Pologne 31 à 25, lors de la « petite finale ». C’est la troisième récompense olympique, après l’argent en 2004 et l’or en 1936, pour la « Nationalmannschaft »  qui confirme sa renaissance.

Cette équipe jeune avait remporté le dernier Championnat d’Europe en janvier en Pologne. Elle sera l’une des principales candidates au titre lors du Mondial 2017, organisé en janvier prochain en France. Les Allemands, portés par leurs ailiers Uwe Gensheimer (6 buts) et Tobias Reichmann (7 buts), ont creusé l’écart avant la pause (17-14) et contrôlé la partie jusqu’au bout.

La Russie survole le tournoi féminin

L’équipe féminine de handball russe a mené un parcours royal vers la finale d’un tournoi qu’elle aura en fin de compte survolé. En tête de la poule A du premier tour avec 5 victoires en 5 rencontres, dont une, annonciatrice, face à la France 26-25. Puis net succès en quart de finale face à l’Angola (31-27). Mais surtout, les joueuses russes sont venues à bout des Norvégiennes, doubles tenantes du titre olympique et championnes du monde 2015, après prolongations, 38-37 pour accéder à la finale.

Deuxièmes de leur poule derrière la Russie, les Françaises qui n’avaient atteint qu’une fois les demi-finales (4e en en 2004 à Athènes) et n’étaient jamais montées sur un podium olympique, ont signé deux exploits coup sur coup, en éliminant les Espagnoles après prolongations 27-26 en quarts, puis les Néerlandaises, qui ont tiré sur le poteau à la dernière seconde, 24-23 en demi-finale.  L’exploit était déjà retentissant pour les « Bleues », assurées de l’or ou de l’argent.

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Le 20 août à la Future Arena, dans une finale qui a longtemps tardé à s’enflammer, les Russes ont quasiment toujours mené. Et lorsqu’une opportunité de prendre les commandes s’est présentée aux Françaises dans le dernier quart d’heure (14-14), elles ont affiché leurs limites dans le jeu d’attaque placée. La blessure de leur capitaine Alexandra Lacrabère, si performante durant tout le parcours des « Bleues » à Rio, en 2e mi-temps, leur a également posé de sérieux problèmes.

Avec son attaque rapide et ses tireuses d’élite, l’équipe du « sorcier » Ievgueni Trefilov a maîtrisée la dernière partie du match pour s’adjuger l’or sur le score de 22-19.

« Je suis si heureuse ! Je pense que je suis la femme la plus heureuse au monde, ici et maintenant » a dit la Russe Anna Vyakhireva, la meilleure marqueuse de la finale (5 buts) à égalité avec les Françaises Siraba Dembele et Allison Pineau. « Nous étions la meilleure équipe et nous le croyions vraiment, tout notre groupe le pensait. Cela veut dire beaucoup dans ma vie sportive. J’ai vécu toute ma vie pour ça ». Elle aussi très performante sur le terrain, Vladlena Bobrovnikova parle d’un rêve devenu réalité. « C’est le premier titre olympique de la Russie en handball féminin. Je suis tellement heureuse que je n’ai pas de mots. »

« Bien sûr, c’est difficile », a réagi Allison Pineau, « Je suis vraiment déçue. Mais nous nous sommes battues avec tout ce que nous avions. Ça n’a pas été facile en 2e mi-temps, dans les 15 dernières minutes, parce qu’Alexandra s’est blessée ». Alexandra Lacrabère n’est pas déçue « Je suis contente malgré le fait qu’on a perdu. C’est historique, ce qu’on vient de faire. C’est exceptionnel, je m’en souviendrai toute ma vie ».

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Les Norvégiennes ont pris la médaille de bronze la veille de la finale après leur victoire face aux Néerlandaises (36-26) lors de la « petite finale ». Les Nordiques ont survolé cette réédition de la dernière finale du Mondial, en décembre au Danemark, qu’elles avaient déjà remportée haut la main.

L’arrière Nora Mork, meilleure marqueuse de la compétition, s’est encore illustrée avec 7 buts. Elle a été bien épaulée par sa capitaine Stine Oftedal et Amanda Kurtovic (6 buts chacune).

C’est la sixième médaille olympique pour la Norvège après donc les deux en or (2008, 2012), deux en argent (1988, 1992) et une autre en bronze (2000).

« Ça a été bon de revenir en force après le match contre la Russie », a dit Amanda Kurtovic, « Il n’y avait rien d’autre dans nos têtes que ramener cette médaille de bronze à la maison. Il y a eu beaucoup de larmes après notre défaite en demi-finale. Nous nous sommes seulement dit qu’il nous fallait une médaille, rien d’autre. Nous nous sommes concentrées sur ce que les Néerlandaises avaient à nous proposer, et nous les avons arrêtées. »
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