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Date
02 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Halberg surprend ses rivaux lors d'un 5 000 m extraordinaire

Rarement la Nouvelle-Zélande a connu jour aussi faste sur la scène olympique. Après avoir vu Peter Snell arracher une victoire inoubliable dans le 800 m masculin, le public de Rome va s’installer confortablement pour suivre le 5 000 m, conscient qu’un autre Kiwi talentueux a de fortes chances de connaître la gloire.


Le parcours de Murray Halberg est incroyable. Enfant, il se passionne pour le rugby et son amour du quinze se prolonge à l’adolescence. Mais soudainement, sa vie bascule après un méchant plaquage qui le laisse sur le carreau, l’épaule et le bras gauches en mille morceaux.

Il passe deux mois à l’hôpital et en ressort avec un bras hors service. Il doit réapprendre le B-A BA, comme manger, s’habiller, et même marcher et courir. Si les sports de contact lui sont désormais interdits – impossible bien entendu de jouer au rugby – durant sa rééducation, il se découvre une nouvelle passion pour la course où son talent est évident.

Un an après ses débuts en athlétisme, il passe sous la coupe du grand Arthur Lydiard, l’entraîneur qui dirige également Peter Snell. Trois ans plus tard, Halberg devient champion de son pays et le premier Néo-Zélandais à descendre sous les quatre minutes au mile. Puis, en 1956, il termine 11e du 1 500 m olympique à Melbourne.

À Rome cependant, il décide d’aller plus loin et de s’aligner sur 5 000 m et sur 10 000 m. Il se présente ainsi au départ avec une nouvelle tactique étrange. Lydiard lui a dit de se détacher plus tôt qu’aucun de ses adversaires ne l’attendrait : pas dans la ligne opposée, pas même dans le dernier tour, mais à 1 200 m de l’arrivée ! Halberg respecte ces consignes à la lettre, déconcertant ses rivaux à qui il prend 25 m. Il boucle l’avant-dernier tour rapidement également, mais à la cloche, qui indique qu’il reste un tour, il est quasiment épuisé. Alors qu’Halberg se dirige vers l’arrivée, l’Allemand de l’Est Hans Grodotzki termine en trombe et l’écart se réduit comme peau de chagrin.

Mais le Néo-Zélandais s’accroche et s’impose de moins de dix mètres, en s’écroulant comme une masse sitôt la ligne franchie. Snell, le nouveau champion olympique du 1500 m, le rejoindra pour fêter sa victoire.

Halberg participera encore aux Jeux de 1964 avant de raccrocher ses pointes, et passera une grande partie de sa vie au service des enfants handicapés.

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