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Date
28 oct. 2016
Tags
Rio 2016 , Athlétisme , Actu CIO

Haies, steeple, marche : que d’émotions à Rio!

Sur les haies, en sprint avec une première jamaïcaine et un triplé américain, sur le tour de piste dominé par les coureurs des États-Unis, en steeple avec la révélation d’un nouveau champion kényan, en marche avec la Chine sur la distance la plus courte et un Slovaque au top sur 50 km, il y a eu des épreuves d’athlétisme spectaculaires et passionnantes à Rio 2016.

Dominatrice en sprint avec Usain Bolt, la Jamaïque a étendu son domaine au 110 m haies le 16 août au stade olympique, grâce à Omar McLeod ; une première pour l'île des Caraïbes qui n'avait jamais eu l’honneur d’un podium olympique de la discipline. Vitesse et technique peuvent se conjuguer comme l'a prouvé McLeod. Le spécialiste du 110 m haies avait réalisé 9  sec 99 sur 100 m cette saison, à la limite (2 m/s) du vent autorisé. « Le fait d’avoir progressé en vitesse fait que les haies arrivent plus vite. J'ai dû m'adapter et mettre plus de fréquence, a indiqué McLeod, 22 ans. En 2015, je sortais d'une année universitaire et d'avoir été si près d'une médaille (6e) aux Mondiaux de Beijing m'a incité à travailler plus dur », a expliqué le Jamaïcain.

McLeod, vainqueur en 13 sec 05, a devancé l'Espagnol Orlando Ortega (13 sec 17) et le Français Dimitri Bascou (13 sec 24), premier Français médaillé au 110 m haies depuis Guy Drut en 1976. Cette belle victoire couronne une saison tumultueuse pour Omar McLeod, victime d’une chute spectaculaire lors du meeting de la ligue de diamant de l’IAAF à Monaco le 15 juillet 2016 qui l’avait laissé claudiquant sur la ligne d’arrivée. 

Il a brillamment rebondi sur la piste bleue du stade olympique, inspiré par l’exemple de son compatriote triple champion olympique du 100 m, Usain Bolt. « Vous le voyez arriver, il s’amuse, prend du plaisir, se représente lui-même ainsi que son pays, il gagne, et vous voulez juste vous mettre en piste et faire la même chose. Honnêtement, il est contagieux. Et on veut ressentir les mêmes choses que lui ! » 

« Je suis plus que ravi. Je ressens des sentiments indescriptibles. Je ne sais pas ce qui passe par ma tête en ce moment. Je dois prendre le temps et me répéter plusieurs fois ‘Tu es champion olympique ’, a ajouté McLeod. Après sa spectaculaire chute à Monaco, il explique qu’il a pris la décision de brider quelque peu sa vitesse naturelle afin de se concentrer pour avaler les haies proprement. « Vous tombez et vous vous demandez ce qu’il se passe. Il faut donc en tirer les enseignements et se recentrer. J’ai beaucoup appris. J’ai appris à être patient et honnêtement, j’ai joué la sécurité question vitesse ici. Tout ce que j’avais à faire, c’était de franchir proprement les haies. » 

Il n’y a pas de hurdler américain sur le podium et c’est historique. Les États-Unis avaient toujours placé au moins un athlète sur le podium depuis les premiers Jeux de l’ère moderne à Athènes en1896, à l'exception des Jeux de Moscou boycottés en 1980 ! 
Un triplé américain inédit chez les dames 

Le 17 août, les Américaines ont réalisé un triplé encore jamais vu aux Jeux Olympiques sur 100 m haies, avec Brianna Rollins sur la plus haute marche. En 12 sec 48, Rollins, 24 ans, a devancé ses compatriotes Nia Ali (12 sec 59) et Kristi Castlin (12 sec 61).


Brianna Rollins a contrôlé la course de bout en bout et s’est imposée sans problème avec une bonne longueur d’avance. C’était beaucoup plus serré derrière elle, la Britannique Cindy Ofili ayant cassé aux côtés de Nia Ali et Kristi Castlin. Alors que toutes les finalistes se congratulaient, les trois Américaines ont attendu de voir s’afficher les résultats avant de faire des bonds de joie sur la piste et de tomber dans les bras les unes des autres. Très serré : Ofili a terminé à 2 centièmes du podium. Ce triplé sur 100 m haies est inédit aux Jeux Olympiques !

« Je n'avais pas de pression et je savais que nous pouvions réaliser quelque chose comme ça, a dit Brianna Rollins. Nous en avions parlé avant la course, mais pas trop non plus. Nous voulions rester concentrées et donner le meilleur. Ça montre à quel point notre équipe est forte. » 

« J'ai essayé de rester concentrée jusqu'au bout, même si j'ai touché quelques haies. J'ai réussi à me mettre des œillères et j'ai réussi à atteindre la ligne d'arrivée. Je suis super contente que l'on ait pu le faire toutes les trois. Je suis soulagée d'avoir passé cette semaine. Je vais pouvoir me relaxer et profiter », a conclu la championne olympique. 

Brianna Rollins, championne du monde en 2013 à Moscou, avait fini 4e du 100 m haies des Mondiaux 2015 à Beijing où aucune Américaine n'était montée sur le podium. Les États-Unis ont maintenant raflé 8 des 12 dernières médailles olympiques distribuées sur 100 m haies depuis les Jeux d’Athènes 2004.

Kerron Clement s’impose en puissance à l’arrivée d’un 400 m haies ultra-rapide
L’Américain Kerron Clement s’est imposé tout en puissance à l’arrivée de la finale du 400 m haies, en contenant les assauts du Kenyan Boniface Rumuti. Incroyable arrivée ce 18 août avec le vainqueur en 47 sec 73, son dauphin en 47 sec 78 et le Turc Yasmani Copello en bronze en 47 sec 92. Et quatre coureurs sous les 48 secondes sur la distance ! 


Le chrono de Clement à l’arrivée est de loin la meilleure performance de la saison. Quatre records nationaux ont été battus dans cette finale : ceux du Kenya (Tumuti, 47 sec 78), de la Turquie (Copello, 48 sec 92), de l’Irlande (Thomas Barr, 4e en 47 sec 97), et de l’Estonie (Magi Rasmus, 6e en 48 sec 40). 

Cette victoire intervient huit ans après que Clement, né à Trinidad-et-Tobago a obtenu l’argent aux Jeux de Beijing sur la même distance derrière son compatriote Angelo Taylor, et l’or sur 4 x 400 m avec les États-Unis. 

Les blessures ont contrarié sa carrière durant les années suivantes et il a fini loin des médailles à Londres en 2012, alors qu’il luttait pour retrouver sa meilleure forme. Dans le stade olympique de Rio, Kerron Clement a donné un avertissement à tous ses rivaux dès les demi-finales, mardi 16 août, en remportant sa course avec aisance et en signant le meilleur chrono du jour. 

48 heures plus tard, dans une finale dont le départ a été donné à midi pile, Clement est parti sur un rythme très rapide et s’est ménagé une bonne avance en sortant du virage. Mais dans la ligne droite, Tumuti est revenu à toute vitesse sur lui et l’Américain a dû produire un ultime effort pour le battre de 5 centièmes sur la ligne d’arrivée, avant d’être félicité chaleureusement par son coéquipier décathlonien Ashton Eaton, présent à proximité alors qu’il défendait son titre des épreuves combinées. 

Kerron Clement a expliqué toute sa détermination à atteindre le podium à Rio, ayant fait des Jeux 2016 son plus grand objectif, et une forme de rédemption après les problèmes accumulés en 2012. « J’avais un objectif en tête et mon état d’esprit, c’était de venir ici et de gagner une médaille. En 2008, j’étais plutôt court, et j’ai eu l’argent. En 2012, je me battais avec les blessures et les opérations. J’étais juste content d’avoir pu entrer en finale », a expliqué le champion olympique qui souffrait d’une hernie discale et fut opéré des adducteurs avant les Jeux de Londres. « 2016 est pour moi l’année de la rédemption. Je suis si honoré d’avoir la médaille d’or. »

Quant à Boniface Mucheru Tumuti, il a fêté sa première médaille olympique : « C’est une joie très forte que je dédie à ma fille qui est née la semaine dernière. J’ai manqué l’or d’un tout petit rien. Mais aujourd’hui, j’ai battu le record du Kenya et je termine avec la médaille d’argent du 400 m haies qui est un gros évènement et une course particulièrement difficile. » 

Les haies de la joie pour Dalilah Muhammad
Ce même jeudi 18 août, l’Américaine Dalilah Muhammad a mené de bout en bout la finale du 400 m haies pour s’adjuger le titre, tout en réalisant un doublé américain hommes-femmes sur la distance. Elle a devancé la Danoise Sara Slott Petersen et sa compatriote Ashley Spencer. 

Du haut de ses 26 ans, Muhammad a terminé en 53 sec 13 sous une pluie battante, en devançant de 42 centièmes la Danoise Sara Slott Petersen (53 sec 55), suivie par sa compatriote Ashley Spencer qui a décroché le bronze en 53 sec 72. La Tchéque Zuzana Hejnova, championne du monde en titre et médaillée de bronze à Londres en 2012, a terminé la course à la quatrième place (53 sec 92).

Bravant les conditions météorologiques, Muhammad s’est arraché des starting-blocks pour franchir la première haie en tête. Elle a poursuivi sa chevauchée sans jamais avoir réellement été inquiétée par ses rivales, pour décrocher une médaille d’or bien méritée en résistant sur la fin au finish de Petersen.

En arrivant à Rio avec la meilleure performance de l’année sur la distance (52 sec 88 lors des sélections américaines à Eugene début juillet), Dalilah Muhammad s’est logiquement imposée pour remporter l’or. « Vivre cette victoire, c’est encore plus beau qu’en rêve. Ajouter un titre de championne olympique à mon patronyme. Être la première Américaine à gagner ce titre, c’est la cerise sur le gâteau ! »

Muhammad, qui jusque-là n’était apparue sur une compétition majeure qu’aux championnats du monde de Moscou 2013 où elle avait remporté l’argent sur la distance, a ajouté : « Mon objectif est d’être devant sur la première haie. J’aime bien prendre la tête de la course dès le début et y rester. Pour moi, la pluie n’est pas vraiment un facteur supplémentaire à gérer. Tout le monde doit faire avec. J’étais tellement concentrée que je n’y ai même pas prêté attention. » 

Après avoir couru en 53 sec 55 pour s’adjuger l’argent, la championne d’Europe 2016 Sara Slott Petersen a déclaré : « Je ne pense pas que j’ai les mots pour décrire ça. J’avais tellement d’espoir sur cette course. Je n’ai pas eu le courage d’y croire. Mais je me suis sentie à l’aise à l’échauffement et j’avais l’impression que cette soirée serait la mienne. »

En arrivant troisième, Ashley Spencer a amélioré son record personnel (53 sec 72), concrétisant ainsi toute son énergie et son travail au cours de la saison. « Je suis venue sans grande ambition, a déclaré l’Américaine de 23 ans. Je voulais juste me faire plaisir. J’ai attendu ce moment toute ma vie. Je n’avais rien à perdre. Je suis venue ici pour m’amuser et je me suis vraiment éclatée en gagnant cette médaille olympique. »

L’adolescente Ruth Jebet à toute vitesse vers l’or du 3000 m steeple 
La troisième championne olympique du 3000 m steeple féminin, discipline apparue à Beijing en 2008, est la Bahreïnie Ruth Jebet qui a remporté l'or le 15 août en 8 min 59 sec 75, record d'Asie, terminant au bout d'un cavalier seul à 94 centièmes du record du monde de la Russe Gulnara Galkina, Ruth Jebet, 19 ans, a devancé la Kenyane Hyvin Kiyeng Jepkemoi (9 min 07sec 12) et l'Américaine Emma Coburn (9 min 07sec 63, record continental).

Jebet s'est échappée du peloton peu avant la mi-parcours, rapidement en avance sur la marque planétaire que Galkina avait établie en finale des Jeux Olympiques de Beijing il y a huit ans (8 min 58 sec 81) Mais, mal informée, Jebet n'a pas semblé forcer jusqu'au bout pour s’approprier le record. « C'est la deuxième fois que je manque le record du monde. J'étais facile mais personne ne m'a rien dit au sujet du record du monde. Je n'étais pas consciente que je pouvais le battre », a confirmé la jeune femme.

La Bahreïnie s'était déjà approchée de Galkina en signant un chrono de 8 min 59 sec 97 le 28 mai 2016 lors du meeting de la Ligue de diamant d'Eugene (États-Unis), devenant la deuxième femme sous les 9 minutes. Dans un duel serré, Hyvin Kiyeng Jepkemoi avait terminé ce jour-là en 9 min 00 sec 01.

Conseslus Kipruto, la dernière merveille kenyane du steeple ! 

Le Kenyan Conseslus Kipruto a remporté la médaille d’or du 3000 m steeple, avec en prime le record olympique (8 min 03 sec 28), devant l'Américain Evan Jager (8 min 04 sec 28) et le Français Mahiedine Mekhissi-Benabbad le 17 août sur la piste bleue du stade olympique. 

Kipruto, invaincu cette saison, s'est extrait du trio de tête, qui s'en était allé à la mi-course, à un tour de la fin pour s'imposer avec facilité. Au point qu’il a commencé à fêter sa victoire en sortant du dernier virage et à saluer la foule. « J'ai commencé à sprinter, j'ai vu que mes adversaires étaient loin de moi et je savais que personne ne me rattraperait alors j'ai commencé à fêter ma victoire assez tôt. J'étais vraiment content, à cent mètres de l'arrivée, je savais que j'allais gagner », a expliqué la nouvelle merveille du steeple kenyan. 

Dans le coup pour le podium depuis le départ, l’Américain Evan Jager était encore en tête à la cloche marquant l’entrée du dernier tour, et c’est donc là que Conselsus Kipruto a porté son attaque décisive. Ezekiel Kemboi a tenté de réagir mais son jeune coéquipier s’est irrémédiablement détaché. A la sortie du dernier virage, Evan Jager a débordé Kemboi pour passer la ligne en deuxième position. 

Arrivé 4e sur les talons de Kemboi, Mahiedine Mekhissi-Benabbad a finalement obtenu le bronze puisque le champion olympique 2004 et 2012 a été disqualifié après coup, pour être sorti de la piste au premier passage de la rivière. Le Français est ainsi devenu le premier coureur de steeple à gagner trois médailles olympiques consécutives après l’argent en 2008 et en 2012. 

« C’est indescriptible, après tant d’années de travail », s’est exclamé de son côté Evan Jager, premier américain médaillé sur la distance depuis Brian Diemer à Los Angeles en 1984. « J’ai pu vraiment profiter de cette course et des émotions qui vont avec ! Je ne savais pas si j’avais la médaille avant les 100 derniers mètres, et dès que j’ai sauté la dernière barrière, j’ai pu savourer pleinement le moment. J’ai fait l’expérience d’un bonheur total en passant la ligne d’arrivée. Je pense avoir fait la course parfaite aujourd’hui et j’ai apprécié chaque seconde sur la piste. »

Le Kenya s'est offert tous les titres olympiques de la discipline chez les messieurs depuis 1984.

Wang Zhen triomphe dans le 20 km marche 
Le Chinois Wang Zhen est devenu champion olympique du 20 km, en 1 h 19 min 14, devant son compatriote Cai Zelin (1 h 19 min 26) et l'Australien Dane Bird-Smith (1 h 19 min 37), lors de la première journée des compétitions d’athlétisme à Rio, le vendredi 12 août. 

Vice-champion du monde en 2015 à Beijing et en bronze aux Jeux de Londres en 2012, Wang Zhen (24 ans) s’est porté en tête à environ 3 km de l’arrivée, creusant un écart conséquent sur son coéquipier Cai qui a terminé 12 secondes après lui. Les deux Chinois sont alors tombés dans les bras l’un de l’autre. « Je n’avais pas vraiment de plan pour cette course, a reconnu le nouveau champion olympique. J’en avais parlé avec mon entraineur avant l’épreuve, mais au final, je n’ai fait qu’écouter mon cœur. » 

Wang Zhen avait affiché sa forme en remportant le 20 km des Championnats du monde par équipes devant Cai Zelin, en mai 2016 à Rome. Or olympique en 2012, Chen Ding, le troisième Chinois, n'a jamais été dans la course, terminant 39e, à 4 min 40 sec du vainqueur. Le Brésilien Caio Bonfim est resté au pied du podium pour quelques secondes, en établissant un nouveau record national (1 h 19 min 42). Longtemps animateur de l'épreuve, le Britannique Tom Bosworth a pris la sixième place.

L’Australien Dane Bird-Smith, fils de David Smith, son entraineur deux fois olympien en marche 
(1980 et 1984), a amélioré son record personnel pour monter sur la 3e marche du podium. « Épique, non ?, s’est-il exclamé. J’ai jeté un coup d’oeil à ma montre : mon meilleur temps ! Je ne peux pas y croire. C’est irréel. Mon papa avait eu ses chances aussi, et pour moi, c’est la première. Je suis si pressé de le retrouver ! » Il n’a pas eu à attendre : David Smith l’attendait sur la ligne d’arrivée ! 

La longue marche de Liu Hong sur l’or olympique

Médaille de bronze en 2012 à Londres, la Chinoise Liu Hong a grimpé deux marches supplémentaires sur le podium du 20 km marche dames, en devançant la Mexicaine Maria Guadalupe Gonzalez, dans un palpitant dernier kilomètre, le 16 août sur le circuit de Pontal. Le bronze est revenu à la Chinoise Lu Xiuzhi.

La championne du monde Liu Hong était naturellement une sérieuse favorite dans cette épreuve et elle s’est montrée à la hauteur. La mexicaine Maria Guadalupe Gonzalez a attaqué le dernier kilomètre en tête, mais elle n’a pas pu résister au retour de Liu qui lui a soufflé la victoire pour 2 secondes. La Chinoise Lu Xiuzhi, qui avait remporté l’argent lors des championnats du monde l’an dernier, a terminé à 7 secondes pour la médaille de bronze. 

La course s’est disputée dans la chaleur et l’humidité. « C’était difficile parce que la météo n’était pas idéale. Tout ce que je pouvais faire c’était de continuer, faire de mon mieux et essayer de le faire bien », a dit Liu Hong qui avait terminé deux fois 4e aux Jeux de Beijing 2008 et de Londres 2012. « Gagner l’or, ça veut dire beaucoup pour moi. Ça fait 10 ans que je pratique ce sport. Cette fois-ci, j’ai fait de mon mieux et je suis ravie d’avoir cette médaille d’or aujourd’hui. »

En apportant au Mexique sa toute première médaille olympique à Rio 2016, Maria Guadalupe Gonzalez est également devenue la deuxième femme à avoir remporté une médaille en athlétisme pour son pays. « Je me sens bien », a-t-elle dit après avoir manqué le titre olympique d’un cheveu. « J’espérais décrocher l’or et j’ai fait du mieux que j’ai pu, j’ai tout donné. Mais je suis contente. La prochaine fois, je devrai être encore plus forte pour l’emporter. »

« C’est ma deuxième participation aux Jeux Olympiques et j’ai terminé sixième la dernière fois. Mais cette fois, j’ai gagné une médaille pour la Chine et j’en suis très fière a commenté la médaillée de bronze Lu Xiuzhi. Je suis également très fière qu’il y ait deux athlètes chinoises sur le podium aujourd’hui. Je ne me sentais pas si fatiguée que ça, mais j’aurais dû être plus rapide sur le dernier tour. Je dois travailler là-dessus.»

Matej Toth déborde Jared Tallent pour remporter l’or du 50 km marche 
Les épreuves de marche sur le circuit de Pontal se sont achevées le 19 août avec le 50 km où le Slovaque Matej Toth a rattrapé puis débordé le tenant du titre, l’Australien Jared Tallent, dans un timing parfait pour ajouter la médaille d’or olympique à la couronne mondiale qu’il avait remportée en 2015. Le Japonais Hirooki Arai s’est adjugé le bronze. 

Matej Toth, 33 ans, journaliste dans la vie civile, a envoyé des baisers à la foule dans le dernier kilomètre de cet épuisant test d’endurance, franchissant la ligne d’arrivée en 3 h 40 min 58 pour gagner son premier titre olympique pour ses quatrièmes Jeux! Une victoire obtenue après un début de course où il joué la prudence, avant de produire son effort au moment idéal, dépassant le leader Jared Tallent au 48e km. « C’est quelque chose d’incroyable pour moi », a dit le vainqueur slovaque. 

« C’est super. Il y avait une belle ambiance et beaucoup de gens, alors j’ai poussé, poussé et cela venait de tout mon corps, mon cœur, mon cerveau, ma tête. Ce n'est pas le football ou le hockey, mais la marche a une tradition en Slovaquie ». Évoquant la chaleur consommatrice d’énergie, le champion olympique a ajouté : « C’était vraiment très dur. Comparé à la course des Mondiaux de Beijing l’an dernier, qui était un des 50 km les plus faciles, celle-ci était une des plus difficiles. Très dur, très chaud ! »

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« Au 25e km, je ne pensais pas pouvoir décrocher une médaille, a aussi expliqué Matej Toth. Mais, au 35e, j'ai vu que c'était vraiment difficile pour tout le monde. Je ne pouvais pas aller plus vite. Alors j'ai gardé ma vitesse de croisière. »

Le Français Johan Diniz, détenteur du record du monde, a mené jusqu’à la mi-course devant un petit groupe de poursuivants, comptant jusqu’à 1 min 40 d’avance mais victime d’ennuis gastriques, il a dû s’arrêter, a tenu à repartir, et a terminé 8e à plus de 5 minutes du vainqueur. 

C’est Jared Tallent qui a ensuite pris les commandes, semblant les tenir fermement dans les dix derniers kilomètres. Mais l’infatigable Toth est revenu sur lui et l’a débordé à 2000 m du terme, le laissant finalement à 18 secondes sur la ligne d’arrivée. Six secondes plus tard est arrivé le Japonais Hirooki Arai. 

« Il restait environ quatre kilomètres à parcourir quand il a commencé à me prendre du temps, a constaté Jared Tallent. Je poussais autant que je pouvais, mais à chaque fois que je virais, je le voyais se rapprocher. J’ai essayé de tout donner, J’ai essayé de tenir. Mais il est arrivé sur moi en trombe dans le dernier tour et je n’avais plus de jus pour lui répondre. » 

Satisfait néanmoins des efforts qu’il a déployés pour terminer sur la deuxième marche du podium, Tallent, 31 ans, également médaillé d’argent sur 50 km et de bronze sur 20 km marche à Beijing en 2008, a dit : « 50 km : trois Jeux Olympiques à la suite, trois médailles, je suis donc assez satisfait. Deux médailles d’argent, une en or, c’est une page d’histoire. C’est quelque chose dont je suis très fier. J’espère pouvoir revenir dans quatre ans pour gagner une autre médaille d’or. Ce sera mon but. Mais j’ai tout donné aujourd’hui et je suis vraiment content. » 
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