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Date
30 juil. 1984
Tags
Los Angeles 1984

Gross l’albatros déploie ses ambitions olympiques

Les nageurs américains étaient largement favoris des Jeux de 1984 à Los Angeles, et comme prévu, le drapeau étoilé a flotté la majeure partie du temps sur le stade olympique de natation.


Il s’est pourtant trouvé un nageur ouest-allemand, doté d’une envergure de bras stupéfiante et d’un style de nage ample qui lui ont valu le surnom d’Albatros, venu de très loin pour garantir que le pays hôte ne réaliserait pas une razzia.

Michael Gross était champion d’Europe en titre du 200m papillon, mais c’est aux championnats du monde de 1983 qu’il marqua ses premiers points importants sur la scène mondiale.

Cette année-là en Équateur, il avait remporté le 200m nage libre et le 200m papillon, devenant l’un des rares Allemands de l’Ouest à s’imposer sur la plus grande scène aquatique.

Il arriva donc aux Jeux Olympiques doté d’une réputation effrayante. Avec son sprint dévastateur, il faisait figure de grand favori.

Lors de la finale du 200m nage libre, la première épreuve de son programme, Gross fendit l’eau pour établir un nouveau record du monde de 1’47’’44, avec un écart ahurissant de 1’’66 sur son dauphin, l’Américain Mike Heath.

Cette victoire lui valut une place immédiate au panthéon des Jeux en tant que premier Allemand de l’Ouest à gagner une médaille d’or olympique en natation.

Le lendemain, Gross fit encore mieux en remportant le 100m papillon, avec un autre record du monde à la clé, aux dépens cette fois du grand favori, l’Américain Pablo Morales. Ce dernier allait améliorer son rang huit ans plus tard à Barcelone en gagnant la médaille d’or de l’épreuve.

Quant à Gross, il était devenu le dernier sujet de conversation à la mode autour du bassin. Il était donc incontestablement favori pour réaliser la passe de trois dans le 200m papillon. Il fallut toutefois un nouveau record du monde pour empêcher l’Albatros de déployer ses ailes, et il fut l’œuvre de l’Australien Jon Sieben.

L’image de Gross avalant les mètres dans la piscine, ses narines hors du commun dilatées et ses bras interminables coupant l’eau, constitue l’un des souvenirs les plus mémorables des Jeux de Los Angeles.

Il prit sa revanche en remportant le 200m papillon quatre ans plus tard à Séoul, parachevant ainsi une carrière olympique remarquable.

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