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Date
25 sept. 2000
Tags
Sydney 2000

Gebrselassie remporte la bataille épique du 10 000 m

En athlétisme, rares sont les spectacles plus fascinants qu’une course de fond qui se termine par un sprint, lorsque des athlètes ayant couru plusieurs kilomètres sur un rythme soutenu doivent encore puiser au plus profond d’eux-mêmes ce supplément d’énergie qui leur permettra de se propulser jusqu’à l’arrivée.


Le 10 000 m de Sydney en est la superbe illustration, entre deux grands coureurs livrant un nouvel épisode d’une vieille rivalité. Quatre ans auparavant à Atlanta, la course s’est résumée en une bataille entre l’Éthiopien Haile Gebrselassie et le Kényan Paul Tergat, à l’issue de laquelle le premier nommé, qui comptait une avance substantielle, a tenu bon face à son adversaire qui a failli le coiffer sur la ligne.

Cette fois, si la distribution est la même, le scénario est très différent. La course constitue le sommet de l’une des soirées d’athlétisme les plus passionnantes de l’histoire olympique. Le public de Sydney a en effet déjà vu Cathy Freeman enlever le titre du 400 m, Michael Johnson conserver le sien et le Britannique Jonathan Edwards décrocher l’or au triple saut. Le 10 000 m est l’ultime course de la soirée et il promet énormément.

Gebrselassie n’a pas été battu sur la distance depuis plus de sept ans et il détient de surcroît le record du monde. Sa préparation pour les Jeux a cependant été perturbée par une blessure, et il n’était pas du tout certain de pouvoir s’aligner au départ.

Quand la présence de l’éthiopien a été certaine, Tergat, déjà engagé sur le 5 000 m, est intervenu auprès de la fédération kényane afin d’être aligné également sur 10 000 m, pour pouvoir affronter une nouvelle fois son grand rival et ami.

La course va se transformer en une bataille tactique entre Africains de l’Est : trois Kényans et deux Éthiopiens occupent les cinq premières places lorsque la cloche retentit, signalant l’entrée dans le dernier tour. Quatre ans plus tôt, c’est Gebrselassie qui avait pris les commandes. Cette fois, c’est Tergat qui se porte en tête à toutes jambes, à un demi-tour de l’arrivée. Gebrselassie se lance à sa poursuite, réduisant peu à peu l’écart, et les deux hommes vont se livrer à un sprint au coude-à-coude, incapables de prendre un net avantage. Jusqu’à quelques mètres de la ligne, où l’Éthiopien prend un tout petit avantage, casse la ligne et s’impose par moins d’un dixième de seconde.

La course a été fantastique et les deux hommes s’embrassent, conscients d’avoir été à l’origine d’un spectacle exceptionnel.

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