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François Bonlieu IOC
Date
02 févr. 1964
Tags
Innsbruck 1964 , Actu CIO , Ski alpin , France

François Bonlieu aérien dans le slalom géant olympique


« Enfant de la plaine » comme il aimait à le rappeler, François Bonlieu et sa sœur Édith découvrent la montagne à l’occasion d’une colonie de vacances dans les Pyrénées. L’un comme l’autre en tombent immédiatement amoureux. La famille s’installe ensuite aux Contamines-Montjoie, une station des Alpes. « La première fois que j’ai vu de la neige, j’étais comme un fou, » racontera François Bonlieu.

Sa mère lui achète une paire de skis, et c’est parti. Le jeune François développe vite des qualités qui lui permettent d’intégrer l’équipe de France de ski alpin et de remporter à 17 ans, lors des championnats du monde FIS 1954 disputés à Are (Suède), une médaille d’argent en slalom géant derrière le Norvégien Stein Eriksen. Il y gagne le surnom de « Petit prince des neiges ».

Plusieurs fois champion de France en slalom et en géant à la fin des années 1950, vainqueur du K de diamant et de l’épreuve du Kandahar à Chamonix en 1963, François Bonlieu devient également le beau-frère du champion olympique de descente de 1960, Jean Vuarnet, qui épouse sa sœur Édith.

François BONLIEU IOC

A Axamer Lizum, le 2 février 1964, une foule considérable (estimée à 100 000 spectateurs) se masse autour et en bas de la piste pour assister au triomphe programmé des skieurs autrichiens dans le slalom géant olympique. Josef « Pepi » Stiegler, dossard No 1, la fait d’ailleurs rugir d’entrée en se faufilant entre les 75 portes du parcours qu’il achève en 1’48’’05. Déjà un chrono de référence.

François Bonlieu s’élance ensuite, dossard No 2. Sa légèreté, sa vitesse de pieds, sa sobriété de gestes et sa facilité apparente font merveille. Il donne l’impression d’effleurer seulement la neige et se montre nettement plus rapide que Stiegler, passant la ligne d’arrivée en 1’46’’71. Mais Bonlieu n’est pas satisfait de sa course. « J’ai fait des bêtises !, explique-t-il à chaud. J’ai pris une porte trop large dans le haut et j’en ai passé une à l’envers dans le bas. C’est encore loupé ! »

Pourtant, au fur et à mesure que les autres concurrents en terminent, le chrono de Bonlieu, incrédule, reste solidement accroché en haut du tableau d’affichage. Les choses se précisent encore plus lorsque le favori autrichien Egon Zimmermann, vainqueur de la descente trois jours plus tôt, part à la faute et tombe. « Il faut attendre Karl Schranz ! », lâche François Bonlieu.

Schranz, dossard No 15, est battu lui aussi. En 1’47’’09, il concède 38 centièmes de seconde au Français, mais déloge Stiegler de la 2e place. Bonlieu l’emporte donc devant deux Autrichiens et déclare : « J’attendais ça depuis 10 ans ! ». Il est le premier champion olympique français de slalom géant et même le premier médaillé tout court de son pays dans la discipline. Le géant d’Innsbruck est par ailleurs le dernier à se disputer en une seule manche aux Jeux Olympiques.

Dans cette course, un jeune skieur de 20 ans obtient un premier résultat significatif aux Jeux Olympiques : il se nomme Jean-Claude Killy et prend la 5e place en 1’48’’92. Pour lui, ce ne sont que les prémices d’un glorieux parcours.

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