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Platas Sydney IOC/Tsutomu Kishimoto

Fernando Platas : « Un moment vraiment très spécial et des sentiments inoubliables »

Fernando Platas a représenté le Mexique aux Jeux Olympiques de 1992, 1996, 2000 et 2004, remportant la médaille d’argent en plongeon au tremplin à 3 m à Sydney 2000. En Australie, comme à Athènes en 2004, il a eu aussi l’honneur de porter le drapeau de son pays lors de la cérémonie d’ouverture.

Mes premiers Jeux, c’était en 1992 alors que je n’avais que 19 ans, et ce fut une expérience merveilleuse. Il y avait quelque chose de très spécial autour de ces Jeux de Barcelone, l’atmosphère dans la ville était incroyable. La cérémonie d’ouverture a été un moment vraiment particulier pour tous les athlètes, et c’est assurément un moment dont je me souviendrai toujours.

Quatre ans plus tard, la cérémonie d’ouverture des Jeux d’Atlanta fut une fois de plus magnifique mais le style était différent par rapport à Barcelone. Tout le monde était très excité à Atlanta ! C’est une ville qui a une grande tradition sportive.

J’ai été nommé pour être le porte-drapeau pour la cérémonie d’ouverture des Jeux de Sydney 2000, et c’était tout simplement incroyable, et tellement spécial. Tout le processus conduisant au rôle de porte-drapeau a commencé alors que je me trouvais encore chez moi à Mexico, où j’ai vu le Président annoncer que l’on m’offrait cet honneur. Je dois admettre que ce fut une vraie surprise. Au fond de mon coeur, j’avais espéré être choisi comme porte-drapeau, mais beaucoup d’autres athlètes méritaient cet honneur. Que cela me revienne fut un véritable choc.

Platas IOC

A Sydney, au début de la cérémonie, nous avons dû attendre dans un long couloir en compagnie des autres délégations, avant que nous puissions défiler dans le stade. C’était un moment très excitant. J’étais nerveux, car je voulais tout faire correctement, m’assurer que je défilais de la bonne façon et ne pas faire la moindre erreur. Quand je suis entré dans le stade, je me souviens avoir regardé ça et là, et vu des dizaines de milliers de personnes, puis j’ai jeté un coup d’oeil à l’écran géant, sur lequel était écrit "Mexico" à coté de mon nom et de mon visage. Je souriais. C’était en partie dû à la nervosité et en partie à l’excitation.

C’est un sentiment étrange d‘être porte-drapeau, car vous marchez seul, vos coéquipiers sont derrière vous et vous voyez tout le monde dans les gradins. Vous regardez les porte-drapeaux des pays qui défi!lent devant et vous commencez à réaliser à quel point c’est énorme que votre Comité National Olympique vous ait distingué de cette façon. Mais en même temps, vous vous amusez beaucoup. De mon coté, c’était super de voir la réaction des autres plongeurs du monde entier, ils étaient vraiment heureux de voir l’un des leurs choisi comme porte-drapeau, car c’est comme si un membre de votre famille avait été choisi pour cet honneur.

Platas IOC

Je n’aurais raté pour rien au monde la cérémonie de clôture à Sydney. Je venais de gagner une médaille d’argent, mon premier podium olympique, et j’avais énormément apprécié ça. C’était super, car c’était aussi l’occasion de passer du temps avec toute l’équipe et de revoir des amis que je n’avais pas croisés depuis longtemps. La quinzaine des Jeux de Sydney a été fantastique, puisqu’en Australie, les sports aquatiques sont une véritable passion, c’était donc très particulier de concourir devant leurs fans. Et il y avait énormément de Mexicains pour nous supporter. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils étaient si nombreux !

C’est carrément incroyable de m’être retrouvé une deuxième fois porte-drapeau à Athènes en 2004 ! Le plongeon est une tradition au Mexique, et durant une longue période, le plongeur Joaquin Capilla a été notre seul athlète a être deux fois porte-drapeau. J’ai toujours été comparé à lui, nous avons eu de très bonnes relations. Être comparé à un champion qui a gagné une médaille d’or olympique est un honneur. Et j’ai travaillé très dur, pas seulement pour être un athlète performant, mais aussi pour rendre ce qu’on m’a apporté. Alors avoir cette reconnaissance était quelque chose d’immense. J’admire tellement Capilla que c’est fantastique de l’avoir égalé en ayant été deux fois porte-drapeau

Les Jeux d’Athènes ont été également très spéciaux compte tenu du fait que je savais que c’était la fin de ma carrière. C’était parfait de terminer avec le drapeau en mains. Dans ce contexte particulier, j’ai été très ému lors de la cérémonie d’ouverture. Et encore plus lors de la clôture, puisque je savais que ma carrière sportive s’achevait là. En fait, tout a été source d’émotion pour moi à Athènes : je savais que j’étais avec mes coéquipiers, mon coach, mon préparateur physique pour la dernière fois, pour mes derniers Jeux. Pour la première fois, j’ai pu vraiment tout apprécier à fond, j’étais relax. Aux Jeux précédents, j’avais ressenti la pression de la performance, la pression de gagner une médaille, mais là, j’ai pu traverser ceux d’Athènes totalement détendu.

 Lors de la cérémonie de clôture, j’ai ressenti une véritable forme de satisfaction personnelle. J’ai senti que j’avais tout donné durant l’ensemble de ma carrière, que je n’avais rien contenu. Cette compétition est celle que j’ai le plus apprécié parmi tous les Jeux que j’ai disputés. Je ne pouvais tout simplement pas m’arrêter de sourire. J’avais prévu d’achever ma carrière de la meilleure façon possible et je l’ai fait. La cérémonie de clôture d’Athènes a été pour moi la meilleure façon de m’arrêter. J’ai presque pleuré. Enfin, pas tout à fait, mais presque.

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