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Farid Walizadeh : "Même dans l'obscurité, il y a toujours une lumière"

Farid UNHCR Refugee Olympic team UNHCR GWA
À l'occasion de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix, Farid Walizadeh, qui espère concourir pour l'équipe olympique des réfugiés du CIO aux Jeux Olympiques reportés de Tokyo 2020, livre ses conseils pour surmonter l'incertitude et garder l'espoir quand tout semble perdu.


Nous vivons une période emplie d'incertitude. Alors que la COVID-19 continue de se répandre dans le monde entier, de plus en plus de personnes sont contraintes de rester chez elles et sont soumises au stress non seulement lié aux questions de santé, mais également au report de leurs activités habituelles.

Le boxeur Farid Walizadeh, âgé de 22 ans, a vécu dans l'incertitude une grande partie de sa vie. Il est aujourd'hui l'un des 48 titulaires de la bourse d'études du CIO pour les athlètes réfugiés qui bénéficieront de ce soutien pour une année supplémentaire afin de les aider à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 reprogrammés.

Né en Afghanistan, Farid est séparé de sa famille à seulement sept ans et contraint de fuir à pied son pays ravagé par la guerre. Apatride, il lui faut plusieurs années pour réussir à traverser le Pakistan, l'Iran et la Turquie. Il fait quelques passages en prison et en orphelinat avant d'arriver au centre de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Istanbul, où il apprend à boxer.

Farid trouve finalement refuge au Portugal en 2012. Il vit actuellement à Lisbonne, où il étudie l'architecture et suit un programme d'entraînement intense sous la supervision de son entraîneur Paulo Seco. À l'occasion de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix (JISDP), Farid s'est entretenu avec olympic.org pour discuter de son long et périlleux parcours, du sport comme source de concentration et d'espoir en périodes difficiles et de l'importance de #StayStrong et #BeActive pendant cette pandémie de COVID-19

Farid UNHCR Refugee Olympic team UNHCR GWA

De quelle façon avez-vous réussi à faire face à l'incertitude au cours de votre vie ?

"Quand j'avais neuf ans, j'étais en prison pour avoir voyagé illégalement en Europe et ma vie était bien plus difficile. Cependant, malgré mon jeune âge, j'essayais de voir le côté positif de cette situation. Je dessinais et je peignais pour passer le temps parce que même dans l'obscurité, il y a toujours une lumière. Chaque soir que la nuit tombe est suivi par un matin empli de lumière.

Si vous ne voyez que le côté négatif d'un problème, vous êtes encore plus triste et plus angoissé. Même les problèmes ont un côté positif, même si nous sommes parfois incapables de le distinguer. J'essaie toujours de le trouver, et alors le problème devient plus facile à surmonter."

Quel rôle le sport a-t-il joué dans votre vie et votre développement personnel ?

"Le sport a vraiment changé ma vie. Je n'avais rien, même pas un rêve. Lorsque l'on est réfugié, nous effectuons un long voyage et n'évoluons que dans des camps de réfugiés, des écoles spéciales pour les réfugiés et en prison. Nous n'avons rien, pas même la chance de rêver, car il faut du courage pour rêver.

En me mettant au sport, j'ai d'abord commencé à oublier mes traumatismes. Puis, j'ai commencé à apprendre à gérer ces traumatismes et mes angoisses. Ensuite, je me suis rendu compte que je pouvais dédier ma vie au sport. Chaque jour, mon rêve grandissait. Et aujourd'hui, mon objectif est de participer aux Jeux Olympiques, le plus grand événement sportif du monde.

Le sport m'a donné l'espoir et la force (mentale et physique) de rêver et de me relever. Je sais que je vais échouer à de nombreuses reprises, mais je me relèverai à chaque fois grâce à la force de mon rêve."

Farid Diana Tinoco

Comment la boxe vous a-t-elle aidé à surmonter les défis auxquels vous avez été confronté durant votre parcours ?

"La boxe m'a donné confiance en moi. Si vous n'avez pas confiance en vous, vous ne pouvez rien faire. Par exemple, avant je n'arrivais pas à parler aux gens parce que j'étais encore profondément traumatisé. Je n'arrivais même pas à prononcer mon prénom à l'école. Je n'avais pas cette confiance en moi.

Mais grâce à la boxe, j'ai commencé à gagner en confiance parce que c'était une façon de renouer le contact avec les gens. J'ai commencé à crier et à expulser toute cette énergie négative et à la transférer sur le punching bag. Aujourd'hui, c'est grâce à la boxe que j'ai confiance en moi et que j'ai des rêves."

Qu'avez-vous ressenti à l'annonce du report des Jeux Olympiques ?

"J'essaie toujours de voir le côté positif des choses. Certains athlètes sont peut-être attristés par cette nouvelle, mais je prends ça comme une chance de m'entraîner un an de plus et d'apprendre plus de techniques et de m'améliorer.

Ma salle de sport est totalement fermée en ce moment, alors le matin je fais de la cardio et de la musculation avec les poids et l'équipement dont je dispose. L'après-midi, j'essaye de nouvelles techniques et je travaille sur différentes stratégies de boxe. Personne ne combat qui que ce soit en ce moment, mais nous allons tous faire de notre mieux à la maison avec le matériel à notre disposition."

Farid UNHCR Refugee Olympic team Diana Tinoco

Quels sont vos objectifs pour l'avenir ?

"Pour le sport, je vais essayer de me surpasser et de m'entraîner davantage. Je vois mon rêve se rapprocher un peu plus dès que je m'entraîne dur. Alors, si je fais de même demain, je suis encore plus proche de mon rêve. C'est là que je puise ma motivation. Il y a toujours de l'espoir, donc je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour être à Tokyo en 2021.

En dehors du sport, j'aimerais terminer mes études d'architecture à l'université Lusíada à Lisbonne. C'est difficile, mais ça me tient à cœur, car j'aimerais pouvoir imaginer et recréer ce qui a été détruit par la guerre dans mon pays natal et dans d'autres pays touchés."

Quel message voulez-vous faire passer à toutes ces personnes dans le monde qui font face à une nouvelle réalité à cause de cette pandémie ?

"J'ai appris que le plus important était la patience : rien n'est éternel. Vous avez beau être confronté à ce problème-là aujourd'hui, demain, vous devrez faire face à un autre. Ce problème passera, et le suivant aussi.

En cette période difficile, je veux que chacun réussisse à voir du positif partout ; que chacun tente quelque chose qu'il n'aurait jamais fait s'il était à l'école, au travail ou en train de s'entraîner. Prenons ce temps pour nous, pour apprendre à nous connaître. C'est pour notre propre bien, alors mon message est le suivant : restez chez vous, protégez-vous et protégez les autres. Soyez votre propre héros !"

Farid UNHCR Refugee Olympic team UNHCR GWA

Comme Farid, rejoignez le mouvement #BeActive, #StayStrong pour cette #IDSDP2020.

Farid Walizadeh est un des 48 athlètes réfugiés qui espèrent intégrer l'équipe olympique des réfugiés formée par le CIO pour Tokyo 2020. Les athlètes réfugiés, tout comme les 1600 athlètes et plus originaires de 185 Comités Nationaux Olympiques qui font actuellement partie des programmes de la Solidarité Olympique en lien avec les Jeux de Tokyo 2020, continueront de bénéficier de ce soutien pour ces Jeux qui se tiendront désormais du 23 juillet au 8 août 2021.

Rendez-vous sur www.olympic.org/idsdp pour en savoir plus sur la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix et les actions concrètes du CIO.
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