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Fanny Durack attire les projecteurs olympiques sur la natation féminine

Date
12 juil. 1912
Tags
Stockholm 1912, Actualités Olympiques, Natation

Les Jeux de 1912 ont constitué une édition révolutionnaire pour les olympiennes. Pour la première fois, en effet, les femmes ont eu droit de cité en natation, avec deux courses féminines au programme : le 100 m et le 4 x 100 m nage libre.


C’était certainement la scène idéale pour Fanny Durack, et le bon moment aussi. Née en 1889 à Sydney, l’Australienne se fait les dents comme spécialiste de la brasse et elle est rapidement considérée comme une sorte de prodige. Elle est encore écolière lorsqu’elle gagne son premier titre de l’état de Nouvelle Galles du Sud en 1896, mais elle n’en devient pas moins rapidement la nageuse à battre, au niveau national également. Elle se livre à une bagarre tout aussi serrée qu’amicale avec une autre nageuse de Sydney, Mina Wylie, et les deux jeunes filles se poussent l’une l’autre vers des sommets encore plus hauts. Lorsque les Jeux Olympiques surviennent, Fanny Durack a établi des records du monde sur 100 yards et 220 yards, suivie comme son ombre par Mina Wylie. En Australie, le public se prend à rêver de leur présence conjointe dans le bassin olympique, mais la Fédération de natation de Nouvelle Galles du Sud – qui avait auparavant décrété que les femmes ne pouvaient pas concourir dans une épreuve où les hommes étaient présents – déclare que cela ne sera possible que si elles financent elles-mêmes leur participation. Après un appel aux dons fructueux, elles atteignent leur but et les deux jeunes filles embarquent pour la Suède avec le reste de l’équipe australienne pour tester leurs qualités face aux meilleures nageuses mondiales.

Avant d’aller à Stockholm, Fanny Durack effectue toutefois une longue escale à Londres, où elle peaufine son entraînement à raison de 800 m de natation par jour. Comparée aux autres nageuses présentes aux Jeux, en majorité Européennes, elle semble relativement moins bien préparée. Mais à partir du 8 juillet, date de sa première série sur 100 m, elle ne va guère montrer de signes de faiblesse.

Après avoir vu sa camarade gagner la troisième série sans difficulté, Fanny Durack se met à l’eau pour la course suivante. Elle « a gagné haut la main », pour reprendre les termes du rapport officiel, et elle établit également un nouveau record olympique de 1’19’’8, avec une avance confortable de 7’’4 sur Irene Steer, sa dauphine, et sept secondes exactement de moins que le temps de Mina Wylie dans la série précédente.

Les demi-finales se déroulent le 11 juillet, et une fois de plus, les jeunes Australiennes nagent séparément. Cette fois-ci, Fanny Durack est la première à se jeter à l’eau, pour un résultat identique. « Mademoiselle Durack, qui nage un crawl typiquement australien, a gagné haut la main », répète le rapport officiel en commentant sa victoire en 1’20’’2, avec 6’’6 d’avance sur la deuxième, la Britannique Daisy Curwen. Mina Wylie, elle, voit la vie un peu moins en rose, mais elle finit par gagner sa course en 1’27’’2, avec deux dixièmes d’avance sur une autre Britannique, Jennie Fletcher.

Tout cela préfigure, semble-t-il, un duel entre les deux Australiennes pour la médaille d’or, et les attentes prennent beaucoup d’ampleur avant la finale programmée dans la soirée du 12 juillet. Mais la course ne délivre presque rien du suspense attendu. Au lieu de cela, Fanny Durack mène de bout en bout, alors que Mina Wylie semble promise assez facilement à la deuxième place. La première s’impose donc en 1’22’’2 tandis que sa dauphine touche le mur en 1’25’’4. Au passage, Fanny Durack entre dans l’histoire en devenant la première nageuse sacrée championne olympique.

Après les Jeux, elle sera beaucoup sollicitée pour participer à des compétitions dans toute l’Europe. Fanny et Mina sillonneront donc ensemble le Vieux continent et iront aussi concourir aux États-Unis. Entre 1912 et 1918, Fanny Durack améliorera l’incroyable total de 12 records du monde et deviendra une figure de proue pour les nageuses du monde entier. Elle sera ensuite à deux doigts de participer aux Jeux de 1920 à Anvers, mais une appendicectomie l’obligera à déclarer forfait si bien que 1912 restera son unique apparition sur la scène olympique. Elle prendra sa retraite en 1921 et deviendra entraîneur dans sa Nouvelle Galles du Sud natale, avant de s’éteindre en 1956.

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