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Date
29 juil. 1948
Tags
Londres 1948 , BLANKERS-KOEN, Fanny

Fanny Blankers-Koen - Athlétisme


Après chaque édition des Jeux Olympiques ou presque, divers grands athlètes sont présentés comme des stars toutes catégories et les louanges n’en finissent pas de fleurir dans les années qui suivent.

Généralement, il n’y a pas consensus : aucune certitude quant à savoir qui a vraiment réalisé les meilleures performances mais, comme l’a rappelé en 2012 l’olympien Sebastian Coe : « la question majeure des conversations [demeure bel et bien de savoir] qui est le plus grand olympien de l’histoire ? »

En 1948, cependant, tous ceux qui assistèrent aux Jeux à Londres, tombèrent d’accord pour désigner comme l’athlète favorite mondiale de l’année… une ménagère néerlandaise de trente ans, au palmarès aussi brillant que stupéfiant.

Trois ans seulement après la fin de la Seconde guerre mondiale, le monde sportif souhaitait ardemment une star à chérir et il obtint Fanny Blankers-Koen, d’Utrecht, mère de deux enfants. Peut-être une sportive comme les Jeux Olympiques n’en avaient jamais connue auparavant ni depuis lors. Certains estimèrent qu’elle était déjà trop âgée pour réussir, quand d’autres suggérèrent qu’il aurait été préférable qu’elle reste à la maison auprès de ses enfants. À l’intention de ces critiques qui se firent entendre dès son entrée sur la piste, Fanny Blankers-Koen déclara simplement : «vous allez voir ce que vous allez voir.» Et il leur fut donné à voir et ce fut spectaculaire.

Fanny Blankers-Koen remporta quatre médailles d’or à ces Jeux et aurait pu en gagner d’autres si elle n’avait pas été limitée à trois courses individuelles en plus du sprint en relais. Elle était arrivée à Londres détentrice du record du monde dans pas moins de six épreuves. Et celles qu’elle avait choisies étaient aussi celles où la compétition était la plus rude : le 100 m, le 80 m haies, le 200 m et le relais 4 x 100 m.
Elle remporta le 100 m haut la main et, sur ce titre olympique, faillit se retirer des autres épreuves et s’en retourner chez elle. Mais son mari, Jan Blankers, qui était aussi son entraîneur, la persuada du contraire. L’or des haies suivit, puis ce fut la victoire dans le 200 m qu’elle gagna par 0’’7, marge énorme que personne n’a égalée depuis.

Fanny Blankers-Koen célébra ses résultats par une frénésie d’emplettes, ce qui la fit n’arriver au Stade de Wembley que dix minutes avant le début du relais 4x100 m. Le fait que ses coéquipières s’échauffaient déjà fut loin de la décontenancer, elle remporta le segment d’arrivée, s’étant emparée du bâton de relais en quatrième position pour réaliser un sprint absolument stupéfiant qui lui permit de remonter de la troisième à la deuxième place avant de prendre la tête. Quatre épreuves, quatre médailles d’or.

Elle revint chez elle où l’attendait une pluie de récompenses et, en cadeau, une bicyclette que lui offrit la population d’Amsterdam. Mais, plus que de simples victoires, ses exploits eurent un retentissement plus profond encore. Sur la plus grande scène sportive de toutes, et à une époque où le monde était désespérément en quête de prouesses à admirer, le sport féminin avait, grâce à Fanny Blankers-Koen, fait sa percée sous les traits d’une athlète aux talents exceptionnels. Parmi les grands olympiens, elle demeure incontestablement l’une des plus grandes de l’histoire.
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