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2016 Getty Images
Date
25 oct. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Athlétisme

Exploits en série pour les courses de demi-fond et de fond des Jeux de Rio 2016

Du fabuleux record du monde signé d’entrée par Almaz Ayana sur 10 000 m dames, à la victoire imparable d’Eliud Kipchoge au marathon au dernier jour des Jeux, en passant par le « double-double » de Mo Farah et la nouvelle chevauchée fantastique de David Rudisha sur 800 m, les épreuves de demi-fond et de fond ont procuré de belles émotions aux athlètes et aux spectateurs des Jeux de Rio 2016.

L'Éthiopienne Almaz Ayana a ouvert de manière éclatante la semaine de l'athlétisme au stade olympique de Rio le 12 août en pulvérisant le vieux record du monde du 10 000 m (29 min 17 sec 45), L'ancienne marque (29 min 31 sec 78) avait été établie le 8 septembre 1993 à Beijing par la Chinoise Wang Junxia.

« Je me suis entraînée spécifiquement pour le 10 000 m. Je prie beaucoup et Dieu me donne tout », a expliqué la nouvelle recordwoman du monde. La Kényane Vivian Cheruiyot (29 min 32 sec 53, record national) et la glorieuse Éthiopienne Tirunesh Dibaba (29 min 42 sec 56, record personnel amélioré de 12 secondes), double tenante du titre qui revenait de maternité, ont complété le podium.

Ayant débuté par le steeple, Ayana est entraînée par son époux qui l'a surnommée « la libellule », tant sa légèreté semble défier les lois de l'attraction terrestre et de la fatigue. Championne du monde du 5 000 m en 2015, Ayana s'est envolée juste après le 5e kilomètre, atteint en 14 min 46 sec 09, sous le rythme et les bases du record, par la jeune Kenyane Alice Nawowuna, finalement quatrième.

De sa foulée souple, la favorite a alors entamé sa course contre le chrono. Cheruiyot, double championne du monde (5 000 m-10 000 m) en 2011, a limité l'écart à 4-5 secondes jusqu'au 7e kilomètre. Puis, la « libellule » s'est échappée. « Aujourd'hui, avec cette température (21°) humide, les conditions étaient idéales, comme à Oslo », a souligné Ayana.

Ayana, 24 ans, a commencé à réécrire l'histoire du demi-fond. Le record du monde du 5 000 m (14 min 11 sec 15 à Oslo), détenu par Tirunesh Dibaba depuis 2008, lui tend les bras. Elle l'avait seulement effleuré début juin à Rome (14 min 12 sec 59). « Ca peut attendre quelques semaines. Je suis venue pour le doublé (5 000 m-10 000 m) », a rappelé Ayana. Histoire de tenter de faire aussi bien que Tirunesh Dibaba en 2008 à Beijing.


Mo Farah irrésistible sur 10 000 m! 

Le lendemain, le Britannique Mo Farah, au sprint irrésistible, a conservé sa couronne sur 10 000 m en devançant, en 27 min 05 sec 17, le Kényan Paul Tanui (27 min 05 sec 64) et l'Éthiopien Tamirat Tola (27 min 06 sec 26), « C'est vraiment fou. C'est incroyable de gagner des médailles pour son pays, a déclaré Mo Farah. C'est très exactement pour ça que je fais des sacrifices et que je m'entraîne. Je suis fier de pouvoir écrire l'histoire et rendre mon pays fier! »

Farah, double champion olympique à Londres et quintuple champion du monde, est invaincu en grandes compétitions depuis le 10 000 m des Mondiaux 2011 à Daegu (République de Corée).

Éthiopiens et Kenyans ont tardé à durcir la course (13 min 53 sec au 5e km), emmenant Farah dans un fauteuil. Le Britannique d'origine somalienne, âgé de 33 ans, a ainsi pu surmonter une chute dans le 10e tour provoquée par l'Américain Galen Rupp, son partenaire d'entraînement, finalement cinquième. 

Farah s’est mis en route pour un nouveau doublé aux Jeux, avec le 5 000 m programmé une semaine plus tard. « Pour le 5 000 m, je dois me reposer. Les gars m'ont vraiment poussé fort ce soir. Je suis plus quelqu'un qui aime gagner des médailles que courir vite. Un jour, peut-être que je partirai à l'attaque d'un record du monde, je passerai aussi au marathon. Mais une des choses qui me permettent de rester motivé, c'est le fait de gagner des médailles et des titres. »

 

Jemima Sumgong offre un premier titre olympique au Kenya sur le marathon féminin

Jemima Sumgong a tiré le meilleur parti d’une accélération décisive à 6 kilomètres de l’arrivée pour devenir la première Kenyane à gagner le marathon olympique, le 14 août au Sambodrome. Elle a devancé la Bahreïnie Eunice Kirwa et l’Éthiopienne Mare Dibaba sous le soleil et devant le nombreux public carioca. 

Jemima Sumgong, qui a gagné le marathon de Londres 2016, s’est imposée en 2 h 24 min  04 au terme des 42,195 km terminés sur la « passerelle de la Samba » du Sambodrome de Rio, par des températures atteignant les 28 degrés. « Il faisait très chaud, mais nous avions toutes à nous en accommoder, a souligné Jemima Sumgong. Je devais contrôler mon corps et l’écouter avec attention. Je suis très reconnaissante. C’est le premier titre du Kenya à Rio 2016. » 

Le Bahreïn a gagné sa deuxième médaille aux Jeux Olympiques avec Eunice Kirwa, née au Kenya, qui s’est parée d’argent en coupant le bandeau d’arrivée 9 secondes après Sumgong, tandis que la championne du monde en titre, l’Éthiopienne Mare Dibaba a terminé en bronze à 26 secondes. 

Mare Dibaba, qui disputait sa première course depuis sa sixième place au marathon de Londres en avril dernier, menait un peloton de tête de sept coureuses à la marque des 35 km atteinte en 2 h 00 min 31 Mais à 6 km de l’arrivée, Eunice Kirwa a placé une accélération décisive, suivie seulement par Mare Dibaba et Jemima Sumgong. 

« Je m’étais préparée pour sortir du bois au kilomètre 35, et mon corps répondait très bien, tout comme mes mouvements », a expliqué Jemima Sumgong. Effectuant leur segment de 5 km le plus rapide entre le 35e et le 40e kilomètre, les trois premières sont arrivées en vue du Sambodrome lorsque Mare Dibaba a payé ses efforts et n’a pu suivre le rythme. Sumgong a alors placé une dernière accélération qui lui a permis de distancer son ex-compatriote Kirwa pour parcourir triomphalement la dernière ligne droite avant d’aller conquérir ce titre historique. 

Il y a eu un autre moment d’histoire dans ce marathon olympique : les Estoniennes Leila, Liina et Lily Luik, 30 ans ont été les premières triplées à s’aligner dans une épreuve d’athlétisme. Elles ont terminé loin de la gagnante, mais étaient ravies de leur performance, malgré l’abandon de Liina.

 

David Rudisha reste le patron du 800 m!

Le Kenyan David Rudisha a conservé le titre du 800 m le 15 août sur la piste bleue du stade olympique, en s’imposant nettement en 1 min 42 sec 15, devant l'Algérien Taoufik Makhloufi (1 min 42 sec 61) et le jeune Américain Clayton Murphy (1 min 42 sec 93).

Rudisha, 27 ans, avait conquis l'or à Londres 2012 en prenant la course à son compte pour améliorer son record du monde (1 min 40 sec 91). Spectateur intéressé (il fut détenteur de la marque pendant 16 ans de 1981 à 1997, en 1 min 41 sec 73) , Sebastian Coe, président du Comité d'organisation des Jeux de 2012, avait qualifié l'exploit « d’une des plus grandes performances de l'histoire des Jeux ». « Il fallait beaucoup d'assurance, physique et mentale, pour courir ainsi dans une finale olympique », avait ajouté Lord Coe, devenu depuis président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

A Rio, c’est le jeune Kenyan Alfred Kipketer, finalement septième, qui a pris la tête aux 150 mètres, Rudisha se calant dans sa foulée devant le Français Pierre-Ambroise Bosse, avec un passage aux 400 mètres en 49 sec 23. Rudisha a pris l'initiative au milieu de la ligne opposée pour creuser l'écart.

Champion olympique du 1 500 m à Londres, Makhloufi a mis à profit sa résistance et son finish pour s'emparer de la médaille d'argent, en signant un nouveau record national. Clayton Murphy a produit un final de feu dans les derniers mètres pour laisser sur place Pierre-Ambroise Bosse, qui avait tenté de suivre Rudisha dans le dernier virage, et aller quérir le bronze pour les États-Unis en 1 min 42 sec 93.

« Mon plan était de courir devant comme d'habitude. J'ai dit aux deux autres Kenyans que j'allais mener la course. Mais quand j'ai vu que Kipketer partait comme une fusée, j'ai décidé de rester derrière lui, car je pensais que ça allait trop vite », a expliqué le double champion olympique. 

« Ensuite, j'ai maintenu mon rythme et j'ai poussé à partir des derniers 300 m, comme j'avais prévu. Il y a toujours beaucoup de pression quand on défend un titre olympique, je suis heureux de l'avoir conservé. Il faut faire tellement de sacrifices pour rester au top », a ajouté David Rudisha. 

Taoufik Makhloufi s’est dit heureux et satisfait : « C'était une course rapide. Les Kenyans sont des experts de cette course alors que moi c'était ma première participation à un 800 m en grande compétition. J'ai bien couru et j'ai battu le record d'Algérie, je suis très content. David Rudisha, c’est quand même le détenteur du record du monde. Je voulais être derrière lui aux 200 mètres. »

 

Le rush de Faith Kipyegon vers la médaille d’or du 1500 m féminin

La Kenyane Faith Kipyegon a produit une accélération dévastatrice dans le dernier tour pour déborder la favorite éthiopienne Genzebe Dibaba et s’est imposée le 16 août en finale du 1500 m dames. Elle a devancé Dibaba et l’Américaine Jennifer Simpson. Kipyegon s’est imposée en 4 min 08 sec 92 après avoir produit son effort dans les derniers 250 m, débordant Genzebe Dibaba qui a pris l’argent en 4 min 10 sec 27, alors que Jennifer Simpson est allée quérir le bronze en 4 min 10 sec 53. 

« Je savais que ce serait une course rapide. J’ai vraiment dû mettre un coup d’accélérateur dans le dernier tour, a expliqué la championne olympique. J’étais bien préparée pour cette course. Je suis très fière de gagner pour mon pays! C’est tout simplement fantastique. Je suis très heureuse, parce que c’est ma première médaille aux Jeux Olympiques. C’était une bonne course, une course tactique.»

Alors qu’il restait deux tours à couvrir, la championne et recordwoman du monde (3 min 50 sec 07 à Monaco le 17 juillet 2015) Genzebe Dibaba s’est portée en tête, ses rivales accélérant également derrière elle pour garder le contact. Dibaba a conservé les commandes à la cloche marquant l’entame du dernier tour, mais elle a été irrémédiablement rattrapée puis dépassée par Kipyegon qui lui a fait l’extérieur en entrant dans le dernier virage. La Kenyane a encore augmenté son avance dans la ligne droite et a passé la ligne d’arrivée en levant les bras puis en s’écroulant de bonheur sur la piste. 

Genzebe Dibaba a commencé à piocher dans ses réserves dans les derniers mètres, mais elle a réussi à conserver la médaille d’argent, alors que l’Américaine Jennifer Simpson, championne du monde en 2011, remontait sur elle. « J’ai été blessée le mois dernier et je n’ai pas pu m’entraîner comme d’habitude », a expliqué la petite soeur de la grande Tirunesh Dibaba. « Faith a été une adversaire féroce. Et je suis heureuse de mon résultat. »

Jennifer Simpson a remporté la première médaille des États-Unis aux Jeux sur le 1500 m féminin! « J’adore courir en compétition. J’aime ce sentiment de stress dans le dernier tour. Je n’étais qu’une des concurrentes qui pouvaient accrocher la médaille de bronze, alors je suis vraiment très heureuse. »

 

Vivian Cheruiyot enfin titrée sur 5 000 m

La Kenyane Vivian Cheruiyot a été sacrée le 19 août championne olympique du 5 000 m, empêchant l'Éthiopienne Almaz Ayana (3e) de réussir le doublé 5 000 m-10 000 m. En 14 min 26 sec 17, record olympique, Cheruiyot a devancé sa compatriote Hellen Obiri (14 min 29 sec 77) et Ayana (14 min 33 sec 59) pour s'adjuger l'or à sa quatrième participation aux Jeux.

Seize années après ses premiers Jeux à Sydney 2000, VivIan Cheruiyot, quatre fois championne du monde sur 5 000 m et 10 000 m, triple médaillée olympique (argent sur 5 000 m à Londres 2012, et sur 10 000m à Rio 2016) et une fois en bronze (sur 10 000 m à Londres 2012), met ainsi fin à une très longue quête. 

Favorite de la course, Ayana a commencé à se détacher avant le passage aux 1 800 m puis a maintenu une avance d'environ quatre ou cinq secondes sur ses poursuivantes kenyanes jusqu'aux 4 000 m où elle a commencé à craquer. L'Éthiopienne a alors été dépassée par les deux Kenyanes en moins d'un tour. Vivian Cheruiyot a alors connu une chevauchée triomphale, détachée à l’avant et sous les applaudissements du public, pour aller battre le record olympique. Ayana, quant à elle, s’est accrochée pour préserver sa 3e place, s'assurant une deuxième médaille à Rio après l'or du 10 000 m, la plus longue des distances de la piste. 

« On s'est dit avec ma coéquipière Hellen Obiri qu'on allait travailler en équipe aujourd'hui. Et tout a parfaitement marché, car on s'est aidées », a expliqué la championne olympique âgée de 32 ans. « On savait qu’Almaz Ayana était vraiment forte et on pensait qu'elle pourrait partir comme elle l'a fait sur le 10 000 m. » 

« J'ai senti après cinq tours (2 000 m) qu'elle n'était pas aussi fluide, elle ne courait pas très bien. J'ai dit à Hellen Obiri : ‘Allons-y, on va faire quelque chose’. Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je veux remercier tous les Kenyans, ma fédération, ma famille et mes entraîneurs », a conclu Vivian Cheruiyot.

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Matthew Centrowitz devant, tous les autres derrière sur 1 500 m

L'Américain Matthew Centrowitz a remporté la médaille d'or du 1 500 m au terme d'une course disputée sur un rythme lent qu'il a menée de bout en bout, le 20 août, lors de la dernière soirée d’athlétisme au stade olympique. Il est le premier champion olympique américain sur la distance depuis 1908!

En 3 min 50.00, Matthew Centrowitz a devancé l'Algérien Taoufik Makhloufi (2e en 3 min 50 sec 11), champion olympique en titre, et le Néo-Zélandais Nicholas Willis (3e en 3 min 50 sec 24), qui avait décroché l'argent à Beijing 2008. Il faut remonter aux Jeux de 1932 à Los Angeles pour retrouver une finale du 1 500 m plus lente que celle de Rio.

« Il n'y a rien qui ressemble à ce sentiment. Je ne peux comparer cela à rien que j'aie déjà accompli dans ma vie », a réagi Centrowitz, 26 ans, qui avait pris la 4e place aux Jeux de 2012 à Londres et était devenu vice-champion du monde l'année suivante à Moscou. « Quand je faisais le tour d'honneur, je n'arrêtais pas de crier à toutes les personnes que je connaissais : mais c'est une blague! » 

« Après 800 mètres, quand j'ai vu que personne ne venait à ma hauteur en tête, je me suis dit maintenant je ne dois plus laisser passer personne », a ajouté le premier Américain sacré champion olympique du 1 500 m depuis 1908 et Mel Sheppard lors des premiers Jeux disputés à Londres. Les cinq derniers titres olympiques de la spécialité avaient été remportés par un coureur africain.

« C'est peut-être la course la plus lente ou l'une des plus lentes de l’histoire, a déclaré le Néo-Zélandais Willis. Parmi ceux qui donnent habituellement le tempo, personne ne semblait avoir envie d'emballer la course. Notamment parce qu'il n'y avait que deux Kenyans dans la course, alors que d'habitude il y en a trois ou quatre. »

La bataille annoncée entre le champion olympique 2008, le Kényan Asbel Kiprop, et le médaillé d'or de 2012, Taoufik Makhloufi, n'a pas eu lieu, même s'ils se sont bousculés à la cloche, et tous deux se sont fait surprendre par Centrowitz. 

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Un double-double de légende pour Mo Farah !

Toujours lors de cette soirée de clôture, Mo Farah, vainqueur du 5 000 m a réalisé son rêve ultime avec un deuxième doublé olympique 5 000 m-10 000 m, après celui de Londres en 2012. Il est devenu l’égal du Finlandais Lasse Viren, auteur du même exploit en 1972 et 1976! 

« Je ne peux pas y croire. Quand l'Éthiopien Kenenisa Bekele gagnait toutes ces médailles, je me disais qu’une seule ferait mon bonheur. Si vous avez des rêves, ils peuvent devenir réalité et j'ai toujours voulu les réaliser pour mes enfants, parce que la plupart du temps je ne les vois pas et c'est pourquoi on désire leur prouver quelque chose ou plutôt la raison des absences », a le réagi Britannique, par ailleurs quadruple champion du monde, avec deux doublés en 2013 et 2015.

« Quand j'ai pris la tête, je n'allais pas les laisser passer. Je déteste perdre, je suis comme ça depuis que je suis enfant. C'est tout moi », a encore expliqué Farah, 33 ans.

Disqualifié dans un premier temps, l'Américain Paul Chelimo a été finalement requalifié et a conservé la médaille d’argent. L'Éthiopien Hagos Gebrhiwet est redevenu troisième, comme à l'arrivée, après avoir gagné un rang le temps de la disqualification provisoire de Chelimo. Deux autres disqualifications avaient été prononcées à l'encontre de l'Éthiopien Muktar Edris et du Canadien Mohammed Ahmed, initialement quatrième et cinquième. Finalement, le jury d'appel a maintenu la seule disqualification d'Edris, ce qui fait gagner une place au Canadien (4e).

C'était le prix de l'emballage final du dernier tour, avec des bousculades inévitables. Le rêve du vétéran Bernard Lagat (41 ans), sixième initialement mais propulsé sur le podium (3e), n'a duré que quelques minutes, le temps que le jury d'appel ne revisionne la vidéo. Verdict : si Chelimo et Ahmed ont mis un pied en dehors de la lice, c'était parce qu’ils avaient été poussés par Edris.

Mais Farah, lui, était au-dessus de ces contingences. Il avait évité l'embouteillage en se dégageant à l'amorce du dernier tour, qu'il a bouclé en 52 sec 23, pour franchir la ligne avec un chrono de 13 min 03 sec 30.

Détenteur du record d'Europe du 1 500 m, le Britannique était trop fort au sprint. Les Éthiopiens n'ont pas imprimé une allure assez rapide, ou du moins été capables de changements de rythme, pour déstabiliser le roi du demi-fond. « Mes jambes étaient fatiguées après le 10 000 m. Des quatre, c'est la victoire qui me comble le plus », a déclaré à chaud le quadruple champion olympique. 

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Caster Semenya s’impose brillamment sur le 800 m féminin

Toujours lors de la dernière soirée d’athlétisme, la Sud-Africaine Caster Semenya, championne du monde 2009, a été sacrée championne olympique du 800 m en 1 min 55 sec 28, nouveau record national. Elle a devancé la Burundaise Francine Niyonsaba (1 min 56 sec 49) et la Kenyane Margaret Nyairera Wambui (1 min 56 sec 89).

La Sud-Africaine de 25 ans a pris les commandes de la course dès l'entame, avant de se caler dans la foulée de Niyonsaba jusqu'aux derniers 200 m, où elle a placé une accélération suffisante pour décramponner ses adversaires. « C'était une course fantastique et un plateau très relevé, donc il fallait d'abord savoir être patiente, a déclaré Semenya. Je suis tout simplement très heureuse d'avoir remporté l’or. »

« Je suis très heureuse, a souligné de son côté Francine Niyonsaba. J'ai fait de mon mieux même si mon but était d'avoir l'or, pas l'argent. Mais c'est un honneur pour moi, je rentre dans l'histoire en devenant la première médaillée d'argent de mon pays. »

 

La consécration pour Eliud Kipchoge dans le marathon!

Londres par deux fois, Berlin, Chicago, Rotterdam : le Kenyan Eliud Kipchoge, vainqueur des plus grands marathons du monde ces dernières années, a obtenu la consécration suprême avec le titre olympique de la plus mythique des épreuves, quelques heures avant la cérémonie de clôture des Jeux de Rio 2016. Il est ainsi devenu le deuxième Kenyan de l'histoire, seulement, à remporter le marathon des Jeux Olympiques, après le prodige Samuel Wanjiru en 2008 à Beijing. Dominateur en 2 h 08 min 44, Eliud Kipchoge a devancé l'Éthiopien Feyisa Lilesa (2 h 09 min 54), médaillé d'argent, et l'Américain Galen Rupp (2 h 10 min 05), qui a décroché le bronze. 

Le parcours du marathon a permis de faire découvrir quelques-uns des plus beaux sites de la « Ville merveilleuse » : en contrebas du Pain de sucre et du Corcovado avec le Christ rédempteur, avant d'arriver en rythme au Sambodrome, théâtre du célèbre carnaval et quartier des écoles de samba. « Ma carrière est fantastique. Avoir ce titre olympique était quelque chose que j'avais à l'esprit en permanence », a confié le Kenyan de 31 ans. Eliud Kipchoge a pu savourer cette médaille d'or, lui qui est passé sur la route après une carrière sur piste déjà remarquable : champion du monde du 5 000 m en 2003 à Paris, vice-champion olympique en 2008 et médaillé de bronze olympique en 2004 sur la distance.

La pluie a pimenté cette épreuve mythique. L’Américain Galen Rupp, partenaire d'entraînement de Mo Farah, avait fait un pari de toute beauté : cinquième du 10 000 m sur la piste une semaine plus tôt, il souhaitait mettre à mal l'hégémonie africaine, qui a fait des 42,195 km olympiques une chasse gardée ces dernières années. Mais cela n’a pas fonctionné jusqu’au bout. 

La course s'est décantée, comme d'habitude, aux alentours du 30e kilomètre, où l'écrémage s'est fait plus conséquent. Un groupe d'une dizaine d'hommes s'est alors formé autour de Kenyans, d'Éthiopiens et de Rupp, mais sans le champion olympique en titre, l'Ougandais Stephen Kiprotich, décroché. Le rythme s'est encore accéléré et un quatuor composé de Kipchoge, de Rupp et des Ethiopiens Lilesa et Lemi Berhanu s'est détaché au 32e kilomètre. Berhanu allait craquer rapidement pour laisser le trio en découdre. Puis Rupp cédait à son tour au 35e kilomètre et Kipchoge en profitait pour placer une accélération qui décramponnait Lilesa.

Le récital du Kényan pouvait alors débuter. Avec en point d'orgue, le contournement du Musée de Demain, en baie de Guanabara non loin de l'arrivée, pour une image de carte postale en phase avec la beauté de Rio et le palmarès de Kipchoge.

« C’est la plus belle médaille de toute ma vie », a réagi le champion olympique. Galen Rupp s’est montré admiratif devant le grand champion qu’il a accompagné sur le podium : « Eliud est évidemment le plus grand marathonien en activité. Ce n’est pas le coureur d’un coup, qui a fait une seule grande course. Lui l’a fait encore, encore et à nouveau encore. ». 

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