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PyeongChang 2018

Epreuve par équipes, couples, danse sur glace : que d'émotions !

Les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir repartent de PyeongChang avec deux médailles d'or, celle de la compétition par équipes et celle de la danse sur glace. Ils deviennent les patineurs artistiques les plus médaillés de l'histoire, avec cinq podiums dont trois titres, récupérant celui qu'ils avaient gagné en 2010. Dans la compétition de couples, les Allemands Aliona Savchenko et Bruno Massot établissent un record du monde dans le programme libre pour déjouer tous les pronostics !

La compétition par équipes, qui fait à PyeongChang sa deuxième apparition sur la scène olympique, ce sont des formations nationales qui réunissent des patineurs dans toutes les épreuves (simple hommes et femmes, couples et danse sur glace), lesquels marquent tour à tour des points - 10 pour le premier, 9 pour le second.... 1 pour le dixième - dans les programmes courts puis libres. Après les courts, seuls les cinq premiers/premières restent en lice pour les épreuves finales des libres.

Ainsi, le jour de la cérémonie d'ouverture, Shoma Uno place d'entrée le Japon en tête en dominant le programme court messieurs. Les Athlètes olympiques de Russie (OAR) Evgenia Tarasova/Vladimir Morozov prennent les 10 points du programme court des couples, mais avec la 3 place de Patrick Chan, puis la 2e du couple Meagan Duhamel/Eric Radford, le Canada prend la tête du classement dès cette première journée de compétition avec 17 points, devant OAR (15 points), les Etats-Unis (14 points) et le Japon (13 points).

L'avance canadienne prend de l'ampleur le 11 février avec le court de la danse sur glace remporté par Tessa Virtue et Scott Moir. L'athlète olympique de Russie Evgenia Medvedeva donne 10 points à son équipe dans le même exercice du simple femmes, avant la "finale" de l'épreuve de couples, le programme libre remporté par Duhamel et Radford. A la fin de cette journée, le podium prend déjà forme : Canada en tête avec 45 points, suivi d'OAR (41 points) et des USA (36 points).

Le 12 février, après le passage des femmes dans le programme libre, le Canada assure déjà sa médaille d'or alors que les stars Tessa Virtue et Scott Moir ne sont même pas encore entrées en action. Débarrassés de la pression, les deux porte-drapeaux de l'équipe à la feuille d'érable se montrent éblouissants, terminant à la première place avec un total de 118.10 points, soit six points d'avance sur les patineurs américains Maia et Alex Shibutani, qui contribuent tout de même la permettre à leur équipe de s'adjuger la médaille de bronze. 

Les Athlètes olympiques de Russie réussissent à terminer à la deuxième place grâce notamment à un extraordinaire programme libre de la toute jeune Alina Zagitova, 15 ans, et récente championne d'Europe. Patrick Chan s'est lui montré impressionnant après avoir connu quelques soucis avec ses quadruples lors du programme court. Il assuré très proprement ses deux premiers quadruples pour réussir le meilleur total de la journée avec 179.75 points.

"Je suis simplement heureux d'avoir pu réussir à donner le meilleur de ce que je pouvais faire, indique-t-il. Le Canadien admet avoir été assez nerveux et qu'il a réussi à "avoir une bonne conversation avec lui-même" pour retrouver sa concentration. Au final, le Canada s'impose avec 73 points, l'OAR totalise 66 points, et les USA 62 points.

Couples : Savchenko et Massot en or avec un record du monde

Le 15 février, après un programme court de très haut niveau disputé la veille, on attend un duel entre le couple chinois Sui Wenjing/Han Cong et le duo d'Athlètes Olympiques de Russie composé d'Evgenia Tarasova et Vladimir Morozov. Mais la surprise viendra d'un duo assez récent composé d'Aljona Savchenko et Bruno Massot qui font équipe ensemble depuis seulement quatre ans. Ils occupent la 4e place après le court.

En effet, Aljona Savchenko avait concouru aux Jeux dès 2002 sous les couleurs de son pays d'origine, l'Ukraine, aux côtés de Stanislas Morozov. Elle a ensuite représenté l'Allemagne avec Robin Szolkowy lors de trois éditions successives des Jeux Olympiques entre 2006 et 2014, obtenant le bronze à Vancouver et à Sotchi. Bruno Massot est né en France et il a déménagé en Allemagne pour s'associer avec Aljona.

Ils ont participé à deux reprises aux championnats du monde, remportant le bronze en 2016 et l'argent en 2017. Coachés par Alexander Konig et Jean-François Ballester, et chorégraphiés par Christopher Dean, l'ancien champion olympique, ils s'entraînent environ 40 heures par semaine et se partagent entre Oberstdorf, en Allemagne, Tampa Bay en Floride et Megève en France.

Vainqueur cette année du Skate America, ils obtiennent la consécration olympique avec un libre éblouissant noté 159.31 points, nouveau record du monde. Ils ont toutefois très chaud, devant attendre le passage des deux couples encore favoris, pour savoir à quelle place vont terminer sur le podium avec leur total de 235,90 points.

Les Chinois Sui Wenjing et Han Cong doivent se contenter de la deuxième place pour une poignée de centièmes (235,47 points) et il ne reste plus que le couple d'Athlètes Olympiques de Russie Tarasova/Morozov pour déloger les Allemands de la première place. Deuxièmes du programme court, ils tiennent toutes les difficultés de leur programme jusqu'à la chute fatale d'Evgenia Tarasova. Ils retombent à la quatrième place tandis que les Canadiens Megan Duhamel et Eric Radford terminent 2e du libre, et avec un total de 230.15, obtiennent la médaille de bronze.

Danse sur glace : Virtue et Moir au sommet de leur art

Dans la compétition de danse sur glace, qui démarre le 19 février, les Canadiens Tessa VIrtue et Scott Moir frappent très fort d'entrée. Les champions olympiques 2010 et médaillés d'argent 2014 patinent superbement leur programme court et obtiennent une note de 83,67 points, soit un point de plus que l'ancien record du monde, pour devancer leurs grands rivaux français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron (81,93 point).

Ces derniers ont manqué de synchronisation sur certaines figures, mais ils ont su se reprendre pour dérouler la suite de leur programme et paraissent toutefois bien dans la course avec un retard de seulement 1,74 points. Leur début de saison parfait peut même les inciter à l'optimisme. Chahutés l'hiver dernier par le retour à la compétition de Virtue et Moir qui les ont délogés du trône mondial, ils ont idéalement repris la main cette saison, en s'offrant leur toute première victoire sur les Canadiens en finale du Grand Prix à Nagoya au mois de décembre.

Mais le lendemain 20 février, Tessa Virtue et Scott Moir récupèrent leur bien de la plus belle des manières en réussissant un programme libre d'une grande beauté et d'une grande créativité. Leur prestation éblouissante leur permet d'améliorer le record du monde avec un total de 206.07. Ils triomphent devant Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron (205.28) et la fratrie américaine Maia et Alex Shibutani (192.59).

Virtue et Moir empochent aussi leur cinquième médaille olympique, soit une de mieux que Yevgeniy Plushenko et Gillis Grafstrom. « Je n'aurais jamais pu imaginer que nous puissions devenir les patineurs les plus titrés aux Jeux Olympiques, » a indiqué Tessa Virtue. « Même si j'ai écrit dans mon journal quand j'étais au primaire que je voulais aller aux Jeux Olympiques avec Danny Moir (le frère aîné de Scott). Ce n'est pas passé loin."

"Cette médaille d'or est très différente de celle de Vancouver", explique Scott. "En 2010, nous étions à domicile. C'étaient des moments inoubliables. Mais en huit ans, nous sommes devenus des personnes différentes et des athlètes différents." Sur l'éventualité d'une retraite, le Canadien reste évasif : "Nous ferons sans doute une annonce dans les prochains jours. Et si c'est la fin, c'est une manière assez agréable de terminer. Mais pour l'instant, j'ai simplement envie de savourer ce que nous vivons."

Pour Gabriella Papadakis, 22 ans, et Guillaume Cizeron, 23 ans, la déception est grande même si leur programme libre a atteint la perfection sur un plan technique et artistique. Une perfection couronnée d'un record du monde en 123.25. "Je suis extrêmement émue", détaille Gabriella. "Si vous m'annonciez que le chien de votre grand-mère vient de mourir, j'éclaterais en sanglots." "Nous avons tout donné et je suis heureux de ce que l'on a accompli, » ajoute Guillaume. "C'était quasiment parfait et nous pouvons être fiers de nous." Même si cette deuxième place peut sonner comme un échec, et vu leur âge, on peut imaginer qu'ils auront d'autres occasions de briller sur la scène olympique.

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