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En douze ans, d'un 12 février à l'autre, Ireen Wüst est la n° 1 du patinage de vitesse aux Jeux

Ireen Wüst 2018 Getty Images
Pour tout grand nom de l'histoire des Jeux d'hiver, il y a toujours un début. Et pour Ireen Wüst, la plus médaillée des patineurs et patineuses de vitesse, cela se passe à Turin, sur l'ovale du Lingotto le 12 février 2006... pour ce qui est tout simplement sa toute première course sur la grande scène olympique. La date est aussi celle de son cinquième titre à PyeongChang en 2018 !


Championne du monde junior toutes distances, avec des victoires sur 1 000 m et 1 500 m en 2005 à Seinäjoki (Finlande), la patineuse née à Goirle (Nord-Brabant) le 1er avril 1986 fait des étincelles aux championnats nationaux des Pays-Bas qui servent en décembre de la même année de sélection pour les Jeux de Turin : Ireen s'impose sur 1 000 m, 1 500 m et 3 000 m, ce qui lui offre une place aux Jeux sur ces trois distances à 19 ans.

Ce dimanche 12 février 2006, elle prend son premier départ aux Jeux, sur 3 000 m. Elle patine dans la 10e paire avec l'Autrichienne Anna Rokita. Dès le premier tour, elle la laisse littéralement sur place et ne cesse d'accélérer la cadence. Sur la ligne d'arrivée, Rokita est battue de plus de 10 secondes. Mais surtout, en 4:02.43, Ireen Wüst réalise le meilleur temps.

Il reste encore sa compatriote Renate Groenewold et la Canadienne Cindy Classen, de très sérieuses concurrentes qui s'affrontent dans la 12e paire et se battent pour le podium durant les 7,5 tours. Finalement, Groenewold échoue à 1 seconde et 5 centièmes de Wüst et prend la médaille d'argent. Classen est en bronze à 1.94.

Et voilà : Ireen Wüst est la plus jeune championne olympique de l'histoire des Pays-Bas. Encore en bronze sur 1 500 m et 4e sur 1 000 m, elle sera ensuite élue sportive de l'année dans son pays. "Cette victoire à Turin en 2006 fut incroyable. Je n’avais jamais rien gagné auparavant et là, pour ma première course olympique, j’ai remporté l’or. Même quand je regarde la course aujourd’hui, je ne peux pas croire que je l’ai fait. Ce fut un sentiment fantastique !", racontera-t-elle quelques années plus tard.

Ireen Wüst 2018 Getty Images


Des titres à la pelle

Turin 2006 marque le début d'une carrière extraordinaire sur les anneaux de glace. Championne du monde toutes distances à Heerenveen (Pays-Bas) en 2007, médaillée d’argent à Berlin en 2008, médaille d’or sur 1 000 m et 1 500 m aux Mondiaux simple distance de Salt Lake City 2007 et de la poursuite par équipes à Nagano en 2008, championne d’Europe toutes distances à Kolomna (Russie) en 2008, Ireen Wust se maintient au sommet avant d’aller gagner son deuxième titre olympique sur l’anneau de Richmond à Vancouver le 21 février 2010 en battant la Canadienne Kristina Groves de 25 centièmes de seconde sur 1 500 m.

Sur la route des Jeux de Sotchi, Ireen Wüst monte la barre encore plus haut : championne du monde toutes distances 2011, 2012 et 2013, ainsi que du 1 500 m, du 3 000 m (2011, 2013) et de la poursuite par équipes (2013). Les mondiaux simple distance 2013 se sont déroulés dans l’arène Adler de Sotchi à un an des compétitions olympiques.

Lors des Jeux de Sotchi, au milieu du festival de l’armada orange, qui amasse 23 médailles dont huit en or entre le 8 et le 23 février 2014, Ireen se taille la part du lion. Elle commence par être à nouveau sacrée championne olympique du 3 000 m, puis enchaîne avec trois médailles d’argent, sur 1 000 m, 1 500 m et 5000 m, avant de conclure avec Marrit Leenstra et Jorien Ter Mors sur une superbe victoire dans la poursuite par équipes avec plus de 7 secondes d’avance sur la formation polonaise. Cinq podiums qui font d’Ireen Wüst l’athlète la plus médaillée des XXIIe Jeux d’hiver.

Ireen Wüst 2006 Getty Images

Un anniversaire doré le 12 février 2018

Dans les trois ans qui suivent, Wüst dispute un match acharné avec la triple championne olympique tchèque Martina Sablikova, qui l’avait devancée sur 5000 m à Sotchi 2014. Ainsi, cette dernière prend le meilleur dans les Mondiaux toutes distances 2015 à Calgary et 2016 à Berlin. Mais en mars 2017 à Hamar (Norvège), la Néerlandaise remporte son sixième titre mondial dans cette compétition, son premier depuis 2014, en terminant 64/100e de seconde devant Sablikova au cumul des quatre distances. Elle reste aussi un pilier de l’équipe de poursuite néerlandaise dans les Mondiaux simple distance. Ceux de 2017 ont lieu en février sur l’ovale olympique de Gangneung, un an avant de revenir y disputer les Jeux Olympiques de Pyeongchang. Wüst remporte là ses onzième et douzième titres, sur 3 000 m et en poursuite par équipes.

Pour ses quatrièmes Jeux d'hiver à PyeongChang, la plus grande championne néerlandaise aux Jeux Olympiques commence le 10 février 2018 par se contenter de la médaille d'argent du 3 000 m dont elle était tenante du titre, devancée de 8/100e de seconde par sa coéquipière Carlijn Achtereekte. Mais deux jours plus tard, elle s'impose sur 1 500 m, 20/100e devant la Japonaise Mijo Takagi pour devenir la première femme quatre fois médaillée dans la même épreuve aux Jeux d'hiver.

 

Objectif Beijing 2022

"Plus grosse est la course, plus elle est importante, plus je suis capable de tirer le meilleur de mon corps. Je suis plus excitée par les grosses courses que par les Coupes du monde ou par l'entraînement. J'aime patiner quand ça compte. Je n'ai jamais peur. J'adore ça," dit-elle à chaud. "Je me sens si contente ! Je ne peux toujours pas y croire. Pour moi, c'est incroyable. Il y a deux jours, quand j'ai terminé 2e du 3 000 m, j'ai compris que le 1 500 m aurait lieu le 12 février. Il y a exactement 12 ans, le même jour, j'avais gagné mon premier titre à Turin 2006. J'avais le rêve de gagner des médailles d'or à chaque édition des Jeux Olympiques. Maintenant que j'ai réalisé ce rêve, c'est un sentiment incroyable. La tension était énorme parce que samedi, j'étais déçue, et soulagée, car l'argent, c'est bien, mais l'or est la seule chose qui compte pour moi. Maintenant que je l'ai fait, je n'ai plus de mots !'

À 31 ans, elle remporte enfin l'argent, sa onzième médaille aux Jeux avec l'équipe de poursuite des Pays-Bas, qui subit la loi de la formation japonaise en finale. La championne brabantoise est cinq fois médaillée d'or, cinq fois médaillée argent et une fois médaillée de bronze : Aucun patineur ne compte autant de médailles, aucun sportif néerlandais aux Jeux Olympiques non plus.

Décidée à poursuivre sa carrière jusqu'aux Jeux de Beijing 2022, Ireen Wüst gagne aux championnats du monde simple distance disputés à Inzell en février 2019 son quatrième titre planétaire du 1 500 m, le treizième en tout pour un total de vingt-huit podiums. Elle compte maintenant établir un record du monde sur la distance avant ses cinquièmes Jeux, et qui sait si le programme à Beijing ne va pas lui permettre de fêter un nouveau succès le 12 février ?

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