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Egon Zimmermanns Getty Images
Date
02 févr. 1964
Tags
Innsbruck 1964 , Actu CIO , Ski alpin , Autriche

En descente, Egon Zimmermann enthousiasme ses compatriotes


Il y a eu deux Egon Zimmermann sans aucun lien familial en équipe d’Autriche de ski alpin. L’un, prénommé Egon Norbert, dispute les Jeux de Squaw Valley en 1960, où il rencontre la médaillée américaine Penny Pitou avec qui il fonde une famille. L’autre, tout simplement Egon, est un enfant de Lech Am Arlberg né dans une famille de paysans et élevé dans la pauvreté de l’immédiat après-guerre.

Lech Am Arlberg devient une station de ski et Egon se prend de passion pour ce sport. Il passe ses journées à dévaler les pentes sur des planches usées « de 4e ou 5e main », mais il se heurte à l’opposition de ses parents. Ainsi, à l’adolescence, il est envoyé à Paris pour apprendre le métier de chef, dans les cuisines du restaurant Ledoyen sur les Champs-Élysées.

Egon ZIMMERMANN IOC

Il revient à Lech trois ans plus tard et se remet instantanément sur les skis. Très talentueux, il remporte en 1958 les trois épreuves des championnats d’Autriche juniors, ce qui lui ouvre les portes de l’équipe nationale. « Pour un athlète autrichien, il n’y a pas plus grand honneur ni plus grand prestige. Pour moi, c’est la réalisation d’un rêve d’enfance seulement interrompu par la cuisine. Même mes parents sont d’accord pour que je persiste », explique-t-il alors.

Une blessure à l’épaule le prive des Jeux de Squaw Valley en 1960. En 1962, il est sacré champion du monde de slalom géant à Chamonix où il prend également du bronze en descente. Il s’affirme ensuite comme l’un des grands favoris des Jeux d’Innsbruck en brillant dans toutes les courses du circuit international. Il est désigné « Skieur de l’année 1963 » par la presse européenne. Les observateurs le voient capable de rééditer l’exploit de Toni Sailer, triple médaillé d’or à Cortina d’Ampezzo en 1956.

Egon ZIMMERMANN IOC

Le 30 janvier 1964, la descente, sur la redoutable piste du Patscherkofel à Igls, est la première épreuve de ski alpin des Jeux d’Innsbruck. Elle se déroule devant une foule considérable, entièrement acquise à la cause des skieurs autrichiens, et particulièrement d’Egon Zimmermann. Elle peut s’inquiéter en voyant le Français Léo Lacroix, dossard No 4, dévaler le parcours en 2’18’’90 et s’installer solidement en tête du classement.

Egon Zimmermann est le 7e à s’élancer. Il prend tous les risques, dessine des trajectoires parfaites, soigne ses courbes et arrive sous le bandeau « Ziel » avec une avance conséquente de 74 centièmes sur Lacroix (2’18’’16). Aucun coureur ne parvient ensuite à s’approcher des deux premiers. L’Allemand Wolfgang Bartels vient prendre le bronze en 2’19’’48 et Zimmermann est sacré champion olympique sous les vivats d’un public conquis.

Egon ZIMMERMANN IOC

Egon Zimmermann s’élance trois jours plus tard en grand favori du slalom géant, mais il part à la faute et tombe alors que le Français François Bonlieu s’impose. Il ne prend pas part au slalom disputé le 8 février. Par la suite, le champion de Lech Am Arlberg poursuit sa carrière amateur et participe aux premières saisons de la Coupe du monde de ski alpin, en 1967 et 1968, ainsi qu’aux Jeux de Grenoble où il se classe 13e de la descente.

Après sa carrière, Egon Zimmermann gère un hôtel dans sa station. Le 13 janvier 2012, il est aux côtés de ses compatriotes champions olympiques de descente Franz Klammer et Leonhard Stock pour allumer au Bergisel la vasque des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver à Innsbruck.

Paul GERSTGRASER, Franz KLAMMER, Egon ZIMMERMANN and Angelika NEUNER IOC
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