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En bon apiculteur, Liaklev butine l'or du 5 000 m

Reidar Liaklev est l’un des meilleurs jeunes patineurs norvégiens d’avant-guerre. Il a terminé troisième des championnats de Norvège juniors en 1939 mais ne participera à aucune compétition internationale pendant les huit années suivantes.


Il a alors 30 ans, et souhaite ardemment savoir si les bourgeons qu’il a cultivés dans sa jeunesse peuvent éclore au contact des meilleurs mondiaux. La réponse lui parvient en 1947. Cette année-là, Liaklev participe aux championnats du monde toutes épreuves où il se classe troisième du 5 000 m et premier du 10 000 m, et termine ainsi quatrième du classement général. Il a acquis désormais la confiance nécessaire pour se frotter aux meilleurs patineurs de longue distance de la planète.

Liaklev n’a rien d’un athlète surexcité. Il est receveur des Postes à Jaren, sa ville natale, et également un apiculteur renommé, mais c’est aux Jeux Olympiques d’hiver qu’il va montrer son visage le plus dynamique.

Les conditions du 5 000 m ne sont pas évidentes. Le vent change quasiment tout le temps, et neige et soleil radieux alternent, tandis que sur la piste le plateau est très relevé. Il est composé notamment de Norvégiens, de Suédois et de Néerlandais, apparemment tous en grande forme.

Le premier véritable temps de référence est signé par un Suédois, Göthe Hedlund, qui franchit la ligne en 8’34’’8. Vient alors une paire très intéressante, composée du Norvégien Odd Lundberg - qui a battu Liaklev au championnat national - et du Suédois Harry Jansson. Ce dernier mène la plupart du temps avant que Lundberg ne le double pour finir deux secondes plus vite que Hedlund.

Åke Seyffarth passera tout près d’améliorer ce chrono, mais il verra ses efforts ruinés par une touchette avec un photographe, laissant au seul Liaklev la possibilité d’aller chercher son compatriote. Ce dernier adopte un train rapide et constant, ne montrant aucun signe de fatigue, et signe finalement un temps de 8’29’’4, le seul sous la barrière des 8’30’’, synonyme d’or.

Liaklev semble à nouveau bien parti pour une nouvelle médaille dans le 10 000m, mais il abandonne au deux tiers de l’épreuve après avoir éprouvé des difficultés à respirer dans l’air raréfié. Il poursuivra sa carrière pendant deux saisons supplémentaires avant de retrouver sa vie tranquille, après avoir démontré l’étendue de ses fantastiques possibilités naturelles.

 

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