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Émus, ravis et inspirés : les prétendants aux médailles de Beijing 2022 partagent leurs premiers souvenirs des Jeux Olympiques

Getty Images
Date
24 mars 2021
Tags
Actualités Olympiques, Beijing 2022
Du lever en pleine nuit pour assister à l’action à la répétition de faits héroïques sur le terrain de jeu en passant par les larmes qui montent aux yeux à la vue de l’ampleur et de la taille des Jeux, ces favoris aux Jeux de Beijing 2022 n’oublieront jamais la première fois qu’ils ont aperçu les anneaux olympiques.

Même s’il règne sur l’épreuve olympique du 500 m de patinage de vitesse et qu’il est LE grand favori à son propre titre en 2022, ce sont d’autres athlètes en Lycra qui ont rempli la tête du jeune Havard Lorentzen de rêves de gloire. 

“Je me suis levé à 3h du matin pour regarder le contre la montre aux Jeux Olympiques de 2000 à Sydney : j’étais un fervent adepte de cyclisme”, expliqua-t-il. “Mais comme j’avais tout juste sept ans, je crois bien m’être endormi avant l’arrivée”.

John Morris, curleur canadien double médaillé d’or olympique, se remémore lui aussi avec émotion ses premiers souvenirs des Jeux. Fervent patriote malgré son jeune âge, il fut quelque peu découragé par les efforts déployés par son équipe nationale puis il trouva une solution tout à fait sensée.

“Je me revois regardant les Jeux Olympiques d’hiver de 1988 à Calgary. J’avais huit ans. Je me rappelle que la réussite n’avait pas tellement été au rendez-vous pour le Canada à ces Jeux (nous n’avons remporté que quelques médailles) alors j’ai décidé d’adopter d’autres pays”, expliqua celui qui plus tard prétendrait à l’or à l’occasion des Jeux Olympiques que le Canada organiserait plus tard, en 2010 à Vancouver.

“Je ne sais pas pourquoi, j’ai choisi de soutenir la Norvège et les Pays-Bas. Je regardais le patinage de vitesse et ces sports et je les soutenais parce que je pensais qu’ils avaient l’air cool”.

Le pouvoir des Jeux Olympiques est tel que les fans se font prendre au piège parfois de la manière la plus inattendue qui soit et pour les raisons les plus diverses. Ainsi Patrick Hager, un des piliers de l’équipe allemande de hockey sur glace qui décrocha avec tant de joie la médaille d’argent à PyeongChang 2018, a grandi dans l’amour du biathlon tout simplement parce que sa grand-mère en était une fervente adepte que c’est elle qui avait le contrôle de la télécommande de la télévision.

Cela ne surprendra vraisemblablement personne d’apprendre que le phénomène Usain Bolt a attiré l’attention de plusieurs futures vedettes olympiques. Josie Baff, qui remporta une médaille d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver (JOJ) à Lausanne 2020 (une première pour l’Australie), n’a peut-être pas suivi l’incomparable sprinteur jamaïcain sur la piste mais à l’instar de nous tous le simple souvenir de Bolt exultant après son triple-double fait sourire la snowboardeuse vedette.

Patrick Hager et Josie Baff ont fini par se faire un nom dans leur propre sport : le premier a été obnubilé par l’équipe pittoresque de hockey sur glace de la République tchèque des années 90 qui ajouta à son titre de championne du monde (conquis en 1996) la tant convoitée médaille d’or olympique en 1998 tandis que la deuxième, qui en était encore à ses débuts, écarquillait les yeux en voyant sa compatriote, l’Australienne Torah Bright, remporter la médaille d’or de half pipe à Vancouver en 2010.

“C’était fou car c’est mon père qui l’entraînait et nous la connaissions bien”, indiqua la jeune fille de 18 ans. “Cela m’a ouvert les yeux de voir cela à la télévision. Je savais qu’elle resterait mon idole toute ma vie”.

Il est clair que les relations personnelles aident à convaincre les jeunes esprits que ce qui semble impensable à un moment donné est possible. Le Français Quentin Fillon Maillet était déjà un biathlète prodigieusement doué à 13 ans, alors qu’il regardait les Jeux Olympiques d’hiver de 2006 à Turin, mais voir des athlètes de sa région concourir dans la plus grande manifestation sportive au monde fut bien entendu “une immense inspiration”.

Cependant, il n’est pas forcément besoin de connaître les gens ; il suffit bien souvent d’assister au triomphe d’un athlète portant vos couleurs nationales.

“La première chose qui me vient à l’esprit, c’est Sotchi [2014], lorsque Dominique [Gisin] a remporté la médaille [d’or de ski alpin en descente]. Ça a été un tournant. J’étais chez moi. Ce furent les larmes de Dominique. Ce fut un vrai moment d’inspiration”, révéla Corinne Suter, qui deviendra en 2020 la première Suissesse en 29 ans à décrocher le titre de Coupe du monde en descente qui couronne la saison.

Espoir lui aussi de médaille d’or à Beijing 2022, Iivo Niskanen sait parfaitement de quoi la skieuse suisse de haut vol parle.

“Les skieurs de fond finlandais de 1988 (Jeux Olympiques d’hiver de Nagano) sont mes premiers souvenirs.  Nous étions en famille devant la télévision. Le ski de fond était extrêmement populaire en Finlande à cette époque”, raconta le Finlandais Niskanen, médaillé d’or en sprint par équipes à Sotchi 2014 et en 50 km classique à PyeongChang 2018 .

“Nous avions Mika Myllyla [médaillé d’or à Nagano en 30 km classique et de bronze en 10 km classique – deux des six médailles olympiques à son palmarès pour trois éditions des Jeux], un des plus grands athlètes finlandais. Tous les Finlandais en étaient fans”.


Toutefois, tout n’est pas toujours aussi facile qu’on pourrait le croire. You Young, autre championne de Lausanne 2020, espère bien marcher dans les traces de sa mentor de longue date, Yuna Kim, et remporter ainsi la deuxième médaille d’or de la République de Corée en patinage artistique. Mais la victoire de Yuna Kim à Vancouver 2010 a suscité en You des émotions variées alors qu’elle la regardait voler vers la gloire.

“Je pensais que les Jeux Olympiques étaient une si grande affaire et je me demandais comment les patineuses pouvaient y obtenir des résultats car à cette époque j’étais très nerveuse dans toutes les petites compétitions et je pensais qu’aux Jeux Olympiques ce serait encore pire. Comment Yuna faisait-elle pour réussir si bien ses programmes ?”, dit You dans un grand rire.

“Je n’arrivais pas non plus à comprendre pourquoi autant de patineuses pleuraient après leur passage … à l’époque lorsque je regardais la télé je m’exclamais, ‘Pourquoi est-ce qu’elles pleurent ?’”.

Qu’importe l’expérience, un élément émerge : les premiers souvenirs des Jeux Olympiques ont tous déclenché une histoire d’amour qui n’a jamais faibli.

“C’était le principal sujet de conversation sur les places de jeu”, ajouta l’Allemand Fabian Riessle, quadruple médaillé en combiné nordique, en parlant du combiné nordique des Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City.

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