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Date
06 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Elliott atteint le sommet au 1 500 m avec un record à la clé

Certains athlètes restent des années, voire des décennies au sommet de leur sport avant de pouvoir prétendre à entrer dans la légende. D’autres brillent à la vitesse de l’éclair, mais parviennent néanmoins à laisser derrière eux une trace indélébile. C’est le cas d’Herb Elliott qui n’a participé qu’à une seule édition des Jeux, mais dont l’exploit de Rome en 1960 a suffi à lui ouvrir les portes du panthéon des géants de l’Olympe.


Lorsqu’il se présente à Rome, Elliott détient le record du monde du 1500 m et il est donc le grand favori de cette course. Il est invaincu sur la distance depuis 1954 et s’est imposé à deux reprises deux années auparavant aux Jeux du Commonwealth sur le mile et sur 880 yards. S’il détient les records du monde du mile et du 1500 m, il est aussi très réputé pour ses méthodes d’entraînement non conventionnelles, mises au point par Percy Cerutty, son entraîneur. Ce dernier lui demande souvent de délaisser la piste pour aller courir dans les dunes de sable et de se concentrer en permanence sur sa propre tactique au lieu d’analyser la course de ses adversaires.

En finale du 1500 m à Rome, Elliott prend la tête à un peu plus de 400 m de l’arrivée et accélère à l’amorce du dernier tour. Bien que tous ses rivaux soient décrochés, lui est persuadé qu’un autre coureur est dans sa foulée mais il est trop tendu pour se retourner. Il choisit donc d’accentuer encore plus la cadence pour essayer de décramponner cet adversaire fantôme.

Lorsqu’il attaque la ligne d’en face, Cerutty agite devant lui une serviette blanche pour lui indiquer qu’il est dans les temps d’un nouveau record du monde, mais pris dans le feu de l’action, Elliott n’arrive plus à se souvenir de la signification de ce signal. Il pense même qu’il s’agit d’une preuve supplémentaire que quelqu’un essaye de le dépasser. Il sprinte donc aussi fort qu’il le peut et franchit la ligne en abaissant le record du monde à 3’56’’6.
C’est seulement alors qu’il réalise qu’il a couru tout seul en tête. Le Français Michel Jazy, médaillé d’argent, termine à près de 20 mètres et trois secondes, et déclare sur-le-champ qu’Elliott était « sur une autre planète ».

Elliott semble donc prêt à dominer la discipline pour les années à venir. Mais au lieu de cela, il tire sa révérence un peu plus tard cette même année. Il n’a alors que 22 ans.

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