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Date
28 août 2004

El Guerrouj chasse ses vieux démons olympiques

Hicham El Guerrouj a toutes les raisons d’accuser une certaine nervosité lors de sa préparation pour les Jeux d’Athènes. Ce ne sont pas tant ses qualités qui l'inquiètent, car à l’époque, il est considéré majoritairement comme le meilleur coureur de demi-fond de la planète. Le Marocain est tout simplement hanté par le souvenir des deux éditions précédentes des Jeux Olympiques, où il a été accablé par la malchance.


En 1996, El Guerrouj, alors étoile montante au firmament du demi-fond, est tombé après un accrochage avec l’Algérien Noureddine Morceli. Ce dernier va gagner le 1 500 m, alors que le Marocain terminera bon dernier. Quatre ans plus tard, alors qu’il s’aligne dans le 1 500 m avec le statut de favori, il s’incline, lors d'un sprint final de toute beauté, face à l’inattendu Kenyan Noah Ngeny.

Entre ces deux éditions des Jeux, El Guerrouj a cependant brillé. Il a remporté le titre mondial quatre fois de suite et battu les records du monde du 1 500 m et du mile. À l’amorce de la saison olympique 2004, son palmarès sur les huit années précédentes s’établit à 84 victoires en 87 courses. Il semble donc incontestable que son principal adversaire réside dans sa propre tête. Peut-il exorciser le fantôme de ses précédentes déconvenues olympiques ?

Cette fois, c'est le Kenyan Bernard Lagat qui est présenté comme son principal rival pour la conquête de l’or olympique. C’est donc sans surprise que les deux hommes se retrouvent en tête dans les dernières phases de la finale. À 200 mètres de l’arrivée, ils sont au coude-à-coude et si El Guerrouj se détache légèrement, le Kényan réplique instantanément. À mi-ligne droite, Lagat est devant, mais El Guerrouj arrive à puiser au fond de lui un reste de puissance et de détermination pour reprendre les commandes et franchir la ligne d’arrivée avec seulement 12 centièmes d’avance sur Lagat. Il s’effondre immédiatement avant de se relever pour sauter dans la tribune et enlacer sa femme et leur petite fille. Cette fois, c’est fait, il la tient, sa médaille d’or !


Et ce n’est pas fini. El Guerrouj est en effet également engagé sur 5000 m. Quatre jours après son 1 500 m victorieux, il dispute sa seconde finale, face au lauréat du 10 000 m, l’Éthiopien Kenenisa Bekele, lui aussi ténor de la course de fond. El Guerrouj va passer la majeure partie de la course dans le peloton, ravi de pouvoir s’en remettre à sa pointe de vitesse finale, tout en restant concentré pour éviter tout problème ou tout accrochage. Bekele bénéficie en effet de l’appui de tous ses partenaires, alors qu’El Guerrouj est le seul Marocain du plateau.


À un demi-tour de l’arrivée, Bekele fait l’effort pour se porter en tête, mais El Guerrouj réagit sur-le-champ. Il se lance à la poursuite de l’Éthiopien, le rejoint, puis démarre pour s’imposer de deux dixièmes. Il devient ainsi le premier coureur à réaliser le doublé 1 500 m – 5 000 m lors des mêmes Jeux Olympiques, depuis le légendaire Finlandais Paavo Nurmi en 1924.

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