skip to content
Date
06 mars 2015
Tags
Actu CIO

Edgar Grospiron : Le premier champion olympique des bosses raconte une journée particulière

Vainqueur de l’épreuve de bosses des Jeux d’Albertville en 1992, Edgar Grospiron a ouvert le palmarès de sa discipline. Il raconte cette journée si particulière dans ce nouvel épisode de notre série « Paroles d’Olympiens ».


Ce jeudi 13 février 1992, le stade de bosses de Lognan à Tignes est noir de monde. Une imposante foule pleine d’enthousiasme est massée sous des trombes de neige pour assister à la toute première compétition olympique de bosses. La discipline est apparue en démonstration à Calgary en 1988, avant être officiellement inscrite au programme des Jeux d’Albertville. Premier des qualifications la veille, Edgar Grospiron s’élance en finale avec le dossard n°16. Au matin de la course, il s’est simplement dit : « C’est une journée fantastique, chaque seconde doit durer une minute, chaque minute doit durer une heure, et si j’arrive à ça, j’aurai gagné ma journée ». Il se montre impeccable sur ses 31 secondes et 23 100/e décisives de parcours, rapide, sans jamais se désunir, genoux collés, sauts impeccables, il domine son sujet et ses adversaires et devient pour l’histoire le premier champion olympique de sa discipline.

La neige tombe toujours dru lorsqu’Edgar Grospiron monte sur la première marche du podium sous les viva d’un public aux anges, accompagné de son compatriote Olivier Allamand pour un doublé français dans cette épreuve, et de l’Américain Nelson Carmichael, médaille de bronze. « Ce fut le moment le plus intense », raconte-t-il. « On était en France, je suis Français, c’était pour une médaille d’or. Tous les gens qui étaient là, c’était ma famille, mes amis très proches, et quand on m’a appelé, je suis monté, je me suis retrouvé là, j’ai entendu la Marseillaise, j’ai vu le drapeau monter, et j’ai refait tout le film de ma vie, toutes les décisions que j’avais pu prendre, tout le travail que j’avais pu faire, et ces choix qui m’ont amené là, ce jour-là, sur le podium. C’était très fort ».

Edgar Grospiron nait dans le Jura à Lélex le 19 mars 1969, puis sa famille s’installe dans les Alpes, dans la région d’Annecy. Il est dès sa jeunesse un des pionniers du ski acrobatique en France et participe à l’âge de 18 ans aux Jeux de Calgary pour l’épreuve de démonstration qui y est organisée.  « Ce qui m’a vraiment marqué, c’est la cérémonie d’ouverture. Pouvoir y participer, pouvoir y rencontrer tous ces athlètes que je ne connaissais pas. Et de voir que tout le monde était réuni autour du même rêve, du même idéal.. ouah, il y a une espèce de communion qui se fait et là, quand on dit « il y a une famille olympique », quand on est olympien, tu comprends le sens de ce mot là quand tu te retrouves dans une cérémonie d’ouverture. Cela m’a fait la même chose à Albertville, la même chose à Lillehammer »…

Trois fois champion du monde, en 1989 à Oberjoch (Allemagne), en 1991 à Lake Placid (Etats-Unis) et en 1995 chez lui à La Clusaz (1995), quatre fois vainqueur de la Coupe du monde de bosses de la FIS (1990, 1991, 1992, 1994), encore médaillé de bronze aux Jeux de Lillehammer 1994 derrière le Canadien Jean-Luc Brassard (or) et le Russe Sergei Shupletsov (argent), Edgar Grospiron met un terme à sa carrière sportive en 1995 après son ultime triomphe à domicile. Il reste par la suite proche du milieu du ski acrobatique, devient consultant en management et motivation, conférencier, commentateur à la télévision et à la radio, et prend la tête de la candidature d’Annecy à l’organisation des Jeux d’hiver 2018 avant de démissionner. Il est l’auteur en 2006 d’un livre à succès, « Quand on rêve le monde » préfacé par Jean-Claude Killy. Une piste noire de La Clusaz est nommée en son honneur : « le mur Edgar ».

Tags Actu CIO
back to top