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Date
17 oct. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Athlétisme

Eaton confirme son statut de ténor du décathlon

Le décathlonien américain Ashton Eaton est un adepte de la récidive. Non content d’avoir battu en 2012 le vieux record du monde de Roman Sebrle, dans les conditions peu favorables - froid et pluie - de son Oregon natal, le numéro un mondial incontesté a établi une nouvelle marque de référence de 9 045 points lors des Championnats du monde de 2015, décrochant au passage son deuxième titre mondial.

Le spécialiste des épreuves combinées a également amélioré son propre record du monde de l’heptathlon en 2012, lorsqu’il a obtenu le premier de ses trois titres mondiaux en salle, le dernier datant de 2016 à Portland où son épouse canadienne Brianne Theisen-Eaton a également été sacrée au pentathlon. Et à l’aune du reste de sa brillante carrière, l’athlète polyvalent américain a également réalisé le doublé sur la scène olympique. Après avoir décroché une première médaille d’or au décathlon à Londres 2012, il a conservé son titre à Rio, devenant ainsi le troisième athlète seulement à y parvenir, après son compatriote Bob Mathias, champion olympique en 1948 et 1952, et le Britannique Daley Thompson, médaillé d’or en 1980 et 1984.

Ashton Eaton Getty Images

Invaincu depuis 2011, et pourtant toujours réticent à endosser l’étiquette de « plus grand athlète du monde », son indéfectible modestie oblige, l’Américain âgé de 28 ans était donné comme grand favori pour conserver sa couronne olympique. Après avoir pris les commandes du concours lors de la deuxième épreuve, avec un bond de 7,94 m au saut en longueur, il a effectué la course en tête jusqu’au bout, non sans avoir frisé la correctionnelle une fois ou deux.
Un jour, il faudra que je rencontre Daley, que je lui serre la main et que je le remercie de m’avoir donné un objectif à atteindre. Ashton Eaton USA

Ainsi, dans la huitième épreuve, le saut à la perche, Eaton a dû avoir recours à trois essais pour effacer 4,90 m et éviter un zéro pointé qui aurait mis sérieusement en péril son objectif. Au passage, il s’est blessé à l’épaule, ce qui a contrarié sa progression dans l’avant-dernière discipline, le javelot, qui a vu le Français Kevin Mayer se replacer dans la course à la médaille d’or avec un jet à 65,04 m. Confronté à un défi inattendu, Eaton s’est alors arraché pour réaliser un troisième et dernier lancer à 59,77 m, qui lui a octroyé un mince avantage de 44 points avant le 1 500 m. Et alors qu’il ne devait pas concéder plus de sept secondes au Français, le champion sortant l’a doublé dans le dernier tour pour conserver son titre au forceps et avec panache.

« Gagner deux titres olympiques d’affilée comme Daley Thompson, c’est très particulier », a déclaré le double médaillé d’or, dont le total de 8 993 points a égalé le record olympique établi par Sebrle à Athènes 2004. « Un jour, il faudra que je rencontre Daley, que je lui serre la main et que je le remercie de m’avoir donné un objectif à atteindre. »

Résumant ce qui fait d’Eaton un tel compétiteur, Harry Marra, son entraîneur qui est aussi celui de son épouse Brianne, a indiqué : « Il y a beaucoup de bons athlètes, mais parfois lorsque cela se passe mal dans une épreuve, cela a des répercussions sur tout le concours. Cela n’a pas été le cas et il a continué à se battre. Gagner à nouveau l’or du décathlon quand beaucoup de choses peuvent mal tourner, c’est impressionnant. C’est historique. »

Après avoir accompli tout ce qu’il y avait à accomplir dans son épreuve et à l’approche de son 30e anniversaire, Eaton a passé les jours qui ont suivi son triomphe carioca à minimiser les bruits évoquant un éventuel triplé olympique, dans quatre ans à Tokyo, en tweetant à ses fans qu’il n’irait « probablement pas » au Japon. Et pourtant, avec deux médailles d’or à son palmarès, l’opportunité d’y ajouter une troisième et de faire cavalier seul dans l’histoire du décathlon pourrait s’avérer trop tentante pour résister au plus talentueux, et néanmoins réaliste, des athlètes.


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