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Date
28 juil. 1976
Tags
Montréal 1976

Drut l’éclectique s’envole vers la gloire - Athlétisme

De temps en temps, un athlète émerge avec un talent inné et des qualités athlétiques naturelles telles qu'il ne sait où donner de la tête, à l’heure de choisir une discipline.


Cela a été un peu le cas du Français Guy Drut. Au milieu des années soixante, il détient les records nationaux juniors du décathlon, de la perche et du 110m haies et, dans la foulée, il remporte plusieurs titres nationaux seniors dans plusieurs disciplines. En bref, il incarne vraiment l’athlète français d’exception de sa génération.

Finalement, le natif du Pas-de-Calais jette son dévolu sur les haies hautes et il effectue sa première grande sortie internationale aux Championnats d’Europe de 1969. Il n’a alors que 18 ans.

Drut y atteint la finale du 110m haies, où il se retrouve opposé à plusieurs des grands hurdlers de l’époque : la paire britannique Alan Pascoe et David Hemery, champion olympique du 400m haies en 1968, ainsi que l’Italien Eddy Ottoz, son partenaire d’entraînement.

Drut échoue au pied du podium alors qu’Ottoz souffle le titre européen au duo britannique. Il est toutefois clair que le jeune Français, doté d’un finish aussi fulgurant, va bientôt s’offrir quelques scalps, et non des moindres.

Trois ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Munich de 1972, Drut termine deuxième, un mètre derrière l’Américain Rod Milburn qu’il a talonné jusqu’à l’arrivée.

Quelques mois auparavant, il est devenu champion d'Europe en salle du 50m haies et il récidivera deux ans plus tard en plein air sur 110m haies, au stade olympique de Rome.

Dans les semaines qui précèdent Montréal 1976, le Français a une idée fixe : mettre un terme à l’hégémonie des États-Unis sur le 110m haies, épreuve qui ne leur a plus échappé depuis 1928 !

Curieusement, Drut ne gagne ni sa série ni sa demi-finale, mais il n'en assure pas moins sa qualification. Le Jour J, lorsqu'il prend place dans le couloir 5, il semble prêt pour son rendez-vous avec la gloire.

Même un départ en demi-teinte ne le détournera pas de son destin puisqu’il termine en trombe, sa marque de fabrique. En 13’’30, il devance le Cubain Alejandro Ramirez d'un pied tandis que l'Américain Willie Davenport termine troisième.

Il ne sait pas encore qu’il a gagné, mais lorsque les officiels confirment le résultat, le Français, sur un nuage, entame un tour d’honneur et une folle danse de Saint-Guy !

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