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OIS
Date
05 oct. 2018
Tags
Actualités Olympiques, JOJ, Buenos Aires 2018
Buenos Aires 2018

Donna De Varona, pionnière de l'égalité des sexes, exhorte le sport à soutenir les femmes

Plus de postes de direction dans les médias et l'administration devraient être occupés par des femmes, dit Donna de Varona, triple médaillée d'or aux Jeux Olympiques. 


La discrimination envers les femmes a contraint la triple médaillée d'or olympique Donna De Varona (États-Unis) à cesser de nager à l'adolescence. Elle demande maintenant davantage de femmes cadres dans les fédérations internationales et des changements dans la couverture médiatique du sport féminin.

 "Nous devons parler des femmes d'une manière différente, les promouvoir comme si nous couvrions le sport masculin et il faut que plus de femmes passent à la télévision aux heures de grande écoute", a déclaré Donna De Varona, 71 ans, s'adressant jeudi aux Jeunes reporters du programme du CIO. "Nous avons besoin de plus présentatrices et de plus de femmes aux postes de direction."

 Donna De Varona a remporté son premier titre olympique à l'âge de 13 ans aux Jeux olympiques de Rome en 1960, devenant une célébrité mondiale figurant sur les couvertures des magazines sportifs. "Les articles de presse évoquaient généralement 'La petite fille qui a nagé si vite', 'La jolie petite fille' ou 'La petite sirène', et non pas, 'La détentrice du record du monde', ni "Celle qui a battu tout le monde aux Jeux Olympiques'."

 Cependant, après avoir remporté deux autres médailles d'or à Tokyo en 1964, elle fut obligée de quitter le sport. Alors que ses partenaires d'entraînement masculins recevaient des bourses universitaires, Mme De Varona n'a pas pu continuer sans aucun revenu. À 17 ans, elle a décidé de devenir commentatrice à la télévision pour rester proche du sport.

 "Je pensais que si je devenais journaliste, je pourrais un jour dire à quel point c'est injuste - les athlètes masculins reçoivent plus que les femmes. Je vais essayer de faire une différence." Elle a commenté la natation aux Jeux de 1968 à Mexico, mais quand elle s'est aventurée dans la couverture d'autres sports, sa présence a "déplu" à nombreux collègues masculins.

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 "J'ai dû me battre plus fort et plus vite que quiconque. Je devrais travailler à Thanksgiving, à Noël et à tous les jours fériés, car pour gagner le respect de mes producteurs et de mes collègues, je devais payer mon tribut. Je devais apporter le café, me lever tôt le matin, faire tout ce que je pouvais pour me faire respecter. Et à certains égards, je ne l'ai jamais fait".

 En plus de ses médailles en natation, Donna De Varona est aujourd’hui une journaliste primée, une activiste membre fondatrice de la Women’s Sports Foundation. Elle a constaté de nombreuses améliorations pour les femmes dans le sport depuis ses débuts aux Jeux Olympiques, il y a 58 ans, alors qu'il n'y avait que 611 femmes sur les 5338 concurrents. Les JOJ de Buenos Aires 2018 sont les premiers Jeux de l’histoire olympique où il y a autant d'athlètes féminines que d'athlètes masculins. 

Cela fait longtemps que je suis sur le chemin vers l'égalité des sexes, mais ce qui me passionne, c'est que sur les terrains de jeu, les femmes ont été acceptées et le Comité International Olympique (CIO), ainsi que les fédérations, ont pris le leadership. Donna de Varona USA

 Toutefois, selon les chiffres du CIO de 2015, 14% seulement des membres des conseils exécutifs des fédérations internationales reconnues par le CIO étaient des femmes. Prenant un autre exemple d’inégalité entre les sexes dans le sport, De Varona signale que la dernière journée de compétition des Jeux Olympiques de Rio 2016 a été marquée par dix médailles d’or masculines et seulement deux féminines.

 "Nous avons une vieille tradition où les personnes impliquées dans la prise de ces décisions le font depuis que j’ai 18 ans, 19, 20 et 30 ans. Elles y participent toujours. Donc, pour vraiment y arriver, pour ouvrir leurs esprits, nous avons besoin des faits. Espérons que ces faits leur ouvriront effectivement l'esprit. Ainsi, en 2020 lors des Jeux Olympiques de Tokyo, nous n'aurons pas que deux finales féminines le dernier jour, nous aurons un nombre égal d'épreuves".

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