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2016 Getty Images
Date
04 nov. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Voile

Dix séries de voile, dix régates finales passionnantes au bout du suspense!

Les podiums de la voile se sont décidés sur trois journées de courses aux médailles, les régates finales disputées dans la baie de Guanabara. Suspense total pour les podiums dans certaines séries, domination plus marquée sur l’ensemble de la compétition dans d’autres, il n’y a eu dans tous les cas que de magnifiques vainqueurs à Rio 2016.

La première course aux médailles des Jeux de Rio 2016 dans la baie de Guanabara a mis aux prises les concurrentes de la planche à voile RS:X, le dimanche 15 août, pour un suspense maximal! Avant cette régate où les points comptaient double, elles n’étaient pas moins de six à prétendre aux places sur le podium, sans qu’aucune médaille ne soit jouée à l’avance : l’Italienne Flavia Tartaglini, en tête du classement général, suivie de la Russe Stefaniya Elfutina, de la Chinoise Chen Peina et de la Française Charline Picon, ex-aequo en 4e position, de l’Israélienne Maayan Davidovich et de l’Espagnole Marina Alabau Neira, tenante du titre. Elles se tenaient en effet en six petits points, s’étant partagé les victoires et les places d’honneur dans les 12 précédentes courses. 

Jamais une régate finale de planche olympique n'a été aussi incertaine! Dans des petits airs, alors que le départ a été retardé de plus d'une heure faute de vent, la Néerlandaise Lilian de Geus a coupé la ligne d’arrivée la première. Un résultat anecdotique, dans la mesure où tout s’est joué derrière elle. Charline Picon s’est adjugée la médaille d’or en prenant la 2e place, devançant toutes ses rivales à commencer par Chen qui a fini derrière elle pour prendre la médaille d’argent. Tandis qu’Elfutina, 7e, a accroché le bronze, Flavia Tartaglini, en tête avant cette ultime course et longtemps leader au général, a craqué et a été éjectée du podium.
« C'était un scénario de cinéma, j'ai encore du mal à réaliser. À la ligne d'arrivée, je savais que c'était bon et j'ai lâché beaucoup d’émotion », a réagi Charline Picon, qui quelques minutes après la délivrance s'est jetée dans les bras de Cédric Leroy, son entraîneur depuis quatre ans. « On a pleuré ensemble, il était aussi dans l'émotion, il m'a dit que j'étais trop forte », a-t-elle ajouté, un drapeau tricote sur les épaules. « Depuis quatre ans, malgré les titres, je n'avais pas montré la moindre émotion, pas une larme, toujours droit dans mes bottes, a ajouté son entraîneur. Et là vous voulez savoir? J'ai pleuré, c'est une très belle aventure. »

En planche à voile hommes, tout était joué avant l’ultime course. Le véliplanchiste néerlandais Dorian van Rijsselberghe comptait suffisamment d'avance, à l'issue des régates du vendredi 12 août, pour conserver son titre olympique. Il ne pouvait plus être rejoint lors de la dernière sortie qui a réuni les dix premiers du classement général. Le Britannique Nick Dempsey, déjà son dauphin à Londres, occupait la deuxième place et ne pouvait pas être rejoint non plus. 

Mais Dorian van Rijsselberghe, quasiment intouchable dans la baie de Guanabara sur sa planche à voile RS:X, s’est tout de même payé le luxe de remporter cette dernière régate, qui en théorie compte tant, mais qu’il a pourtant abordée comme un double champion olympique. « Je suis très heureux, a-t-il dit. On a eu une merveilleuse semaine de voile et aujourd’hui, c’était en quelque sorte un show, mais je suis content d’avoir pris une nouvelle première place et d’avoir gagné cette régate. J’ai beaucoup de chance ». Etait-ce si facile de remporter une course aux médailles qui ne représentait plus d’enjeu pour lui ? « Ce n’est jamais facile, mais quand vous rendez les choses faciles, c’est toujours très bon ! » 
Nick Dempsey n’est pas déçu de cette nouvelle médaille d’argent. « Non, je ne serai jamais déçu. Vous savez, je me suis entraîné dur ces quatre dernières années, et j’ai tout donné. Je ne pouvais pas me demander plus. J’ai juste été assez bon pour la 2e place ici et j’en suis très content. » 

La bataille pour le bronze a en revanche été intense et c’est le Français Pierre Le Coq qui en est sorti médaillé. La fenêtre était pourtant très étroite pour le Breton de Saint-Brieuc qui partait en 4e position au général et devait impérativement devancer le 3e, le champion du monde polonais Piotr Myszka. Les deux rivaux ont disputé un véritable "match race » et le Français a finalement coupé la ligne d’arrivée en 7e position alors que le Polonais a terminé 9e. 

Laser Radial femmes : la Néerlandaise Marit Bouwmeester sacrée
La Néerlandaise Marit Bouwmeester, très présente à l’avant de la flotte durant les dix régates de la semaine, a remporté l’or du Laser Radial en se classant 7e de la course aux médailles qui a vu la Britannique Alison Young couper la ligne d’arrivée la première. En prenant la 5e place de cette ultime course, l’Irlandaise Annalise Murphy a dépassé, sur l’eau et sur le podium, la Danoise Anne-Marie Rindom qui a terminé 8e et doit se contenter de la médaille de bronze. 
« Je ne pense pas qu’il existe quelque chose comme ‘La Néerlandaise volante’, mais je suis très fière de représenter les Pays-Bas, c’est une grande nation sportive », a dit Marit Bouwmeester. 

Annalise Murphy, qui avait raté le podium de peu à Londres en 2012, a indiqué qu’elle était ravie de reléguer aux oubliettes ce mauvais souvenir. « C’est incroyable. J’avais le cœur brisé après Londres. J’ai été placée en position idéale pour le podium toute la semaine. Avoir été dans le coup comme cela, c’est fabuleux. »

Le titre du Laser hommes pour Tom Burton 
L’Australien Tom Burton a joué un coup tactique gagnant lors de la procédure de départ pour arracher la médaille d’or des mains du Croate Tonci Stipanovic, qui avait mené le classement général au cours des dix précédentes régates. Les deux marins sont entrés dans la course aux médailles certains de finir premier et deuxième, mais dans quel ordre? Stipanovic a dû effectuer un tour de pénalité, et s’est classé 9e, avec pour conséquence la médaille d’argent plutôt que le titre. Burton a franchi la ligne d’arrivée en 3e position. Il succède à son compatriote Tom Slinsgby, titré à Londres en 2012.
Sailing © Getty Images
La médaille de bronze est allée au Néo-Zélandais Sam Meech, qui a réussi à se classer 4e de la dernière course, ce qui a juste suffi à mettre un terme aux espoirs du Brésilien Robert Scheidt. Ce dernier a pourtant coupé la ligne d’arrivée le premier en réalisant une des plus belles régates de sa longue carrière, mais à 43 ans, il termine au pied du podium, alors qu’il visait une 6e médaille en six Jeux Olympiques, ce qui aurait constitué un record.
C’était un site absolument fait pour les marins polyvalents. La régularité était la clé Tom Burton
« C’était un site absolument fait pour les marins polyvalents. La régularité était la clé », a expliqué Tom Burton. Quant au médaillé d’argent Tonci Stipanovic, il a souligné que la déception de la médaille d’argent avait moins d’importance que la fierté de signer le premier podium de la Croatie en voile olympique. « Le sentiment de perdre lors de la dernière journée n’est pas cool, mais je suis très heureux avec cette médaille. C’est la première pour mon pays en voile, c’est le plus important, et je savais déjà il y a quelques jours que j’avais fait du bon travail ». 

En Nacra 17, Santiago Lange met fin à une longue quête
L'Argentin Santiago Lange a attendu 54 ans et sa 6e participation aux Jeux Olympiques pour remporter son premier titre olympique en catamaran Nacra 17, associé à Cecilia Carranza Saroli, de 25 ans sa cadette. 

« Nous ne nous y attendions pas », a réagi Lange qui ajoute l'or à ses deux précédentes médailles de bronze. « Je courais après l'or depuis les années 80, j'ai donc travaillé énormément pour ça », a ajouté ce familier du circuit de la Coupe de l'America, et qui s'est remis d'un cancer du poumon.
Le binôme, qui a apporté sa 2e médaille d'or des Jeux cariocas à la délégation argentine, s'est contenté de la 6e place dans la régate finale, un résultat suffisant pour devancer les Australiens Jason Waterhouse et Lisa Darmanin. Les Autrichiens Thomas Zajac et Tanja Frank, rares médaillés issus d'un pays sans aucun accès à la mer, ont pris le bronze.

Grand favori avant le coup d'envoi, le Français Billy Besson, quadruple champion du monde avec Marie Riou, mais qui souffrait d'une hernie discale depuis un accident d'entraînement, a terminé à la 6e place finale. Les Français ont fini 5e de cette ultime régate, à l'issue d'une semaine très difficile physiquement.

Giles Scott maitre du Finn 
Le Britannique Giles Scott était déjà assuré de l’or avant la course aux médailles, ayant engrangé suffisamment de points au classement général pour ne pas être repris. En s’adjugeant le titre, il a poursuivi la série du « Team GB » en Finn, démarrée par Iain Percy à Sydney 2000, et poursuivie par Sir Ben Ainslie lors des trois Jeux Olympiques suivants. 

Dans une féroce bataille pour les places d’honneur sur le podium, et dans des conditions de vent quasi parfaites, le Slovène Vasilij Zbogar a réussi à prendre la 8e place de la course aux médailles gagnée par l’Américain Caleb Paine devant Giles Scott, pour empocher la médaille d’argent. Quant à Paine, sa magnifique régate lui a permis de remonter de la 4e place au classement général pour empocher la médaille de bronze. 
Scott, qui a expliqué « avoir la tête dans les étoiles », s’est montré capable de naviguer relax mais avec une belle efficacité dans la dernière régate alors qu’elle n’avait plus d’enjeu pour lui. « Cela veut dire beaucoup. J’ai essayé de me qualifier pour les deux précédentes éditions des Jeux, alors gagner ma place à Rio, c’était déjà énorme ! »

Vasilij Zbogar qui est venu au Finn après avoir gagné deux médailles en Laser, était particulièrement heureux d’ajouter l’argent à sa collection. « Je suis très satisfait que tout se soit terminé dans le bon sens avec cette 2e place, qui pour moi est un rêve. Je suis extrêmement fier, et heureux d’avoir pu naviguer avec régularité durant toute la semaine, afin de monter sur le podium! »

Un bouquet final le dernier jour 
Martine Grael et Kahena Kunze ont réalisé une course aux médailles à couper le souffle au terme de ces dix jours de compétition dans la baie de Guanabara. A la surprise générale, elles ont gagné l’or pour le Brésil dans l’épreuve très serrée du 49er FX dames.

A l’issue de cette ultime régate, probablement la plus chaudement disputée des courses aux médailles du jour, les Danoises Jena Hansen et Katja Salskov-Iversen ont empoché le bronze, boutant hors du podium les Espagnoles Tamara Echegoyen Dominguez et Berta Betanzos Moro qui pointaient en première position au classement général avant cette course où les points comptaient double. 
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Cette victoire de Martine Grael a mis le public en transes. Elle a décroché la huitième médaille olympique familiale sous la bannière auriverde. Son père Torben, qui est l’entraîneur en chef de l’équipe de voile brésilienne, compte à son tableau de chasse cinq médailles dont deux en or, tandis que son oncle Lars était monté deux fois sur la troisième marche du podium dans la classe Tornado. 

Dans la course aux médailles, l’Espagne, le Brésil, la Nouvelle-Zélande et le Danemark n’étaient séparés que par un seul point en tête du classement général. Aux cours de la régate, les Brésiliennes ont compté jusqu’à 26 points de retard sur les Néo-Zélandaises qui menaient la flotte, mais elles ont effectué une remontée fantastique pour couper la ligne d’arrivée les premières et s’adjuger la médaille d’or deux secondes devant les Kiwis Alex Maloney et Molly Meech. Les Danoises Katja Steen Salskov-Iversen et Jena Hansen ont passé la ligne d’arrivée en 4e position et ont pris le bronze. 

Burling et Tuke ajoutent l’or de Rio à l’argent de Londres en 49er
À l’inverse de l’épreuve féminine, les vainqueurs de la série 49er chez les messieurs étaient déjà connus avant la course aux médailles. Le duo néo-zélandais Peter Burling et Blair Tuke s’était déjà ménagé une confortable avance sur ses plus proches rivaux. Les deux marins, qui avaient gagné l’argent à Londres en 2012, ont expliqué que c’était la récompense de huit années de dur labeur pour enfin décrocher un titre olympique. Les Australiens Nathan Outteridge et Iain Jensen, tenants du titre, se sont contentés de la médaille d’argent.

« Blair et moi nous avons évidemment besoin de fêter ça !, a déclaré Peter Burling enchanté. On a tout donné ces quatre dernières années, et même les quatre années précédentes. Travailler autant pour que tout s’emboîte lors d’une semaine comme celle-ci, c’est incroyable ! »
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Nathan Outteridge, qui disputait sa troisième olympiade avec déjà une médaille d’or en poche, a déclaré que les Jeux restent pour lui aussi excitants qu’au premier jour. « Cela a toujours été une passion et un rêve de participer aux Jeux Olympiques… Ce sont mes troisièmes, et maintenant, toucher l’or et l’argent sur ces trois participations c’est plutôt une bonne performance. »

Le bronze est revenu aux Allemands Erik Heil et Thomas Ploessel qui disputaient leurs premiers Jeux Olympiques, et qui sont parvenus terminer à la 3e place de la course aux médailles devant les Australiens. « Je suis vraiment content d’avoir gagné cette médaille, a dit Ploessel. J’en ai toujours rêvé. C’est un bon début pour notre toute première participation aux Jeux. » 

La paire britannique Mills et Clark s’impose en 470 féminin
Les Anglaises Saskia Clark et Hannah Mills, médaillées d’argent aux Jeux Olympiques de Londres 2012, ont tenu leur marge d’avance de 20 points au général jusqu’au dernier jour pour s’assurer de n’avoir qu’à terminer la course aux médailles afin de s’assurer de le titre. A l’arrivée, elles ont pris la 8e place, une performance suffisante pour maintenir leur avance, réduite à 10 points. Les Néo-Zélandaises Jo Aleh et Polly Powrie ont décroché l’argent, tandis que la paire française Camille Lecointre et Hélène Defrance s’est attribuée le bronze en coupant la ligne d’arrivée à la 6e place, écartant les Américaines du podium puisqu’elles ont fini 10e.
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« Dès la première fois où j’ai navigué avec Hannah, j’ai su que nous pouvions réussir quelque chose de spécial, a déclaré Clark. On a eu des hauts et des bas ensemble, mais on est resté soudées jusqu’au bout. » Mills a ajouté : « C’est tout ce dont nous avions toujours rêvé, nous sommes très heureuses ! »

La médaillée d’argent Jo Aleh a été soulagée d’atteindre le podium après ce qu’elle a décrit comme une compétition acharnée. « On est rincées. On s’est battu toute la semaine et la course aux médailles a été très dure. »
Sime Fantela et Igor Marenic décrochent une première en or chez les messieurs en 470 
Sime Fantela and Igor Marenic ont remporté la toute première médaille d’or olympique pour la Croatie en voile dans la série 470, surmontant le défi que leur proposaient leurs adversaires australiens. 

« Je suis fier de notre équipe croate, a déclaré Fantela. Je suis reconnaissant envers l’équipe qui m’entoure parce qu’elle nous pousse à aller de l’avant. » Dans cette épreuve si souvent remportée par les équipages de l’hémisphère sud, Fantela a expliqué que le fait d’observer les australiens a contribué à faire progresser son équipe.
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« L’Australie a toujours représenté un objectif d’entraînement pour nous. Cela faisait partie de notre motivation. On s’est prouvé à nous même que notre façon de nous entraîner fonctionnait et qu’on n’avait juste qu’à s’en tenir à notre plan. C’est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd’hui. » 

« On savait tous que ce serait une lutte jusqu’au bout, a déclaré l’Australien Ryan. Ce n’était peut-être pas beau à voir, mais la course était serrée. »

Pavlos Kagialis et son coéquipier Panagiotis Mantis ont décroché une médaille de bronze qui était attendue depuis de longues années en Grèce. « Ca fait trop longtemps qu’on attend ça, cette médaille est un cadeau pour tous les skippers du pays. »
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