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Ian Jones IOC
Date
18 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , , , , Actu CIO

Discussion avec les champions : réaliser ses rêves olympiques


Lindsey Vonn (ski alpin), Wolfgang Linger (luge), Shelley Rudman (skeleton) et Eric Alard (bobsleigh) ont participé à une séance de « discussion avec les champions » organisée dans le cadre du programme Apprendre et partager, sur le thème « réaliser ses rêves olympiques ».

Lindsey, Shelley, Wolfgang et Eric sont d’abord interrogés sur l’importance de l’entourage dans la réussite du champion et les choix qu’on peut être amené à faire dans ce domaine. « C’est plus facile de ne pas avoir à s’en occuper seul. Je courais avec mon frère et il y avait mes parents. Ils nous ont aidé à choisir les bonnes personnes, les bons entraîneurs », explique Wolfgang Linger, qui a remporté deux médailles d’or (Turin 2006 et Vancouver 2010) en double avec son frère Andreas. « Mais les derniers choix, c’était nous qui les faisions. Si quelque chose se passait mal, c’était de notre faute. Donc s’il nous fallait un physiothérapeute ou un coach mental, ou changer quelqu’un dans notre équipe, nous faisions notre propre choix. Mais jamais dans l’urgence, toujours en y réfléchissant ».

Lindsey Vonn explique que sa famille est toujours restée au centre de son entourage immédiat. D’abord son père, qui a été le moteur de ses débuts. « On avait fait un plan à cinq ans pour que je dispute les Jeux Olympiques de 2002 à Salt Lake City ». Mais un moment est arrivé où elle s’est brouillée avec lui. Ils ne se sont plus parlé durant quelques années. « C’est l’aspect difficile d’avoir vos parents autour de vous. Ils vous soutiennent mais, vous devez aussi prendre vos décisions vous-même.  Nous sommes passés par des temps difficile, mais maintenant tout va bien. Il arrive un moment où on doit laisser tous les problèmes de côté, et être une vraie famille ».

Shelley Rudman, médaillée d’argent à Turin en 2006, insiste elle aussi sur l’importance des parents, qui dans son cas, ont dû faire de gros sacrifices pour l’aider à réussir. « Je me suis accrochée et j’ai pu tenter d’atteindre les Jeux Olympiques, et par chance, j’y ai rencontré le succès. Et là, le soutien financier est arrivé, une belle récompense pour moi et ma famille ».

Equilibre

Que faire quand on évolue avec une personne négative qui risque de dégrader l’ambiance ? Eric Alard, deux fois olympien et entraîneur en chef de l’équipe de bob à 2 suisse médaillée d’argent en 2014 à Sotchi, prend la parole : « Je pense qu’il faut discuter, pour voir si l’impact négatif d’un membre de votre équipe ne vient pas d’un malentendu au départ. Et si ça continue, il faut trouver d’autres personnes autour de vous, susceptibles  d’apporter une attitude positive. Regardez, ici, depuis quelques jours, vous rencontrez des gens de tous les pays. Vous devez garder l’esprit ouvert, être curieux, et toujours parler avec les autres. Là, vous pourrez trouver une énergie positive qui rejaillira sur vos équipiers. Il ne faut pas oublier que dans Jeux Olympiques de la Jeunesse, il y a le mot Jeux ! ».

Comment se changer les idées avant les compétitions ? Wolfgang Linger a la réponse : la lecture. Mais il faut que le livre soit très bon, afin « de plonger son esprit dedans. Ça m’a beaucoup aidé avant les courses ! » Pour Shelley Rudman, ça a d’abord été les études, et ensuite le fait de devenir mère. Elle a même emmené ses enfants sur ses lieux de compétition à travers le  monde. « On s’est bien amusés ! ».

Arrive une question sur l’équilibre nécessaire entre sa vie sportive, ses études, sa famille et ses amis. « Il ne faut pas penser sport, manger sport, dormir sport car après quelques mois, c’est le trop plein, vous ne voudrez plus continuer » dit Eric Alard, « Il faut absolument avoir d’autres centres d’intérêt dans la vie ». Shelley Rudman ajoute : Vous êtes tous à un moment très important de votre carrière, car vous poursuivez des études en dehors du sport, vous êtes encore flexibles. Plus tard en compétition, vous n’aurez plus le temps. Il faut continuer à étudier, à préparer votre vie après le sport, car si ça n’a pas beaucoup de sens pour vous aujourd’hui, ça va arriver très  vite ».

Pression positive

Faut-il écouter de la musique avant de concourir ? Lindsey Vonn, championne olympique de descente en 2010, seule athlète encore en activité parmi les champions présent dans cette discussion, parle de ce qu’elle vit… cet hiver même : « Ca dépend des courses. Je les prends comme elles viennent. Des fois, je suis super nerveuse, très excitée. Si j’ai la chance de battre un record ou de faire quelque chose de spécial, il faut d’abord que je me calme. Des fois c’est moins excitant, là j’écoute un peu de rap. Il faut juste voir comment on se sent, et se préparer au mieux pour gérer votre condition physique et vos émotions ».

Une jeune athlète veut savoir quels obstacles ils ont dû surmonter et de quelle façon cela a pu changer leur perspective. Wolfgang Linger répond que pour lui, cela a été une mauvaise blessure à la jambe. Il raconte comment il a su se remettre, arrêter de broyer du noir pour adopter une attitude positive, et faire tout ce qu’il fallait pour revenir encore plus performant. Shelley Rudman, elle, a dû surmonter son échec aux Jeux de Vancouver. « Devais-je repartir en sachant qu’il faudrait attendre 4 ans de plus ? Je me suis éloignée du sport. Puis je me suis dit « que veux-tu réussir ? »  La retraite ? Pas encore, il me reste des choses à accomplir. Je me suis fixé des objectifs : « je peux gagner un titre mondial, je peux remporter la coupe du monde » J’y suis allée, je me suis entrainée dur, j’ai pris du plaisir. J’ai réussi (Shelley remporte la Coupe du monde 2011-2012 et les championnats du monde 2013), et je me suis à nouveau qualifiée pour les Jeux à Sotchi ».

Toute l’assistance rit beaucoup quand Eric Alard répond à la question de savoir comment gérer son entourage quand on est loin en compétition. « A mon époque il n’y avait pas d’internet. Oui c’est vrai, on peut vivre sans internet ! Ça peut vous sembler étrange, mais vous pouvez le faire ! C’était donc un coup de fil par semaine. Aujourd’hui, il y a skype. C’est difficile à gérer. Essayez d’expliquer à vos amis et à votre famille ce que vous faites, pourquoi vous le faites, et ils comprendront mieux. Surtout, n’oubliez pas quand vous revenez d’être vraiment présents avec vos proches ! »

Que se dire quand on ressent une grande pression avant une finale ? « Vous avez la pression que vous vous mettez vous-même, celle des médias et celle des entraineurs, elle arrive de partout et vous tombe dessus », dit Wolfgang Linger. « Je me disais. C’est le sport, c’est ce que j’aime, c’est ma passion, c’est génial. Je fais de mon mieux, et si ça ne marche pas, cela ne va pas changer ma vie. C’est sûr je veux aller sur le podium, être le meilleur, mais ce n’est que du sport, je suis là parce que j’aime ça, mais ça ne changera rien à ma vraie vie ». Shelley Rudman ajoute « la vie continue. Il faut toujours  avancer ». Eric  Alard conclut : « Arthur Ashe a dit « La clé du succès est la confiance en soi, et la clé de la confiance, c’est la préparation ». L’essentiel du travail est fait à l’entraînement. Si on s’est bien préparé, on peut donner le meilleur jusqu’à la ligne d’arrivée en profitant d’une pression positive ».

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