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Des records et de l’or dans l’escarcelle de Dianne Holum

Dianne Holum avait 21 ans à l’amorce des Jeux d’hiver de 1972, mais elle était déjà pratiquement une vétérante. Cinq ans plus tôt, l’Américaine était devenue la plus jeune participante de l’histoire des Championnats du monde de patinage de vitesse.


En 1967, alors qu’elle n’a que 15 ans, elle décroche une troisième place aux Championnats du monde toutes épreuves. L’’année suivante, pour ses débuts olympiques à Grenoble 1968, elle obtient la médaille d’argent au 500 m, alors que trois Américaines terminent ex aequo à la deuxième place, ainsi que du bronze au 1 000 m.

Dianne Holum arrive au Japon avec une confiance au plus haut et vise le podium dans trois épreuves : le 1 000 m, le 1 500 m et le 3 000 m. Elle entame sa campagne par le 1 500 m, la distance qu’elle préfère, mais elle sait qu’elle va se heurter à forte partie. Le plateau compte en effet dans ses rangs la très expérimentée Néerlandaise Atje Keulen-Deelstra qui a atteint son pic de forme avant les Jeux. La Soviétique Nina Statkevich est également là, elle qui a été championne du monde en 1971, alors qu’une autre Néerlandaise est bien placée, Stien Baas-Kaiser, qui a battu le record du monde l’année précédente. Rares sont les plateaux de cette qualité.

C’est Atje Keulen-Deelstra qui signe le premier chrono de référence en 2’22’’05. Mais la cinquième paire va déboucher sur le tête-à-tête le plus fascinant, mettant en scène Dianne Holum et Nina Statkevich dans une course fantastique. Durant la moitié de la course, elles restent sur la même ligne, et elles continuent aux 600 m, et encore aux 700 m. L’empoignade entre deux des meilleures patineuses de vitesse du monde est passionnante, et rien ne semble pouvoir les départager.

L’Américaine prend alors peu à peu un léger avantage à proximité de l’arrivée. La Soviétique commence à s’étioler et manquera finalement le podium. Dans l’affaire, Dianne Holum termine avec plus d’une seconde d’avance sur le temps de Atje Keulen-Deelstra, améliorant au passage le record olympique.

Elle n’a plus qu’à regarder les autres concurrentes en finir, non sans une certaine nervosité. Mais finalement, une seule patineuse va véritablement mettre les nerfs de l’Américaine à rude épreuve.

Il s’agit de Stien Baas-Kaiser, qui s’élance dans la 12e paire. Elle démarre lentement et accuse plus d’une seconde de retard après 300 m. L’écart ne va guère varier jusqu’au passage aux 1 000 m mais ensuite, la Néerlandaise va accélérer jusqu’à l’arrivée. Dans les dernières centaines de mètres, son retard fond comme glace au soleil, mais Stien Baas-Kaiser ne parvient pas tout à fait à combler le handicap qu’elle a sur l’Américaine. Elle échoue finalement pour deux dixièmes, mais son temps lui offre la médaille d’argent.

Dianne Holum va obtenir une nouvelle médaille d’argent au 3 000 m, portant son total à quatre médailles olympiques, ce qui est, à l’époque, un nouveau record pour une Américaine aux Jeux d’hiver. Elle abandonnera ensuite la compétition pour se consacrer à l’entraînement. Elle comptera parmi ses jeunes élèves patineurs un certain Eric Heiden qu’elle épaulera jusqu’à la gloire, ainsi que sa propre fille Kirstin, qui deviendra championne du monde juniors toutes épreuves en 1997 et participera aux Jeux d’hiver 1998.


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