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IOC/GREG MARTIN
Date
30 oct. 2018
Tags
Actualités Olympiques, Buenos Aires 2018, JOJ
Buenos Aires 2018

Des mains qui ont dessiné de l’or

Muhamad Farid Husen n’a franchi aucune ligne d’arrivée en Argentine. Il n’a gagné aucune course, n’a marqué aucun point, n’a nagé pour aucune victoire. Il n’est jamais monté sur le podium aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2018. Et pourtant, chaque médaille des Jeux parle de lui. Or, argent, bronze – le rêve de tous les athlètes – ces médailles sont l’aboutissement de son ingéniosité créative. 


Originaire des montagnes peu connues de l’est de l’île de Java en Indonésie, Farid est un étudiant en santé publique de 19 ans doté d’un sens aigu de la création. Le concepteur des médailles – avec son sourire contagieux – est tombé dans le Mouvement olympique en 2015, séduit par un clip diffusé sur YouTube montrant son comédien préféré, M. Bean, durant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres 2012. Impressionné par la grandeur du stade olympique, il a passé toute la soirée à regarder encore et encore des bouts de la cérémonie, puis de celle de Beijing 2008, rêvant de prendre part à cette célébration. Trois ans plus tard, juste après avoir regardé Rio accueillir le monde avec un carnaval lors des Jeux Olympiques d’été de 2016, l’occasion s’est présentée à lui avec le concours de création des médailles pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018. 

Farid a vu l’annonce sur la page Instagram des JOJ et a décidé de se lancer. Il a parcouru toute la plateforme à la recherche de Burzo Ciprian, champion du concours de création des médailles pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de Lillehammer 2016. Ce dernier lui a donné des conseils pour soumettre un projet gagnant. "L’inspiration se trouve dans les éléments tout autour", lui a confié Ciprian. Durant les deux premières semaines, Farid a eu du mal à dessiner quelque chose qui lui plaisait. Les croquis sont allés dans la poubelle l’un après l’autre. Puis soudain, un souvenir lui est revenu. “Il y avait des feux d’artifice à la cérémonie d’ouverture de Londres 2012”, a-t-il expliqué. “En fait, il y a des feux d’artifice à chaque cérémonie d’ouverture.” Dessinant avec ferveur avant que l’idée ne quitte son esprit, il a réalisé un croquis plutôt simple : des étincelles jaillissant à travers les anneaux olympiques, faisant le lien entre la célébration du sport et la victoire des athlètes.

IOC/GREG MARTIN

Une fois le projet soumis, le temps s’est écoulé lentement, et lorsque la nouvelle est enfin arrivée que le jeune Indonésien avait remporté le concours sur les 300 inscrits originaires de plus de 50 pays, il a mis du temps à réaliser. Dans sa classe du lycée de Ponorogo, son esprit était ailleurs durant les cours. “Il fallait que je vérifie avec le vainqueur du concours précédent que le courriel était bien réel, et il m’a dit que oui”, s’est exclamé Farid. Ce n’est qu’une fois l’annonce officielle faite et l’invitation reçue pour se rendre aux Jeux en Argentine qu’il a réalisé. “Ma mère et ma sœur ont pleuré”, dit-il. “Moi aussi j’ai pleuré.” Ses yeux brillaient en rêvant des feux d’artifice à Buenos Aires, mais ce n’était pas aussi simple que ça de faire sa valise et de s’envoler pour l’autre bout du monde. Farid n’avait pas de passeport.

Des lettres ont été écrites et des formulaires remplis dans l’urgence pour obtenir le précieux sésame. Une fois le premier tampon apposé sur son passeport vierge, Farid a finalement atterri en Argentine après 35 heures de voyage et plus de 15 100 kilomètres. À son arrivée, il a dû répondre à toute une série d’interviews, a rencontré le président du Comité International Olympique, Thomas Bach, a reçu un coffret contenant ses médailles ainsi qu’un billet pour la cérémonie d’ouverture. Faisant fi du décalage horaire, Farid s’est imprégné de toute cette attention et visualisait déjà les athlètes sur le podium, chérissant leurs médailles qui portaient sa création et qui leur évoqueront des souvenirs durant les années à venir. “Peut-être que lorsqu’ils prendront leur retraite d’olympiens, ils s’assoiront dans un fauteuil, boiront un café et regarderont leurs médailles”, sourie-t-il.

Avec des histoires plein la tête à raconter à sa famille et à ses amis, Farid est rentré en Indonésie le 10 octobre. La cérémonie d’ouverture à Buenos Aires ne l’a pas déçu. C’était une grande fête populaire dans la rue, très colorée et multiculturelle, une première olympique. Les Jeux se sont clôturés huit jours plus tard et les champions ont regagné les quatre coins du globe avec leurs médailles. Mais le rêve du Javanais est loin d’être terminé. En fait, il vient seulement de commencer. Avec l’Indonésie qui prévoit de poser sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques de 2032, Farid a déjà pris sa décision. Si les anneaux olympiques arrivent chez lui, il sera prêt à accueillir le monde dans sa chemise batik colorée.

Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018

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