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Des larmes de joie pour Olga Korbut, gymnaste phénoménale

Petite, la grande vedette de ces Jeux avait une taille inversement proportionnelle à son talent. Olga Korbut a commencé les entraînements de gymnastique à l’âge de huit ans. Élevée en Biélorussie, alors partie intégrante de l’URSS, il apparut dès son plus jeune âge qu’elle seule était capable d’effectuer certains mouvements.

Elle prit part aux championnats nationaux alors qu’elle avait tout juste 15 ans. Les deux années qui suivirent furent souvent jalonnées de maladies et de blessures qui l’empêchèrent de participer aux compétitions. Lorsqu’elle arriva à Munich pour les Jeux Olympiques de 1972, Olga était inconnue et peu habituée à attirer l’attention sur elle.

Or, le public tomba sous le charme, non seulement à cause de son excellence sportive mais également de son apparente fragilité. En effet, alors que les athlètes soviétiques étaient souvent décrits comme froids et sans émotions, Olga était tout le contraire. Lors du concours général, elle glissa des barres, traîna les pieds et ne parvint pas à remonter simplement sur l’engin. En voyant la note de 7,5 attribuée par les juges elle fondit en larmes, et le monde entier eut envie de la prendre dans les bras.

En lieu et place, le destin lui accorda une meilleure récompense : la médaille d’or à la poutre où son exercice exubérant attira un public qui n’avait jamais regardé de gymnastique auparavant, la médaille d’or au sol et également la médaille d’or avec l’équipe soviétique.

Olga Korbut faisait partie de ces personnes, elles sont rares, inconscientes de leur popularité croissante. Les gymnastes soviétiques étaient en effet tenus à l’isolement durant la compétition. Ce n’est qu’à son retour au Village olympique qu’elle trouva sa chambre remplie de cadeaux, de fleurs et de messages d’admirateurs. Suivie où qu’elle aille, elle finit par se procurer un déguisement pour pouvoir se déplacer à son gré.

Grâce à elle, c’est toute une génération de nouveaux admirateurs de la gymnastique qui naquit, même si une blessure et l’avènement de Nadia Comaneci l’empêchèrent de rééditer son exploit quatre ans plus tard. Au faîte de sa gloire, Olga Korbut était un véritable phénomène : elle reçut 20 000 lettres d’admirateurs dans l’année qui suivit Munich, si bien que l’office de poste de sa ville natale en Biélorussie dut engager un fonctionnaire chargé de s’occuper de son courrier.

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