skip to content
IOC/Ubald Rutar
Buenos Aires 2018

Des jeux de réflexion pour un avantage sportif

Si certains athlètes regardent des films ou écoutent de la musique pour se détendre entre deux compétitions, les spécialistes des arts martiaux Robert Shyroian et Oleh Veredyba ont pour leur part trouvé un moyen unique d'occuper leur temps libre pendant les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de 2018 à Buenos Aires. Et ils sont persuadés que cette occupation leur donne un avantage compétitif sur leurs concurrents.


Depuis leur rencontre aux JOJ, ces deux co-équipiers ukrainiens se sont découvert une véritable passion pour les énigmes mathématiques et se sont mutuellement défiés pour résoudre plusieurs équations et problèmes tout au long des Jeux.

"C'est l'une des premières choses dont on a parlé quand on s'est rencontrés", explique Robert Shyroian, lequel va concourir jeudi dans l'épreuve masculine des – de 68 kg du kumite en karaté. Et d'ajouter : "C'est très intéressant de se tester et de se défier l'un l'autre avec différents problèmes de maths. Nous en avons fait un il y a cinq minutes encore !"

Outre l'excellence en karaté, Robert Shyroian a participé à des épreuves en maths, physique et programmation en Ukraine et il a connu un certain succès en mathématiques en obtenant le troisième meilleur rang parmi les étudiants de l'ensemble du pays.

Oleh Veredyba IOC/OIS

Son succès en mathématiques lui a permis de décrocher une bourse complète de trois ans dans une école majeure aux États-Unis où il a commencé à étudier peu de temps avant les JOJ. Même s'il n'y a suivi les cours que pendant moins d'un mois, il a d'ores et déjà été nommé capitaine de l'équipe mathématiques.

Et depuis son arrivée à Buenos Aires, il a trouvé un alter ego en Oleh Veredyba, lequel a remporté le bronze dans l'épreuve masculine des – de 55 kg en judo plus tôt au début des Jeux. Outre leur amour pour les maths, les deux adolescents ont découvert qu'ils étaient tous les deux de Dnipro.

"Oleh est originaire de ma ville natale, mais nous ne connaissions pas auparavant donc c'est vraiment génial de l'avoir rencontré", explique Robert Shyroian. "Il est très intelligent et il aime aussi les maths donc nous sommes devenus de très bons amis."

Pour Oleh Veredyba, leur affection pour la résolution de problèmes mathématiques leur profite également quand ils montent sur le tapis pour concourir.

Vasyl Lomachenko Getty Images

"Le sport n'est pas juste une question de physique, ça se passe aussi beaucoup dans la tête", explique le jeune homme de 17 ans. "Vous devez penser lorsque vous concourez, vous devez faire des calculs et utiliser la logique. Les maths développent ces compétences. Étudier vous permet de faire un break du sport. C'est pourquoi nous aimons penser à ces problèmes de mathématiques, cela nous aide à développer notre esprit et nous repose un peu du sport."

Les deux amis citent l'exemple du boxeur ukrainien Vasyl Lomachenko – double médaillé d'or olympique et actuel champion mondial WBA des poids légers – lequel intègre des exercices mentaux et des énigmes mathématiques dans son programme d'entraînement et est souvent défié par son psychologue sportif pour remettre en ordre des séries de chiffres au hasard le plus rapidement possible.

"Vasyl Lomachenko le fait pour améliorer sa concentration. D'aucuns pensent souvent que les sportifs n'ont pas besoin d'avoir recours à leur tête pour faire du sport, mais en fait si vous êtes un bon sportif, vous devez énormément utiliser votre cerveau", explique Robert Shyroian.

Oleh Veredyba estime que leur capacité à résoudre des problèmes mathématiques compliqués leur donne un avantage sur leurs concurrents.

Ainsi qu'il l'a déclaré : "En judo, parfois la situation dans laquelle vous vous trouvez peut rapidement changer. Donc avoir cette capacité de penser de manière logique aux problèmes m'aide à trouver la bonne solution plus rapidement. Plus vite vous réfléchissez, mieux vous concourrez."

Robert Shyroian abonde dans ce sens et ajoute : "Je pense que les maths m'aident vraiment parce qu'ils développent l'esprit logique. Avant mes combats, j'aime imaginer comment ils seront, j'étudie les différentes possibilités du combat et comment je pourrais réagir dans ces situations. Je pense que lorsque je gagne c'est plus avec ma tête qu'avec une autre partie de mon corps."

Quelle sorte de problèmes ont-ils essayé de résoudre jusqu'ici ?

"Nous avons beaucoup parlé de probabilité, en essayant de calculer la possibilité que certaines choses se produisent", explique Robert Shyroian.

Oleh Veredyba ayant déjà remporté une médaille à Buenos Aires, ont-ils calculé la probabilité pour que Robert Shyroian monte lui aussi sur le podium ?

"Oui, nous l'avons calculée", confie le jeune homme de 16 ans. "Nous avons calculé la probabilité pour que je gagne une médaille et je dirais qu'elle est de 50 %."

Avec une médaille déjà gagnée et Robert Shyroian confiant quant à la probabilité d'en ajouter une autre, ont-ils commencé à faire les comptes en vue d'une possible réussite à Tokyo en 2020 ?

"Non, nous n'avons pas encore calculé ça ! Je n'avais pas non plus calculé mes chances de participer aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, mais maintenant que nous avons cette occasion peut-être que nous devrions y réfléchir de plus près !"

Si tout se passe bien, les deux nouveaux amis pourraient partager une chambre dans un autre village olympique dans un futur pas si lointain.

Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018

Inscrivez-vous maintenant pour recevoir les dernières nouvelles arrow right
back to top En