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Debbie Ferguson-McKenzie : « C’était une expérience pratiquement mystique »

Debbie Ferguson-McKenzie a représenté les Bahamas en athlétisme aux Jeux Olympiques de 1996, 2000, 2004, 2008 et 2012. Elle a remporté l’argent dans le relais 4 x 100 m en 1996, l’or dans le relais 4 x 100 m en 2000 et la médaille de bronze du 200 m en 2004. En 2004 et 2008, elle a porté le drapeau de son pays durant la cérémonie d’ouverture. Huit ans plus tard à Rio, elle a découvert l’événement sous un autre angle, en tant qu’entraîneur de l’équipe d’athlétisme des Bahamas.

Les épreuves d’athlétisme débutent pendant la deuxième semaine des Jeux, ce qui constitue un gros avantage : nous pouvons assister à la cérémonie d’ouverture, car nous avons tout le temps de récupérer. En revanche, c’est une expérience un peu étrange pour les athlètes. Pendant une bonne partie de l’événement, on reste en coulisse et on ne profite pas vraiment du spectacle, contrairement aux personnes assises dans le stade et aux téléspectateurs. Néanmoins, participer à une cérémonie d’ouverture reste quelque chose d’extraordinaire.

J’ai longtemps rêvé de participer aux Jeux Olympiques ; j’ai finalement eu ma chance en 1996, à Atlanta. J’étais tellement excitée ! Tous les athlètes y pensent. Ça représente le sommet dans toutes les disciplines, c’est là que naissent les légendes. En plus, j’avais fréquenté l’université de Géorgie, qui se trouvait juste à côté du stade olympique. L’occasion était donc encore plus importante à mes yeux. Durant des années, je n’avais qu’une idée en tête : participer aux Jeux Olympiques. Cette fois, j’y étais. Mon rêve était devenu réalité. J’ai également eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires à Atlanta, dont Mohamed Ali, c’était fabuleux !

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J’ai pris part à la cérémonie de clôture en 1996 en tant que médaillée olympique. À l’époque, je n’en revenais pas. J’ai vécu une expérience presque mystique. J’ai eu énormément de chance de participer à la cérémonie d’ouverture, de suivre l’intégralité des Jeux et d’être encore présente pour la cérémonie de clôture. Je m’en souviens très bien. Nous avons pu assister au passage du relais à Sydney, où les Jeux devaient avoir lieu quatre ans plus tard. Je crois que tous les athlètes ont le même sentiment. Quand on gagne, on veut revenir quatre ans plus tard pour rééditer l’exploit et, quand on ne gagne pas, on veut revenir pour décrocher cette médaille qu’on désire tant. Je me rappelle des images des Jeux de 2000 durant la cérémonie de clôture à Atlanta. À ce moment-là, je me suis dit : « Je veux aller là-bas et je veux monter sur le podium. » Ça m’a donné toute la motivation dont j’avais besoin pour entamer ce nouveau cycle de quatre ans.

J’ai eu la chance de tenir mes objectifs. J’étais ravie de faire le voyage à Sydney, car j’adore les Australiens et leur accent. Chaque fois qu’on participe à une cérémonie d’ouverture ou de clôture, on en retire quelque chose de différent, mais à chaque fois, c’est une expérience qui fait chaud au cœur. C’est une motivation supplémentaire pour toujours aller de l’avant. J’ai remporté l’or olympique lors de ces Jeux et c’était tout simplement magique. C’était une première pour moi et pour mon pays.

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En 2004, j’ai porté le drapeau. Quel privilège ! Pour que votre pays vous juge digne d’un tel honneur, il faut vraiment avoir accompli quelque chose de très particulier. Pendant la cérémonie, je n’arrêtais pas de sourire. J’étais émerveillée d’un bout à l’autre de l’événement. Avant de pénétrer dans le stade, je me sentais très nerveuse. Je me répétais sans arrêt : « Attention de ne pas trébucher, n’oublie pas de sourire, fais honneur à ton pays. » Je savais qu’il y avait des milliers de personnes dans le stade et des millions de téléspectateurs devant leur écran. Je voulais faire bonne impression. Malgré tout, j’ai essayé de profiter au maximum de l’expérience et je dois dire que j’ai adoré.

Quand on m’a annoncé que je porterais de nouveau le drapeau quatre ans plus tard à Beijing, je n’en revenais pas. Pour moi, c’était un moment unique. De plus, je croyais qu’il fallait donner cette chance à d’autres athlètes. Je pensais donc que les responsables choisiraient quelqu’un d’autre en 2008. Je me souviens même avoir recommandé de confier le drapeau à quelqu’un de différent à Beijing. J’étais donc vraiment très surprise d’avoir été choisie une deuxième fois.

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Sur le coup, j’ai littéralement fondu en larmes. Ça m’a énormément touchée. J’ai pensé qu’on devait m’apprécier et m’aimer énormément pour me faire à nouveau un tel honneur. Bien sûr, j’ai accepté sans hésiter. Je crois que j’ai beaucoup plus apprécié ma seconde expérience que la première. Les athlètes, dans leur grande majorité, ne voudraient pas l’avouer, mais je vais vous le dire : j’ai repéré les caméras dans le stade pour pouvoir regarder l’objectif, sourire, faire signe de la main et crier « coucou, maman ! » C’était une opportunité et un moment hors du commun.

La délégation des Bahamas est généralement assez modeste. Dans la plupart des cas, les athlètes se connaissent bien. Certains d’entre nous avaient déjà disputé plusieurs Jeux Olympiques ensemble. Les liens étaient sans doute un peu plus forts au sein du groupe, ce qui a modifié un peu notre ressenti. Nous étions tous très fiers de représenter notre pays.

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À Rio, j’étais présente en tant qu’entraîneur. C’était aussi très particulier à mes yeux. Je ne ressentais aucune pression, ce qui n’était pas désagréable. Quand j’étais athlète, j’ai pris plaisir à participer à la cérémonie d’ouverture, mais j’étais toujours concentrée sur mes performances. La pression était toujours là. En tant qu’entraîneur, j’étais très détendue. Je crois que cette expérience était encore plus extraordinaire, même si je ne l’avouerais jamais devant les athlètes ! J’ai également beaucoup apprécié la façon dont les organisateurs ont géré la cérémonie d’ouverture à Rio : nous étions installés au milieu du stade et nous avons pu profiter du spectacle. Chaque cérémonie reste avant tout une magnifique occasion de se trouver en présence de grands sportifs. Chaque pays hôte est différent, mais toutes les cérémonies sont également formidables.

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