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Date
19 août 2008
Tags
Beijing 2008

Dawn Harper décroche l’or et Lolo Jones, le cœur brisé, rappelle Devers à Barcelone

Athlétisme Femmes

Il arrive qu’une combinaison unique de facteurs soit à l’origine d’une victoire extraordinaire. Plus souvent encore, l’athlète aux résultats les plus prometteurs et les plus homogènes n’est pas celle qui obtient l’or. En effet, la chance aussi intervient dans une médaille de même que plus simplement, la capacité d’accomplir le jour dit la performance voulue.

C’est ce qui se produisit à Beijing pour l’Américaine Dawn Harper, ce qui brisa le cœur de sa coéquipière Lolo Jones.

Lolo Jones était la favorite incontestée du 100 m haies dans le Nid d’oiseau à Beijing. Comblée par une plastique de mannequin et capable d’une vélocité foudroyante, l’athlète semblait prête à étendre le formidable palmarès américain en sprint de haies.

La forme néanmoins compte peu si elle n’est pas au rendez-vous de l’épreuve.

Jones avait gagné le titre en salle à Valence (Espagne) plus tôt dans la saison et parcourut les éliminatoires avec une suprême assurance. En demi-finale, elle exsuda une classe divine dans l’accomplissement de son meilleur temps, 12’’43, avec deux dixièmes de seconde d’avance – près  d’1,50 m  – sur les autres concurrentes.

Deux autres Américaines étaient également en lice : Harper au respectable palmarès de collège et Damu Cherry. Les trois coureuses avaient été les plus rapides en demi-finale et on s’attendait à les revoir sur le podium. L’Amérique, cependant, ne devait gagner qu’une seule médaille.

La foule bruyante était au rendez-vous des grands jours, en dépit de la chaleur étouffante à Beijing. L’Australienne Sally McLellan fut la plus rapide au départ mais Jones la dépassa sans coup férir. L’Américaine survolait littéralement la piste quand elle heurta son avant-dernière haie, ruinant complètement son élan et sa cadence.

Le stade entier retint son souffle, devant Jones s’efforçant de reprendre pied, balayée par le reste de la troupe, tandis que Harper s’imposait, atteignant déjà l’arrivée, suivie de McLellan et de la Canadienne Priscilla Lopes-Schliep aussi incrédules l’une que l’autre, Cherry termina quatrième.
Loin du souvenir des grandes sprinteuses américaines, cet échec cuisant rappela celui de Gail Devers à Barcelone en 1992 où elle renversa la dernière haie et s’écrasa sur le sol à une foulée de l’arrivée.

Devant une performance aussi désastreuse, Jones fut absolument dévastée, et le grand livre des résultats se souviendra qu’au moment voulu, ce fut Harper la plus rapide.

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