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Date
02 août 1952
Tags
Helsinki 1952

Davies, papillon volant ver l'or en brasse

Vue de notre époque, la finale du 200m brasse de 1952 n’a pas été une épreuve comme les autres. La qualité des concurrents n’est pas en cause : elle était excellente. Pas plus que la justesse tactique que l’Austalien John Davies a imprimée à l’épreuve, toutefois courageuse et mémorable. Non, ce qui frappe, c’est que ces brasseurs avaient recours à une nage vraiment différente.


À l’époque, on considère la nage papillon comme un type de brasse, qui gagne toujours plus en popularité parmi les nageurs. À Helsinki, pour la première fois, les huit finalistes adoptent le papillon. Ce sera aussi la dernière fois, car, quatre ans plus tard à Melbourne, le papillon sera une course à part entière.

Au sein d’un plateau relevé, l’Allemand Herbert Klein fait office de grand favori : il détient le record du monde et se qualifie d’ailleurs aisément pour la finale. Mais il va devoir relever un gros défi, personnifié par l’Australien John Davies. Quatre ans plus tôt à Londres, ce dernier a manqué d’un rien le podium, les juges ayant estimé qu’un autre nageur avait touché le mur juste avant lui.

Depuis, Davies a progressé et, début 1952, il a même battu le record du monde du 200 yards brasse. Sa préparation pour les Jeux n’a cependant pas été optimale et il cherchait davantage à dormir plutôt qu’à nager. On s’interroge donc beaucoup sur sa forme.

Sa série tendrait à prouver qu’il a vaincu tous ses problèmes, puisqu’il signe un bon temps, quoique n’ayant rien d’extraordinaire, pour se qualifier. Mais en demi-finale, Davies pose de sérieux jalons en battant le record olympique et en nageant plus vite que tout le monde.

Il s’est attaché à conserver un rythme uniforme et régulier. Jusque-là, cela l’a plutôt brillamment servi, mais certains se demandent si l’excitation, la poussée d’adrénaline et la glorieuse incertitude du sport inhérentes à une finale olympique ne vont pas l'inciter à revoir ses plans. Lui n’en démord pas. Il adopte de plus en plus une allure de métronome, déterminé à attendre son heure et à s’en tenir à sa tactique.

Il maintient donc le même rythme lors de chaque longueur. Alors que ses adversaires démarrent sur les chapeaux de roue dès la première longueur de bassin, Davies se concentre sur son propre plan de course. À un moment donné, il accuse même plus de deux secondes de retard, mais il se refuse à paniquer, économisant ses forces, persuadé que sa tactique va porter ses fruits.

À raison. Les autres nageurs, notamment Klein, commencent à fatiguer et leur avance fond. Klein est finalement dépassé, d'abord par Davies, puis par l'Américain Bowen Stassforth, les deux nageurs qui sont en passe de toucher le mur les premiers.

Quatre ans plus tôt, il avait bu la tasse dans les toutes dernières longueurs. Mais cette fois, elles lui offrent la plus belle victoire de sa vie, puisque Davies s’impose pour trois dixièmes tout en établissant un autre record olympique.

Davies se retire après ces Jeux et va rejoindre une université américaine pour étudier le droit. Il s’établira définitivement aux États-Unis, prendra la nationalité américaine et deviendra plus tard un juge reconnu.

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