skip to content
Date
16 août 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Athlétisme , Kenya

David Rudisha reste le patron du 800m !

Le Kényan David Rudisha a conservé le titre sur 800 m lundi sur la piste bleue du stade olympique, vainqueur en 1.42.15, nettement devant l'Algérien Taoufik Makhloufi (1:42.61) et le jeune Américain Clayton Murphy (1:42.93).

Rudisha, 27 ans, avait conquis l'or à Londres en 2012 en prenant la course à son compte pour améliorer son record du monde (1:40.91).

C'est le jeune Kényan Alfred Kipketer, finalement septième, qui a pris la tête aux 150 mètres, Rudisha se calant dans sa foulée devant le Français Pierre-Ambroise Bosse, avec un passage aux 400 mètres en 49.23. Rudisha a pris l'initiative au milieu de la ligne opposée pour creuser l'écart.

Getty Images

Champion olympique du 1500 m à Londres, Makhloufi a mis à profit sa résistance et son finish pour s'emparer de la médaille d'argent, avec un nouveau record national. Clayton Murphy a produit un final de feu dans les derniers mètres pour laisser sur place Pierre-Ambroise Bosse, qui avait tenté de suivre Rudisha le dernier virage, et aller quérir le bronze pour les Etats-Unis en 1.42.93.

« Mon plan était de courir devant comme d'habitude. J'ai dit aux deux autres Kényans que j'allais mener la course. Mais quand j'ai vu que Kipketer partait comme une fusée, j'ai décidé de rester derrière lui, car je pensais que ça allait trop vite », a expliqué le double champion olympique.

Getty Images

« Ensuite, j'ai maintenu mon rythme et j'ai poussé à partir des derniers 300 m, comme j'avais prévu. Il y a toujours beaucoup de pression quand on défend un titre olympique, je suis heureux de l'avoir fait. Il faut faire tellement de sacrifice pour rester au top. », a ajouté David Rudisha.

Taoufik Makhloufi s’est dit heureux et satisfait : « C'était une course rapide. Les Kényans sont des experts de cette course alors que moi c'était ma première participation à un 800 m en grande compétition. J'ai bien couru et j'ai battu le record d'Algérie, je suis très content. J'ai besoin de bien récupérer car j'ai les qualifications du 1500 m demain (mardi) et je veux être bien pour défendre mon titre. David Rudisha, c’est quand même le détenteur du record du monde. Je voulais être derrière lui aux 200 mètres. »

Une étoile tombée du ciel

Aux origines, David Rudisha est comme une étoile qui serait tombée du ciel le 17 décembre 1988 à Kilgoris, dans la vallée du Rift, berceau de l'humanité selon les paléontologues. Ou la Grâce, si on considère que le religieux irlandais Colm O'Connell, arrivé dans la région en 1976 pour ne plus en repartir, a découvert le garçon timide mais volontaire et l'a façonné à la Saint Patrick High School, comme tant d'autres champions en herbe du coin.

Masai, Rudisha tient la force et le souffle de son père Daniel, médaillé d'argent du relais 4x400 m aux Jeux de 1968 à Mexico, où le Kenya avait révélé ses dons pour la course. De sa mère, chanteuse de folk, le double champion olympique a hérité la grâce et une voix mélodieuse. Grand et élancé, Rudisha devient superbe quand il déploie sa foulée. Une esthétique qui n'est pas une fin en soi, mais qui se met au service d'une redoutable efficacité.

Getty Images

Cette machine a fait des merveilles le 9 août 2012 en finale des Jeux de Londres. Prenant la tête rapidement, Rudisha ne la quittera plus, pour une chevauchée inoubliable et un record du monde en 1 min 40 sec 91.

Spectateur intéressé (il fut détenteur de la marque pendant 16 ans de 1981 à 1997, en 1.41:73) , Sebastian Coe, président du Comité d'organisation des Jeux 2012, qualifia l'exploit « d’une des plus grandes performances de l'histoire des Jeux. Il fallait beaucoup d'assurance, physique et mentale, pour courir ainsi dans une finale olympique », avait ajouté Lord Coe, devenu depuis président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF).

Sous ses allures de père de famille tranquille, avec deux fillettes, David Rudisha est bien un guerrier terriblement appliqué à l’entraînement. Et qui n'hésite pas à donner le change avec les gamins de la Saint Patrick High School, et à se poser en « modèle » de ses jeunes partenaires d’entraînement. « Ils voient qu'il n'y a pas de raccourcis vers le succès », dit Rudisha, surnommé « la fierté de l’Afrique ». « Vous devez juste travailler dur, faire ce qu'on attend de vous et si vous êtes talentueux, vous ferez une bonne carrière. »

back to top En