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Nanjing

David Lozada : "L'espoir d'un monde meilleur existe"

Membre de la délégation des jeunes reporters – 35 au total – choisis par le Comité International Olympique pour couvrir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Nanjing 2014, David Lozada s'est inspiré de cette expérience pour contribuer chez lui, aux Philippines, à la naissance d'une nouvelle génération de journalistes citoyens. Il revient ici sur le profond impact que les JOJ ont eu sur sa vie et sur sa carrière.

La beauté de l'esprit humain

"Je me rappelle parfaitement ce jour de 2013 où j'ai vu, sur le site web du CIO, l'appel à candidatures adressé aux jeunes journalistes pour la couverture des JOJ à Nanjing. Cela faisait huit mois que je couvrais les questions de développement et de droits de l'homme pour un site web d'actualités basé à Manille, Rappler, lorsque j'ai écrit au Comité National Olympique des Philippines pour lui demander l'autorisation de soumettre ma candidature au CIO. J'ai obtenu son feu-vert. Le reste appartient désormais à l'histoire.

Avant Nanjing, je ne m'étais essayé au reportage sportif qu'une seule fois, durant mon stage chez Rappler, lorsque j'avais couvert les Palarong Pambansa (Jeux nationaux) de 2012 à Lingayen. Ces Jeux sont la plus grande manifestation multisports pour jeunes athlètes des Philippines. Ils rassemblent chaque année plus de 10 000 sportifs et entraîneurs originaires des 18 régions du pays.

C'est là que ma passion pour le journalisme sportif est née. J'ai compris que couvrir les compétitions sportives ne se limitait pas à donner des chiffres et des statistiques, mais que cela permettait aussi de parler des succès et des échecs des athlètes. La raison d'être du journalisme sportif est de saisir ces moments où l'esprit humain se montre sous son meilleur jour – ou parfois son pire. J'ai vu des athlètes courir des marathons sans chaussures. J'ai écrit sur des boxeurs âgés de 9 ans qui continuent à boxer dans l'espoir de sortir leur famille de la pauvreté."

Épée et flèches en Chine

"C'est donc plein d'enthousiasme que je suis arrivé à Nanjing en 2014. Si ma passion pour le reportage sportif est née en 2012, c'est à Nanjing que j'ai pu véritablement m'y adonner. Les 13 jours de compétitions intenses ont été riches d'histoires. Je me rappelle avoir interviewé un escrimeur syrien qui se battait pour représenter son pays ravagé par la guerre civile. Je me rappelle avoir suivi l'archer philippin qui est entré dans l'histoire après avoir remporté la première médaille de son pays dans une épreuve par équipes mixtes. Je me rappelle avoir discuté avec les nombreux volontaires chinois qui se sont efforcés, en dépit d'un anglais approximatif, d'aider les visiteurs étrangers.

Après Nanjing, j'ai été invité à couvrir l'édition suivante des JOJ, à Lillehammer en 2016. Ce sont peut-être les reportages les plus difficiles que j'ai eu à faire – et pourtant j'ai couvert bien des typhons et des manifestations de protestation aux Philippines. Pourtant, j'étais loin d'être préparé à l'hiver norvégien et c'était la première fois que j'écrivais sur des sports d'hiver.

Quand j'y songe, avoir eu la possibilité de couvrir deux éditions des JOJ est une occasion qui ne se présente qu'une seule fois dans une vie. J'ai pu parfaire mes compétences journalistiques et me faire des amis sur les cinq continents. C'est pour cela que je ne veux pas que cette expérience s'achève ici."

Les médias pour tous

"Après Nanjing, j'ai animé pour le compte de MovePH, la division de Rappler spécialisée dans l'engagement civique, plusieurs ateliers consacrés au journalisme citoyen pour des élèves du primaire et du secondaire. Notre objectif est de former une nouvelle génération de journalistes en leur montrant qu'ils ont un rôle à jouer dans les médias sociaux et qu'ils peuvent utiliser cet environnement pour ouvrir le débat sur des questions essentielles au sein de leur communauté. Depuis juin 2015, nous avons ainsi formé plus de mille jeunes dans 20 provinces des Philippines."

Jeunes reporters aux Philippines

"En décembre 2014, quatre mois après ma première participation aux JOJ, je me suis retrouvé à la tête de l'équipe chargée de couvrir les Jeux scolaires de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) organisés aux Philippines. Pour étoffer notre petite équipe, j'ai lancé un programme de formation au journalisme en partenariat avec le Ministère de l'Éducation. J'ai donc formé plusieurs lycéens dont les reportages ont été publiés sur Rappler.

IOC/Ian Jones

C'est ainsi qu'est né le programme de formation aux reportages sportifs pour les jeunes journalistes philippins. Durant les Palarong Pambansa de 2015 à Davao del Norte, nous avons mis sur pied un projet similaire pour les apprentis journalistes de la région.

En 2017, nous avons décidé d'étendre sa portée. Sur la base du programme des jeunes reporters du CIO, nous avons invité quatre des meilleurs apprentis journalistes de chacune des régions des Philippines à couvrir les Palarong Pambansa de 2017 à Antique. En partenariat avec le Ministère de l'Éducation, nous avons formé 100 jeunes journalistes et les avons accompagnés tout au long de cette semaine de compétitions sportives.

Les participants étaient âgés de 9 à 17 ans et étaient tous novices en termes de couverture d'un événement multisports. Leur formation a duré trois jours et a porté sur les disciplines suivantes : rédaction, photographie, production vidéo et médias sociaux. Nous les avons ensuite envoyés couvrir les 24 sports au programme."

Héritage olympique

“Ce programme de formation (baptisé ‘Palaro Movers Programme’) n'aurait pu voir le jour sans les JOJ de Nanjing et de Lillehammer et l'expérience que j'ai acquise là-bas. Les JOJ m'ont donné envie de partager mon vécu et de passer le flambeau à des journalistes plus jeunes. Lors des centaines d'ateliers que j'organise pour les jeunes Philippins, je parle toujours de ce que les JOJ m'ont apporté."

IOC/Ian Jones
Le sport comme vecteur d'unité mondiale

Je suis convaincu que ce sont mes expériences en tant que jeune reporter qui ont lancé ma carrière. Non seulement j'ai appris à couvrir une épreuve olympique, mais j'ai également constaté que le développement est possible dans bien des domaines, y compris le journalisme et le sport.

En 2014, j'ai créé un blog sur Rappler baptisé 'La couverture des JOJ de Nanjing ou comment le sport peut rapprocher le monde'. Pour conclure cet article, j'aimerais reprendre une citation de ce blog : 'Mon expérience de journaliste aux JOJ me permet de dire que l'espoir d'un monde meilleur existe. Les jeunes, pour autant qu'on les responsabilise et les motive, peuvent faire de grandes choses pour eux-mêmes, pour leur pays et pour les autres." 

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