skip to content
© Getty Images
Date
16 févr. 2017
Tags
JOJ , Lillehammer 2016 , Actualités Olympiques , Skeleton

Dans les coulisses de Lillehammer 2016 avec Shelley Rudman, athlète modèle

Elle a calmé des entraîneurs, multiplié les gestes d’affection au sommet de l’effrayante piste de skeleton et partagé ses rires lors des repas : la vice-championne olympique Shelley Rudman est allée bien au-delà de ses devoirs d’athlète modèle aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2016.

Douze mois se sont écoulés et non seulement Shelley Rudman ne tarit pas d’éloges sur les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lillehammer 2016, mais il semble en outre qu’elle a gardé contact avec la moitié des participants. Exubérante, d’un abord facile et rompue aux subtilités du sport d’élite, elle l’est assurément, mais bien plus encore, c’est la nature totalement aux antipodes de ses trois expériences olympiques qui lui a permis de rallier autant de suffrages à Lillehammer.

« Il y a un certain nombre d’athlètes qui découvrent le succès ou qui n’atteignent pas leurs objectifs aux Jeux Olympiques et ils ont des idées toutes faites, alors que moi j’ai parcouru littéralement tout le spectre », dit Shelley Rudman.

Surprenante médaillée d’argent du skeleton pour ses premiers Jeux Olympiques d’hiver à Turin 2006, elle a enchaîné avec une sixième place - qu’elle a qualifiée à l’époque d’« horrible » - à Vancouver 2010, avant de prendre une 16e place décourageante à Sotchi 2014, dans une épreuve où elle était pourtant la championne du monde en titre.

IOC/Ubald Rutar

« J’avais l’impression qu’avec l’expérience que j’avais acquise lors de ces trois Jeux Olympiques, je pouvais avoir réponse à tout si un athlète venait me demander de l’aide ou un conseil », dit-elle. Les jeunes concurrents se sont rués vers elle.

Shelley reconnaît avec modestie qu’à la fin des jeux, elle se sentait comme « faisant presque partie de l’équipe » de nombreux athlètes, partageant les repas avec eux tout en les conseillant avant et après la compétition. Son intervention la plus fréquente a été d’aider les athlètes à garder les pieds sur terre et à rester aussi calmes que possibles.

« Certains d’entre eux étaient effrayés par la véritable dimension de l’événement. Cela commençait à devenir un poids pour eux. Certains ont commencé à avoir des tremblements, surtout s’ils avaient bien marché dans d’autres compétitions ou à l’entraînement », indique Shelley. « C’est là que j’intervenais en essayant de les aider à se détendre et à ne pas se mettre trop de pression. »

Il n’est donc pas très surprenant que l’ancienne athlète de 35 ans ait été le plus souvent sollicitée au sommet de la piste de skeleton.

« Je ne citerai pas de noms, mais lors du skeleton, l’émotion était palpable dans les vestiaires le dernier jour. J’y suis allée et j’ai réussi à aider un certain nombre de ces athlètes à retrouver leur calme. Je leur ai dit qu’ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient, qu’ils devaient se faire plaisir tout en abordant la course avec sérieux, mais qu’ils devaient garder à l’esprit qu’ils étaient encore quelque peu novices en sport », souligne Shelley Rudman.

IOC/Arnaud Meylan

Avec une humilité touchante, la médaillée d’argent olympique reconnaît néanmoins son influence.

« Je pense qu’ils ont apprécié qu’un pair de leur discipline leur dise cela et que je leur montre en toute honnêteté que je m’y connaissais, et ils ont respecté cela », ajoute-t-elle.

Déjà inconditionnelle du concept de base des Jeux Olympiques de la Jeunesse, Shelley Rudman a été convaincue, à la suite de ses expériences de Lillehammer, de la véritable utilité des athlètes modèles.

« Avoir quelqu’un à qui parler est assez important, en particulier dans cette catégorie d’âge. Ces athlètes participent non seulement à la compétition la plus importante de leur vie à ce moment-là, mais ils sont également en pleine mutation, leurs pairs changent, leur corps change, leurs hormones se modifient », explique Shelley Rudman.

Ce qui l’amuse beaucoup, toutefois, c’est que les concurrents n’étaient pas les seuls à avoir besoin d’être un peu dorlotés.

« La veille de la course, les entraîneurs étaient vraiment stressés, car ils voulaient que leurs athlètes réalisent de bonnes performances », dit-elle en riant avant d’ajouter : « Il a fallu que j’aille leur dire qu’ils n’oublient pas que leurs athlètes étaient encore jeunes, qu’ils étaient encore en apprentissage et qu’ils se cherchaient. Je leur ai dit : "Laissez-les courir et faites-leur des remarques vraiment utiles". »

De Christine Nesbitt et Molly Schaus, ses camarades athlètes modèles et olympiennes, à Ashleigh Pittaway, la médaillée d’or de la discipline, Shelley Rudman a gardé contact avec tout un tas de figures de Lillehammer 2016.

« J’aime travailler avec les athlètes et j’aime être connectée aux Jeux Olympiques », dit-elle. « En étant athlète modèle, j’ai eu l’impression d’y participer à nouveau, mais d’une manière différente, et c’était vraiment agréable. Je suis surprise d’avoir été si heureuse et si à l’aise dans ce rôle. »

Il est évident que Shelley a toujours autant la flamme pour le skeleton. Avec son mari, le quadruple olympien Kristan Bromley qui travaille toujours dans le sport, la discipline est omniprésente dans la maisonnée, et les courses retransmises à la télévision viennent titiller ses souvenirs.

IOC/Ian Jones

Des expériences comme celles qu’elle a tant appréciées aux JOJ contribuent à compenser ce manque, mais ne soyez pas surpris si vous la voyez revenir vêtue d’une combinaison en lycra et dévaler la piste glacée aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022, aux côtés de ceux qu’elle a chaperonnés si brillamment l’an dernier à Lillehammer.

Et pour chasser toute ambiguïté, elle avoue, tout sourire : « Je n’ai pas pris ma retraite, je n’ai tout simplement pas couru depuis la naissance de ma seconde fille. »
back to top En