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Laura Godenzi IOC Young Reporters
Date
15 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Bobsleigh , Monobob , Hommes , Actu CIO

Daniel Mayhew, le « rasta rocket » qui veut écrire une page d’histoire


Le bobsleigh jamaïcain a gardé une place spéciale dans l’histoire des Jeux Olympiques depuis son apparition romancée à Calgary en 1988. A Lillehammer, Daniel Mayhew est le premier bobeur venu de l’ile caraïbe à disputer les Jeux Olympiques de la Jeunesse !

Daniel Mayhew va tenter d’ajouter de nouvelles lignes à cette belle histoire, au delà du chapitre « Le garçon sur la glace venu de l’ile ensoleillée », déterminé à produire une performance digne de le placer parmi les meilleurs. Arrivé à Lillehammer, son parcours suscite l’inspiration, de celles qui disent « vous pouvez le faire, mais seulement si vous essayez ! »

Au printemps 2015, Mayhew, petit gabarit, s’entraîne en sprint sur la piste du stade national de Kingston, la capitale jamaïcaine. Il ne parait pas aussi rapide que les autres apprentis sprinters qui honorent cette fameuse piste en essayant de devenir le prochain Usain Bolt. Mais c’est OK pour lui. Il ne pratique pas l’athlétisme, il ne cherche pas à imiter le glorieux Bolt. Il essaye plutôt de réussir quelque chose d’unique dans l’histoire de son pays.

A ce point, Daniel est encore un jeune athlète totalement inconnu. A 16 ans, il ne pratique aucun des sports jamaïcains traditionnels, le football, le cricket ou l’athlétisme. Mais en ce jour pluvieux, alors qu’il fonce de la piste aux tribunes, il a sa première occasion de raconter son histoire à l’échelle nationale.

Son parcours semble des plus improbables : un garçon qui veut devenir pilote de ligne, sans véritable expérience sportive et qui essaye de se qualifier pour le Monobob, une nouvelle épreuve au programme des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver !

Il n’a commencé dans la discipline que quelques mois plus tôt, en février 2015, et n’a disputé qu’une compétition en Suisse qui a marqué ses premiers pas sur la glace. Mais dans ses yeux grand ouverts, on peut voir de l’espoir et de la conviction. Il est confiant. « Ce fut une expérience nouvelle pour moi en Suisse » explique-t-il, avant d’ajouter des paroles qui ne sont pas inattendues pour un sportif habitué à des températures dépassant les 30 degrés : « C’était carrément froid ! ». Mais la glace n’a pas congelé ses rêves. En fait, son désir de réussite a encore grandi grâce à cette expérience.

9 kilos de muscles supplémentaires

Mayhew a commencé son parcours avec deux jeunes athlètes féminines, mais la Fédération Jamaïcaine de bobsleigh en manque de moyens ne pouvait soutenir qu’un seul bobeur. On le voyait capable de se qualifier, et il a prouvé qu’on ne se trompait pas. Quelques mois plus tard, après deux voyages supplémentaires en Europe, Daniel a gagné sa place pour les JOJ de Lillehammer.

IOC

Fin 2015, Daniel n’était plus un « petit gabarit ». Désormais âgé de 17 ans, il avait selon son entraîneur Harry Nelson, gagné 9 kilos de muscles, « le résultat de nombreuses heures passées dans le gymnase pour se renforcer ». « Je me sens super bien. Je suis si fier et j’espère donner mon meilleur et me hisser au top », disait le jeune champion. Nelson, qui entraîne en bobsleigh pour la première fois, a repéré Daniel alors qu’il courrait durant une leçon d’éducation physique. « C’est un brillant garçon. Donc il s’agissait seulement de lui apprendre à ne pas y penser, mais juste à la faire » a expliqué le coach.

Lorsque Daniel s’est rendu en Autriche pour sa deuxième compétition, en décembre 2015, ce n’était également que sa 2e apparition sur la glace. « Je dépendais de ma mémoire pour progresser d’une descente à l’autre » a-t-il raconté. Run après run, il a continué à s’améliorer, signant son meilleur temps dans l’épreuve qualificative finale, à Lillehammer, sur la piste où aura lieu la compétition olympique le 20 février. Il tentera alors de remporter la première médaille jamaïcaine hivernale.

Plus fameux que « Rasta Rocket » ?

Daniel Mayhew va affronter 14 des meilleurs jeunes bobeurs mondiaux, mais il est plein d’optimisme, et il ne compte pas seulement se montrer brillant en qualifications, il veut réaliser une performance qui lui permettra de devenir plus fameux que le film « Rasta Rocket », la célèbre histoire romancée du premier bob à 4 jamaïcain qui avait ensoleillé les Jeux d’hiver en 1988 à Calgary.

Selon Chris Strokes, le président de la Fédération jamaïcaine de Bobsleigh, Daniel Mayhew est un sacré client. « Les entraîneurs sont particulièrement impressionnés par son pilotage. Cela semble naturel pour lui, il a une belle coordination oeil-mains. Et peu importe ce qui arrive à Lillehammer, Daniel a son futur devant lui, iil a ce qu’il faut pour devenir une superstar dans son sport ».

Quoi qu’il arrive, Lillehammer constituera un point de référence pour le chapitre « Daniel Mayhew » de l’histoire du bob Jamaïcain. Reste à voir la forme que prendra cette référence !

Ricardo Chambers, jeune reporter du CIO.

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