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Date
09 févr. 1976
Tags
Actu CIO , Innsbruck 1976 , Patinage artistique , Grande-Bretagne ,

Curry, patineur torride sur la glace

Beaucoup d’amateurs de danse sur glace, voire tous, estiment que John Curry est le plus grand sportif que la discipline ait jamais connu. En 1976 à Innsbruck, sa combinaison peu commune de maîtrise technique et d’expression artistique l’a placé largement hors de portée de ses adversaires.

Surnommé « le Noureev de la glace », le patineur artistique britannique au style de danseur étoile y remporta la médaille d’or et apporta un nouveau souffle à la discipline avec son stylé élégant et gracieux, et son agilité qu’il exploita pour réinterpréter les grands compositeurs dans ses programmes.

Curry débuta en patinage à l’âge de 7 ans parce que, comme Billy Elliot, ses parents avaient refusé le ballet, son premier choix. Il réussit cependant à incorporer une sensibilité proche de la danse classique dans ses programmes avec un tel succès qu’il arriva au sommet et devint champion de Grande-Bretagne.

Dans les années qui précédèrent ses meilleurs Jeux, tout ne fut pas facile pour Curry qui changea plusieurs fois d’entraîneur. Le manque d’installations d’entraînement adaptées au Royaume-Uni fut son principal handicap pour assouvir son rêve d’or olympique. Mais son déménagement outre-Atlantique allait tout arranger.

Malgré ses incroyables dons, Curry était sur le point de tout abandonner en 1973 lorsqu’il émigra aux États-Unis pour s’en remettre à Gus Lussi, entraîneur de légende de patinage libre, puis à Carlo et Christa Fassi. Il en ressortit fort de nouvelles techniques dans les figures imposées, où furent introduits axels et lutz, et une confiance retrouvée.

Cette dernière était légitime et, avec le soutien d’un mécène américain, allait ouvrir son règne de champion amateur. Il passa tout près du titre de champion d’Europe en 1975 et récolta du bronze aux championnats du monde. Vint alors son annus mirabilis en 1976 avec un doublé européen et mondial.

Son sacre devint total en février 1976, aux Jeux Olympiques d’hiver, lorsqu’il dansa sur un programme superbe, le ballet Don Quichotte composé par Leon Minkus.

Après avoir été critiqué par le passé parce que ses prestations manquaient des figures athlétiques et audacieuses requises par le patinage artistique masculin, il incorpora trois triples sauts impeccables à son programme où patinage sportif et interprétation musicale étaient en parfait équilibre.

Sept des neuf juges lui accordèrent la première place, alors que leurs homologues soviétique et canadien ne le placèrent que second, pour un total étonnamment élevé. Curry révélera plus tard qu’il était conscient du fait que les juges soviétiques notamment considéraient son style de patinage trop féminin et c’est pourquoi il avait ajouté suffisamment de sauts « virils » pour les satisfaire. Pari gagné.

Cette année-là, la compétition passa également à la postérité en raison du saut périlleux arrière effectué par l’Américain Terry Kubicka. Ce fut la première et l’unique fois que cette figure, qui allait être interdite sur le champ, fut exécutée aux Jeux olympiques dans le respect des règles. Mais Curry lui aussi s’appuyait sur ses propres figures inhabituelles, comme ses sauts effectués dans le sens anti-horaire, alors qu’il réalisait la plupart de ses pirouettes dans le sens des aiguilles d’une montre.

Après son triomphe autrichien, Curry passa professionnel, créa sa propre compagnie itinérante et, fidèle à son style artistique, travailla avec des chorégraphes renommés. En 1978, il ouvrit une école de patinage à New York. Atteint du sida, le maître de la discipline se retira en 1991 et disparut en 1994.

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