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Date
24 juil. 1976
Tags
Montréal 1976

Crawford méduse les favoris et gagne l’or du 100m - Athlétisme

Lorsqu’il jaillit de ses starting-blocks lors de la finale du 100m des Jeux Olympiques de 1972 à Munich, le Trinitéen Hasely Crawford est rempli d’optimisme juvénile, de concentration et d’espoir.


Mais quelques foulées plus loin à peine, son rêve éclate en mille morceaux, sous la forme d'un claquage à la cuisse, alors que le Soviétique Valeriy Borzov s’envole vers l’or.

Boxant l’air du point en signe de déception, Crawford ne finit pas la course, son visage trahissant douleur et frustration.

Il sait alors que quatre ans plus tard, il obtiendra sa meilleure chance de coiffer la couronne d’homme le plus rapide du monde.

7e d’une famille de 11 enfants, Crawford ne s’est pas tout de suite signalé comme un sprinter de classe mondiale potentiel.

Il a d’abord papillonné, passant du football au cricket et du cricket au sprint, avant qu’un entraîneur scolaire ne l’encourage à travailler sa vitesse. Très vite, il domine facilement ses petits camarades sur 60m et 100m.

Il rejoint ensuite le Brooklyn Athletics et progresse tant sur la piste qu'en classe, lorsque son père meurt tragiquement des suites de complications cardiaques.

Sa carrière athlétique est alors en pleine expansion et il la double d’excellents résultats dans un cursus de machiniste à l’école.

Lorsqu'il se présente aux Jeux de Munich en 1972, Crawford est un jeune homme de 22 ans brut de décoffrage et impulsif, et il se qualifie pour la finale en terminant deuxième de sa demi-finale derrière le grand Borzov.

La finale se transforme alors en cauchemar. Après quelques foulées, il s’arrête donc et la course est finie pour lui.

Lorsque les Jeux font escale à Montréal, en 1976, Crawford est alors un produit beaucoup plus fini.

Il se balade avec assurance lors des tours préliminaires, avant de gagner sa demi-finale face au ténor Jamaïcain Don Quarrie à qui il jette même un regard noir en franchissant la ligne.

Bien que Crawford semble être d’un calme olympien à l’approche de la finale, la plupart des observateurs estiment que la bataille pour l’or se jouera entre Borzov, Quarrie et l'Américain Harvey Glance.

C’est dans un silence pesant que les sprinters se placent sous les ordres du starter, Crawford ayant hérité de la corde.

Le Trinitéen démarre en trombe et ne sera jamais rejoint. Il franchit la ligne juste devant Quarrie, qui a fini fort, et offre à Trinité-et-Tobago sa toute première médaille d’or olympique.

Le surprenant Crawford continuera ensuite à trottiner autour de la piste olympique comme s'il ne croyait pas vraiment à ce résultat.

Ce sera le sommet de sa gloire : deux jours plus tard, il connaîtra une nouvelle désillusion dans le 200m, en se claquant encore à la cuisse en plein virage. Quatre ans plus, il ne parviendra pas à se qualifier pour la finale du 100m.

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