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Comment le relais de la flamme olympique de Londres 2012 a uni la nation

Deborah Hale, organisatrice du relais de la flamme pour Londres 2012, revient sur les moments forts qui ont marqué l’une des expériences les plus extraordinaires de sa vie. Et l'un d'eux inclut même un bandeau sur les yeux...


Deborah Hale a beau avoir l’habitude de relever des défis, elle reconnaît qu’organiser le relais de la flamme pour les Jeux de Londres 2012 fut l’un des projets les plus ambitieux qu’elle ait été amenée à gérer. Le jour où on lui a assigné cette mission, elle se rappelle s’être sentie submergée par l’ampleur de la tâche, et on la comprend : le relais de la flamme de 2012 allait durer 70 jours, rassembler 8 000 porteurs et couvrir 12 000 km de Land’s End, à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre, aux îles Shetland, au nord de l’Écosse.

« Les Jeux de 2008 venaient de s’achever et tout le monde disait que nous ne pouvions pas faire mieux que Beijing, se souvient Deborah. Notre pays était à un moment charnière de son histoire et nous étions en pleine récession. Notre communauté était très divisée et on avait l’impression que les Jeux étaient totalement centrés sur Londres, et non sur l’ensemble du Royaume-Uni. »

Pour Deborah, l’une des difficultés fut d’intégrer le Royaume-Uni tout entier, le pays étant constitué de quatre nations revendiquant des identités et des communautés bien distinctes. « Notre but était d’unir le pays, dit-elle. L’objectif était intimidant et j’avais parfois du mal à fermer l’œil la nuit, craignant de mal m’y prendre. Je me demandais si mon approche était en adéquation avec les attentes du public à ce moment-là, et même si je pensais bien faire je n’en étais jamais sûre. »

Malgré les doutes qui l’ont envahie à l’approche de l’événement, Deborah a senti dès le premier jour que le relais allait être un succès. « C’est dans l’avion qui transportait la flamme depuis Athènes que j’ai compris que tout irait bien, se souvient-elle. Le premier porteur devait être Ben Ainslie (cinq fois champion olympique de voile) et on m’avait prévenue que le relais commence généralement doucement pour prendre de l’ampleur ensuite. Quand l’hélicoptère a atterri à Land’s End à 5 heures du matin, 10 000 personnes étaient venues assister à l’arrivée de la flamme. Nous n’en croyions pas nos yeux. »

Après cette première journée réussie, les choses ont continué à aller de mieux en mieux. Outre les quelques célébrités sélectionnées pour porter la flamme, Deborah avait insisté pour que le relais représente la population extrêmement diversifiée du Royaume-Uni. « Même si les Jeux à proprement parler appartiennent au monde du sport, je pense que le relais doit refléter le pays dans son ensemble, explique-t-elle. Nous avons tout fait pour mettre en lumière les gens qui forment notre communauté : quatre-vingt-dix pour cent de nos porteurs étaient des personnes à la fois ordinaires et extraordinaires. Nous voulions rendre hommage à celles et ceux qui se sont investis dans leur communauté. »

Deborah a vécu tant de moments inoubliables au cours des 70 jours qu’a duré le relais, qu’il lui faudrait une semaine pour tous les raconter. Mais quelques souvenirs l’ont particulièrement touchée. « David Rathband, un policier qui avait perdu la vue dans l’exercice de ses fonctions, devait porter la flamme. Mais il a mis fin à ses jours et nous avons donc demandé à sa fille de 13 ans, Mia, de le remplacer. Le jour venu, elle a annoncé qu’elle souhaitait marcher avec un bandeau sur les yeux. Le règlement olympique interdit en principe d’ajouter quoi que ce soit à l’uniforme, nous avons donc dû prendre une décision au pied levé et avons rapidement accepté. Mia a pu marcher les yeux bandés en l’honneur de son père et ce fut extrêmement émouvant », se souvient Deborah.

« Une autre porteuse m’a également marquée : Jean Bishop, une dame originaire de Hull. On la surnommait “Bee Lady” parce qu’elle portait toujours un costume d’abeille lorsqu’elle collectait de l’argent pour son association caritative. C’était quelqu’un d’exceptionnel. Âgée de 90 ans, elle avait récolté des sommes colossales et le jour où elle a couru, toute sa ville a fait le déplacement pour la soutenir. C’était génial. En voyant cela, nous avons compris que notre relais avait permis de rendre hommage à des personnes comme Jean Bishop et nous en avons ressenti une joie immense. »

Même si les Jeux à proprement parler appartiennent au monde du sport, je pense que le relais doit refléter le pays dans son ensemble Deborah Hale

Deborah Hale avoue que pendant le relais, elle a eu le plus grand mal à apprécier pleinement ce qu’elle et son équipe avaient réalisé. Aujourd’hui, avec le recul, elle mesure la chance qu’elle a eue de faire partie intégrante de ce moment extraordinaire de l’histoire du Royaume-Uni. « Le succès du relais a dépassé toutes mes attentes, avoue-t-elle. Je suis extrêmement fière et reconnaissante d’avoir été choisie pour mener à bien ce projet, ce fut un immense honneur. Cela n’a pas été facile, j’ai rencontré de grosses difficultés mais quand je pense à cette période de ma vie aujourd’hui, je sais que jamais plus une telle occasion ne se présentera. C’est le genre d’aventure que l’on ne vit qu’une fois et j’ai eu une chance inouïe d’en faire partie. »

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