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PyeongChang 2018

Combiné nordique à PyeongChang 2018 : suivez le guide avec Akito Watabe

Mélange de saut à ski et de ski de fond, le combiné nordique s’est lancé à la recherche de l’athlète hivernal suprême depuis les premiers Jeux Olympiques d’hiver en 1924. Dans cette quête au long cours nécessitant une alliance de puissance explosive, d'endurance et d'esprit tactique, la star japonaise Akito Watabe espère que la méditation zen lui apportera l’équilibre requis pour gagner l’or à PyeongChang.

Lorsqu’on lui demande ce que son sport a de si spécial, la réponse d’Akito Watabe fuse : "C’est toujours aussi spectaculaire. Nous sommes tous en compétition en même temps et nous nous lançons dans une course-poursuite (en ski de fond où le vainqueur de la course décroche le gros lot). Nos points faibles rendent le spectacle encore plus passionnant, car nous devons disputer deux épreuves très différentes."

Les bases

À PyeongChang 2018, le combiné nordique comprend deux épreuves individuelles masculines au format Gundersen : l’une combinant le saut à ski au tremplin normal (109 m) avec une course de ski de fond de 10 km, l’autre avec un saut au grand tremplin (140 m) puis la même distance en fond. Il y a aussi une épreuve par équipes en Gundersen, qui met aux prises des équipes de quatre hommes : chaque concurrent effectue un saut au grand tremplin puis participe à un relais 4 x 5 km. Il n’y a pas d’épreuves féminines, mais on espère leur rajout au programme de Beijing 2022.

Selon la "méthode Gundersen", créée, comme son nom l’indique, par Gunder Gundersen, les athlètes effectuent un saut chacun avant de se lancer dans la course de ski de fond plus tard, le même jour. Les départs sont échelonnés en fonction des points marqués en saut. Le meilleur sauteur part le premier et ses adversaires se lancent à sa poursuite, en étant pénalisés au départ de quatre secondes par point de retard sur le leader dans les épreuves individuelles et d’une seconde et trente-trois centièmes par point dans le relais. Le premier à franchir la ligne d’arrivée remporte l’épreuve.

Pour garder mon calme, j’ai recours au zen. Je médite quand j’en ai besoin, comme avant de quitter l’hôtel pour la compétition. Cela me permet de tout accepter. Ce qui s’est passé et ce qui va arriver. Akito Watabe
Compétences majeures et conseils

"Il faut parvenir à un équilibre entre saut et fond", souligne Akito Watabe, médaillé d’argent individuel à Sotchi 2014. "Lors du saut, il est essentiel de rester calme et concentré. Lorsqu’on dévale la piste d’élan, on atteint une vitesse d’environ 90 km/h et il faut donc garder le contrôle dans les airs pour atterrir en toute sécurité."

"Pour garder mon calme, j’ai recours au zen. Je médite quand j’en ai besoin, comme avant de quitter l’hôtel pour la compétition. Cela me permet de tout accepter. Ce qui s’est passé et ce qui va arriver. Je peux ainsi me concentrer sur ce que j’ai à faire."

La peur

Quand on lui demande ce qu’il ressent au sommet du tremplin, Akito Watabe répond avec une honnêteté désarmante : "J’ai peur", confiet-il. Encore aujourd’hui ? "Oui, à chaque saut. Je peux imaginer que je vais m’écraser et voir beaucoup d’images négatives. Je dois lutter avec mon esprit. J’y vais simplement, je franchis juste la barre d’élan et ensuite, il faut que je saute."

Le point K

C’est l’équivalent en saut à ski du par en golf : c’est la distance moyenne en mètres que les sauteurs sont censés atteindre. À PyeongChang, le tremplin normal est un K-98 tandis que le grand tremplin est un K-125. "C’est assez important. En moyenne, les tremplins normaux sont des K-90, alors que les grands tremplins sont des K-120", précise Akito Watabe. "Le profil du tremplin est assez similaire à celui de ma ville natale, Hakuba, donc je serai à l’aise."

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Les sauteurs obtiennent 60 points lorsqu’ils touchent le point K et gagnent des points supplémentaires ou en perdent pour chaque mètre franchi au-delà  ou en dessous du point K. Sur le tremplin normal, l’avantage ou la pénalisation est de deux points par mètre, et de 1,8 point sur le grand tremplin.

Les juges

Les sauteurs sont également évalués sur leur technique et leur style. Des juges analysent le vol, la réception et le comportement dans la zone de dégagement. "Je suis assez léger par rapport aux athlètes européens et c’est un atout pour sauter. Cela signifie que je peux bénéficier d’une meilleure portance dans l’air", indique Akito Watabe.

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"On doit effectuer une réception télémark", ajoute-t-il, en référence au style qui porte le nom du comté norvégien dont il est originaire. La réception doit ainsi être effectuée un pied devant l’autre. Les skis doivent être parallèles et l’écart entre les skis ne doit pas être supérieur à la largeur de deux skis.

Cinq juges attribuent chacun jusqu’à 20 points. On retire la note la plus haute et la plus basse et on additionne les trois notes restantes.

Ski de fond

Le parcours de PyeongChang est long de 2,5 km avec un premier tiers en ascension, une partie médiane plate et un dernier tiers en descente. Les athlètes effectuent quatre tours dans les épreuves individuelles et deux tours chacun dans le relais. Akito Watabe croit en ses chances.

"Le circuit est vraiment difficile, avec une pente raide, ce qui est bon pour moi parce que je suis fort dans les côtes, mais pas très performant sur le plat ou en descente. Je suis petit et léger et je peux donc skier rapidement en montée. J’arrive toujours à réaliser des bons temps en ski de fond sur les parcours présentant une montée sévère."

"Cela dit, il faut vraiment skier avec sa tête, et pas simplement partir en trombe. Tu dois voir qui est derrière toi, bien connaître l’écart entre le groupe de tête et le groupe de chasse, et savoir quand le moment est venu de sortir du peloton. Il faut tout contrôler."

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