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Date
05 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Clay porte les premiers coups d'une carrière de boxeur incomparable

C’est lors de ces Jeux que l’un des plus grands sportifs de tous les temps a débuté sur la scène internationale : un jeune boxeur du nom de Cassius Clay. Il est venu à Rome, déterminé à remporter une médaille d’or, puis s’en est allé après avoir effectué des pas de géant vers son futur statut : l’une des figures de proue de l’histoire du sport.


Cela peut sembler curieux aujourd’hui, mais à l’époque, beaucoup de gens pensent qu’il est un peu court pour gagner l’or des poids mi-lourds. A la place, le Polonais Zbigniew Pietrykowski, en bronze quatre ans plus tôt, est considéré comme l’un des principaux prétendants au titre, tout comme le boxeur soviétique Gennady Shatkov, sacré chez les moyens en 1956.

Les journalistes de boxe américains, habitués à suivre Cassius Clay qui a 18 ans, restent cependant confiants et ne pipent mot. Ils ont assisté à son ascension résolue dans les rangs amateurs et ils ont vu comment il s’est adapté à l’environnement olympique, en se présentant devant les meilleurs mondiaux, hermétique à la pression ou à la peur.

Son premier combat l’oppose à un combattant belge peu connu, du nom d’Yvon Becaus. Il ne tient que deux rounds face à Clay qui déclare malgré tout que son adversaire est « l’homme le plus fort que j’ai rencontré ». C’est du moins ce qu’il prétend, car Clay a beau être jeune, il aligne déjà plus d’une centaine de combats dont la moitié environ gagnés par KO.

Son adversaire suivant, Shatkov, a beaucoup plus d’expérience. Le boxeur soviétique a disputé plusieurs centaines de combats qu’il a gagnés pour la plupart. Il est l’un des boxeurs les plus respectés de l’équipe soviétique, mais il ne parvient cependant pas à trouver l’ouverture face à Clay. L’Américain enlève la décision à l’unanimité et Shatkov concédera après coup qu’il « n’y a aucune honte à perdre contre un tel boxeur ».

La demi-finale est plus ardue, puisque l’Australien Tony Madigan pose quelques problèmes à Clay. Mais une nouvelle fois, le combat se solde par une décision unanime en faveur de l’Américain.

En finale, Clay est opposé à Pietrykowski et le Polonais affiche son expérience vaillante lors des deux premières reprises en portant des coups appuyés qui lui permettent de mener nettement aux points. Clay réalise alors que s’il veut ajouter son nom au palmarès olympique, il va devoir remporter le dernier round.

Aussitôt dit, aussitôt fait, avec une synchronisation soudainement retrouvée : des enchaînements trouvant parfaitement leur cible, un jeu de jambes net et précis, et un adversaire découragé. Vers la fin du combat, Pietrykowski est même acculé dans les cordes, Clay sentant que le KO n’est pas loin. Les juges lui donnent raison, tous les cinq attribuant la victoire au jeune Américain.

C’est ainsi qu’a commencé la carrière sportive peut-être la plus emblématique du XXe siècle.

 

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