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Date
16 mai 2007
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Actu CIO

Championne à 29 ans, championne à 41 ans


Ilona Elek, une des plus grandes fleurettistes de l’histoire, aurait eu 100 ans demain. Voici donc l’occasion d’honorer la mémoire de celle qui a remporté deux fois l'or olympique en 12 ans d’intervalle, prouvant ainsi que ni les années ni la guerre ne sont parvenues à diminuer ses capacités.
 
À la fois pionnière et doyenne
Berlin 1936, trois ans avant la Seconde Guerre mondiale : les appareils électroniques de signalisation des touches font leur apparition dans les tournois d’escrime. Alors âgée de 29 ans, Ilona Elek participe à ses premiers Jeux Olympiques. Elle s’illustre dans l’épreuve du fleuret individuel femmes. Lors de la poule finale, elle remporte la médaille d’or devant l’Allemande Helene Mayer. Une victoire pour Ilona qui devient la première femme hongroise à remporter une médaille d’or olympique; une victoire contre le national socialisme, Ilona étant juive.
 
1939-1945, Seconde Guerre mondiale : les Jeux Olympiques de Tokyo (finalement attribués à Helsinki) prévus pour 1940 et ceux de Londres prévus pour 1944 sont annulés.
 
Londres 1948, reprise des Jeux : âgée cette fois de 41 ans, Ilona Elek réalise l’exploit de conserver son titre malgré l’interruption due à la guerre. Elle monte sur la plus haute marche du podium devant la Danoise Karen Lachmann et devient la première femme à remporter deux titres olympiques en fleuret individuel.
 
Helsinki 1952 : malgré ses 45 ans, âge respectable pour une athlète, Ilona revient sur la scène olympique. Elle est battue 4 à 3 dans le match de barrage pour la médaille d’or par l’Italienne Irene Camber. S’emparant toutefois de l’argent, elle devient la médaillée olympique d’escrime la plus âgée de l’histoire.
 
Il était une fois le fleuret aux Jeux
Présent aux Jeux Olympiques dès 1896 pour les hommes et dès 1924 pour les femmes, le fleuret individuel est pourtant peu connu du grand public. Essayons d’y voir plus clair.
 
Du temps d’Ilona, les matches se jouaient en poules et les duels en cinq touches sur une durée maximale de trois minutes. Maintenant, les rencontres sont à élimination directe, les tireurs disputent 15 touches en neuf minutes divisées en trois périodes avec une minute de repos entre chacune.
 
À chaque mouvement son but : la garde est la position d’équilibre fondamentale pour bien attaquer et se défendre. L'attaque est l'action offensive initiale exécutée en allongeant le bras et menaçant continuellement le tronc de l'adversaire. Elle est directement suivie de la fente ou de la flèche. La riposte est l'action offensive qui permet de parer l'attaque ; la contre-riposte celle qui permet de parer la riposte. La parade est l'action défensive faite avec l'arme pour empêcher une action offensive de toucher. Tous ces mouvements requièrent agilité, rapidité, équilibre et concentration.
 
De nombreuses femmes se sont illustrées au fleuret. On retiendra le nom de l’Italienne Valentina Vezzali, championne olympique aux Jeux de Sydney en 2000 et d’Athènes en 2004. Avec Ilona, elle totalise le plus grand nombre de médailles d’or olympiques en fleuret individuel féminin. On se souviendra aussi de la Hongroise Ildiko Rejto-Ujlaki et de l’Italienne Giovanna Trillini qui détiennent chacune le record de médailles olympiques (sept) remportées au fleuret individuel ou par équipes.
 
Parmi les escrimeurs attendus à Pékin l’année prochaine, Valentina Vezzali sera-t-elle au rendez-vous pour défendre son titre et les couleurs de l’Italie face aux redoutables athlètes russes et hongroises ? 
 
Une fleurettiste emblématique
La victoire d’Ilona Elek sur ses adversaires, mais aussi sur la guerre et le temps qui passe révèle le pouvoir de l’esprit, la force du mental au-delà de l’entraînement physique nécessaire au succès. Puissions-nous nous en inspirer.
 
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