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Date
25 sept. 2000
Tags
Sydney 2000

Cathy Freeman illumine toute une nation avec l'or du 400 m

Existe-t-il un ou une athlète qui a ressenti autant le poids de la pression sur ses épaules que Cathy Freeman ?


Au changement de siècle, tout le monde en Australie sait tout de Cathy Freeman : que la plupart de ses proches sont aborigènes, le peuple indigène d’Australie, et que sa grand-mère a fait partie de ce qu’on appelle la « génération volée » puisqu’elle a été enlevée à sa tribu pour être élevée par des parents blancs. Elle compte également parmi ses ancêtres des immigrants de Chine et de Syrie : son arbre généalogique semble refléter le développement complexe de la nation hôte. Cathy est non seulement une coureuse fantastique, mais elle symbolise aussi l’histoire de l’Australie.

Cathy Freeman a effectué ses premiers pas olympiques en 1992, alors qu’elle n’était qu’une adolescente, avant de décrocher une médaille d’argent sur 400 m aux Jeux de 1996 à Atlanta. Elle devient ensuite championne du monde de la distance deux fois de suite, en 1997 et 1999, si bien qu’elle arrive à Sydney, forte d’un palmarès de 37 victoires sur 38 finales disputées. Avant même de commencer à courir cependant, l’Australienne doit relever un autre défi de taille : elle a en effet été choisie pour embraser la vasque olympique, point culminant d’une cérémonie d’ouverture grandiose et un sésame pour elle vers une célébrité encore accrue dans le monde entier. Elle avouera plus tard que c’était beaucoup plus intimidant que de courir le 400 m – on se souvient de sa fameuse phrase : « Courir, pour moi, c’est comme respirer ».

Sur la piste, elle survole son quart de finale en 50’’32, et récidive en demi-finale où elle s’impose en 50’’02. La voie semble désormais libre puisque Marie-José Pérec, la tenante du titre, s’est retirée de la compétition, sa principale rivale devenant la Jamaïcaine Lorraine Graham, qui a remporté l’autre demi-finale.

Plus de 112 000 spectateurs suivent la finale depuis le stade, et la moitié de l’Australie est devant son petit écran. Vêtue d’une surprenante combinaison à capuche, Cathy Freeman démarre prudemment puis se détache dans la dernière ligne droite, pour gagner avec près d’une demi-seconde d’avance sur Lorraine Graham, la Britannique Katharine Merry prenant le bronze.

Radieuse et soudain submergée par l’émotion, l’Australienne se laisse glisser sur la piste et reste assise simplement là durant deux minutes, sous les bravos du public aux anges, avant de boucler un tour d’honneur en arborant simultanément les drapeaux australien et aborigène.

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