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2000 Getty Images
Actualités Olympiques

Cathy Freeman à Sydney 2000 : des moments magiques !

L'allumage de la vasque olympique, le tour de piste vainqueur sous les vivats d'une foule en fusion, la combinaison moulante verte et blanche… Cathy Freeman a laissé des souvenirs inoubliables aux Jeux de Sydney 2000. Vingt ans plus tard, qui s'imposera sur 400 m dans le stade olympique de Tokyo ? Sachant aussi que les chances se multiplieront pour celles qui pourront aussi participer au 4x400 m femmes et à la nouvelle épreuve du 4x400 m mixte !


Plus de 112 000 spectateurs, les flashes crépitent de partout, le public du stade olympique de Sydney en fusion accompagne dans un vacarme assourdissant le tour de piste de sa championne ce lundi 25 septembre 2000, durant un des événements les plus attendus des Jeux de la XXVIIe Olympiade : la finale du 400 m féminin avec Cathy Freeman en vedette. Habillée d'une combinaison intégrale, coiffée d'une capuche moulante verte et blanche, la double championne du monde en titre sur la distance est encore très légèrement derrière la Jamaïcaine Lorraine Graham et la Britannique Katharine Merry à la sortie du dernier virage, mais elle est irrésistible, accélère et passe la ligne d'arrivée détachée en 49 s 11, devant Graham (49 s 58) et Merry (49 s 72).

La clameur redouble pour fêter la victoire, un torrent d'émotions dévale des gradins vers Cathy Freeman qui semble s'écraser sur la piste sous le poids de cette incroyable manifestation d'amour des dizaines et dizaines de milliers de témoins de l'évènement. C'est du moins l'impression que l'on ressent dans le stade, en voyant la nouvelle championne olympique s'agenouiller et baisser la tête après sa victoire, sans aucune manifestation de joie. Elle expliquera plus tard qu'elle réagissait plutôt à un chrono pour elle insatisfaisant : "Une partie de mon cerveau est très professionnelle, à l'époque, dès que je franchissais la ligne, j'étais très pragmatique. Je dois avouer que j'ai été un peu déçue par mon temps."

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Une semaine plus tôt : le moment magique de l'allumage de la vasque

Cathy Freeman vient d'offrir à l'Australie sa 100e médaille d'or olympique. Depuis le début des Jeux, son portrait s'affichait en grand sur les murs de la mégapole de Nouvelle-Galles du Sud, sur les bus, à la une des journaux. D'origine aborigène, elle est le symbole de l'unité de son pays. Le 15 septembre, elle a été choisie pour allumer la vasque olympique, clou de la cérémonie d'ouverture. Qui ne se souvient pas de ces images à couper le souffle de Cathy Freeman face à une cascade d'eau pour allumer la flamme qui s'embrase tout autour d'elle, puis s'élève, la laissant comme flottant au milieu d'une cascade en forme de colonne ?

Le moment magique de l'allumage de la vasque, l'autre instant magique de la victoire devant son public, la combinaison verte et blanche imprimée dans la mémoire collective… "Toute cette histoire est devenue bien trop grande pour moi," dit Cathy Freeman des années plus tard. Pourtant, tout la destinait à cette apothéose à Sydney. Médaillée d'argent derrière la Française Marie-José Pérec aux Jeux d'Atlanta en 1996, elle avait signé à cette occasion le meilleur chrono de sa carrière, en 48 s 63, qui reste aujourd'hui la sixième meilleure performance de tous les temps. En l’absence de Pérec sur la distance aux Mondiaux IAAF d'Athènes en 1997 et de Séville en 1999, elle prend le pouvoir et remporte deux titres planétaires consécutifs.

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Elle est ensuite la grande favorite pour la victoire olympique devant son public, et ce n'est pas le psychodrame autour de la fuite de Pérec loin de Sydney, à moins de 48 heures de la course, qui va la perturber. Elle répond magnifiquement présente et sa victoire est inscrite en lettres d'or dans l'histoire du sport australien : "Quand ces moments se produisent, c'est presque comme assister à un spectacle magique. J'ai essayé chaque jour, chaque année où je prenais de l'âge de respecter la façon dont le public se souvient de cette course en septembre 2000. C'est si intense et si beau", dit-elle en 2018.

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Vingt ans plus tard, quelles sont les forces en présence pour les Jeux de Tokyo ?

Seulement deux femmes ont franchi la barre des 49 secondes sur 400 m après Pérec (48 s 25) et Freeman (48 s 63) en finale à Atlanta le 29 juillet 1996 : l'Américaine Sanya Richards-Ross en 2006 (48 s 70), avant d'être sacrée championne olympique à Londres en 2012, et la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo (48 s 97) en 2018. Alors que Richards-Ross a pris sa retraite sportive en 2016, Miller-Uibo est la patronne actuelle de la distance. On se souvient de sa victoire aux Jeux de Rio 2016, en plongeant sur la ligne d'arrivée pour devancer l'Américaine Allyson Felix, qui l'avait battue en finale des Mondiaux IAAF de Beijing l'année précédente. Miller-Uibo est en tête des bilans chronométriques de l'actuelle saison avec un temps de 49.05 réalisé à Gainesville (Floride) fin avril dernier, et la principale favorite pour un titre mondial à Doha (Qatar) le 3 octobre prochain. Elle excelle également sur 200 m (meilleure performance de l'année en 21 s 74 le 30 août à Zurich) et qui sait si elle ne tentera pas un doublé à Tokyo ?

Quant à la championne la plus couronnée en athlétisme des Jeux Olympiques (neuf médailles dont six en or) et des Mondiaux IAAF (onze titres, seize médailles), Allyson Felix, elle est devenue maman en novembre 2018. Et les Jeux de Tokyo sont pour elle l'occasion de gagner le seul titre olympique individuel qui lui manque : celui du 400 m, distance où elle compte avec les relais américains du "4x4", trois titres olympiques et quatre titres mondiaux. "Je veux revenir aux Jeux Olympiques, et je le veux plus que tout. Je veux y aller à mes conditions. Quelques sacrifices ici et là, je crois que cela en vaut la peine", dit-elle. Pour son retour à la compétition, Felix ne s'est pas qualifiée en individuel pour les Mondiaux 2019 de Doha, mais elle a gagné sa place pour les deux relais, 4x400 m dames, et 4x400 m mixte, la nouvelle épreuve olympique. Il faudra compter sur elle, comme toujours depuis une quinzaine d'années !

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Cette saison, la gagnante de la Ligue de Diamant IAAF sur la distance avec cinq victoires (Shanghai, Rome, Rabat, Lausanne, Zurich), la coureuse de Bahrein Salwa Eid Naser, s'est mise en pleine lumière, et elle détient la 2e meilleure performance de l’année avec un chrono de 49 s 17 signé au Stade de la Pontaise dans la capitale olympique à Lausanne, le 5 juillet. De son côté, la Jamaïcaine Shericka Jackson, médaillée de bronze à Rio 2016 et qui s'est imposée aux Jeux Panaméricains de Lima (Pérou) le 8 août, comptera parmi les prétendantes aux honneurs l'année prochaine dans la capitale japonaise. Et il ne faut jamais oublier les spécialistes américaines, comme la gagnante des sélections nationales pour les Mondiaux 2019 Shakima Wimbley ou ses dauphines, Kendall Ellis et Wadeline Jonathas. Tout comme Phyllis Francis, la championne du monde 2017.

Les 17e Championnats du monde IAAF au Qatar permettront sans doute d'y voir plus clair sur la route des Jeux de Tokyo.

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