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Date
07 août 1932
Tags
Los Angeles 1932

Carr impressionne sur la piste

Lorsque 1932 débute, Bill Carr est pratiquement un inconnu sur le circuit d’athlétisme puisqu’il n’a jamais enregistré de grande victoire.


À l’époque, le grand spécialiste du demi-fond, c’est l’Américain « Blazin’Ben » Eastman, détenteur du record du monde du 400 m que le New York Times décrit comme « le meilleur spécialiste du tour de piste de tous les temps. » Il est juste de préciser qu’en termes sportifs, les deux hommes n’avaient rien en commun.

Né à Pine Bluff dans l’Arkansas, Carr est entraîné par l’ancien participant olympique Lawson Robertson et poursuit en parallèle ses études à l’université de Pennsylvanie. Malgré son talent manifeste, Carr n’arrive pas dans un premier temps à concrétiser son talent, une ha-bitude qu’il va conserver jusqu’aux championnats interuniversitaires de 1932.

À quelques mois des Jeux Olympiques, Carr, alors âgé de 21 ans, affronte Eastman, le re-cordman du monde de la distance, sur 400 m et l’emporte contre toute attente. Quelques semaines plus tard, il récidive, cette fois aux sélections olympiques.

En un clin d’œil, Carr décroche non seulement sa place dans l’équipe olympique améri-caine, mais devient en outre l’un des favoris pour le titre. Il a pris sa revanche de manière stupéfiante.

Après s’être promené en séries, Carr se présente en finale au stade olympique, devant un public avide de voir si le jeune élève va réussir à dépasser le vieux maître.

En finale, Eastman mène la majeure partie de la course, mais à 100 mètres de l’arrivée, Carr le rattrape et le dépasse pour remporter la victoire et établir un record du monde de 46’’2, devant Eastman.

Carr applique ensuite sa forme sublime au 4 x 400 m et, en l’absence d’Eastman, laissé au repos pour récupérer de son menu olympique, il boucle le dernier relais américain et gagne avec un nouveau record du monde de 3’08’’2 à la clé, obtenant ainsi sa seconde médaille d’or.

Quelques jours plus tard, un journal de l’Illinois commentera ainsi ses exploits : « Pour le monde au sens large, il n’est qu’une nouvelle star de la piste […] mais pour les nombreuses personnes qui le suivent ici, depuis ses débuts plutôt quelconques il y a sept ans dans l’équipe d’athlétisme du lycée de Pine Bluff, il n’est pas encore à son maximum. »

« Son style est naturel. Il est issu d’un corps parfaitement proportionné, pas musclé, mais solide et vigoureux. Il mesure 1,70 m pour 72,5 kg et possède une cage thoracique dévelop-pée, des cuisses robustes et des mollets symétriques. Ce sont ses pectoraux volumineux et ses gros poumons dotés d’une grande capacité respiratoire qui transmettent la puissance à ses jambes véloces. »

Comme tant d’autres amateurs de cette époque, plutôt que d’utiliser les Jeux Olympiques comme un catalyseur pour d’autres triomphes, il décidera de reporter son intérêt hors de la scène sportive.

S’adressant à un journal de Caroline du Sud en janvier 1933, il annoncera sa retraite imminente : « J’espère faire partie de l’équipe d’athlétisme américaine qui effectuera une tour-née en Europe l’été prochain. Lorsque nous reviendrons, je raccrocherai pour de bon ma tenue et mes pointes pour consacrer l’intégralité de mon temps à mes affaires. Je ne pense pas qu’on puisse être à la fois un bon athlète et un bon homme d’affaires. »

Quant à Eastman, il ne parviendra pas à retrouver le sommet. En 1934, il annoncera sa propre retraite sportive, avant de revenir deux ans plus tard pour participer aux épreuves de sélection pour les Jeux de Berlin, sans pouvoir faire mieux qu’une cinquième place.

Quant aux espoirs de retour de Carr, ils seront réduits à néant en mars 1933 à la suite d’un accident de voiture dont il ressortira avec une cheville et le bassin fracturés, signifiant ainsi ses adieux définitifs à la compétition.

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